19e vendredi de mobilisation:  Stoïque, imperturbable,  le peuple tient toujours à ses revendications

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19 ème vendredi de manifestation contre le système. Fatah Guidoum@L'Echo d'Algérie

 

 

Les Algériennes et les Algériens entaient  plus nombreux que d’habitude hier au rendez vous  du 19e vendredi de mobilisation populaire depuis le mouvement du 22 février.

Un  vendredi d’ailleurs vécu dans un contexte particulier marqué par l’approche de l’expiration du mandat du chef de l’Etat Abdelkader Bensalah le 9 juillet et l’absence d’une perspective de sortie de crise tant les deux camps campent sur leurs positions respectives. Ce nouveau vendredi de mobilisation intervenait alors qu’une vingtaine de manifestants avaient été interpellés vendredi passé pour avoir brandi le drapeau amazigh lesquels croupissent  à la prison d’El-Harrach en dépit de l’absence de base juridique susceptible de justifier cette mesure de détention provisoire. Alors que le chef de l’Etat major a rappelé, cette semaine, l’attachement de l’armée à la solution constitutionnelle et son opposition à l’option d’une transition. Comme les précédents vendredis, Alger était quasiment en état de siège. Les accès sont fermés pour certains et hermétiquement contrôlés pour d’autres. Pendant que le vice-ministre de la Défense jure qu’il soutient le Hirak, les services de sécurité font tout pour dissuader les Algériens à manifester. Comme les précédents jours de dissidence populaire, Ahmed Gaïd Salah qui représente le pouvoir de fait, est la cible de nombreuses critiques. Ses deux dernières sorties à l’Académie de Cherchell mercredi et jeudi n’ont pas manifestement convaincu les marcheurs de ce vendredi Du côté de l’opposition une rencontre interdite par l’administration au niveau du centre international des conventions mais tenue au siège du RCD. La rencontre, ayant regroupé des partis et des personnalités politiques, a été sanctionnée par un pacte politique plaidant pour une période de transition. Hier le dispositif policier déployé à Alger était  plus important encore que vendredi dernier en prévision de la nouvelle journée de mobilisation pour le départ du système. La police était fortement présente aux alentours des places habituelles de regroupement des manifestants comme la Grande poste, place Maurice Audin, place du premier mai, Rue Didouche Mourad et autres. Selon des témoins, les sacs des passants dans ces alentours sont fouillés systématiquement par les policiers à la chasse de drapeaux amazighs. Des interpellations ont eu lieu parmi les manifestants arrivés à Alger. Les premiers manifestants se regroupent sur la place Maurice Audin et à la Grande poste (Alger), en dépit de l’impressionnant déploiement policier peu avant midi .Faisant preuve de plus d’agressivité la police multipliait les arrestations parmi les manifestants dont notamment ceux qui brandissaient des drapeaux amazighs à Alger. La chasse aux manifestants s’était donc accentuée. Selon le vice-président de la Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH), Said Salhi des policiers auraient fait intrusion dans les locaux du siège du RCD à la rue Didouche Mourad et trois militants ont été interpellés dont leurs noms ont été communiqués. Les rangs des manifestants commençaient à grossir à Alger avec la fin de la prière du vendredi et les policiers avaient  du mal à les contenir, alors que dans d’autres villes du pays les manifestations se déroulaient dans le calme en dépit d’une forte chaleur qui sévit sur tout le pays. A Bouira, Tizi Ouzou et Béjaia, le portrait du chanteur Matoub Lounes dont on vient de commémorer le triste 21e anniversaire de son assassinat a envahi les manifestations.

T.M