20e mardi de la marche des étudiants: Pour une Algérie libre et démocratique

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Alger 09.07.2019 Manifestation des étudiants à Alger. Ph :Fateh Guidoum / PPAgency

 

En dépit des effets de la canicule, des milliers d’étudiants étaient au rendez-vous hier à Alger pour réclamer le départ de tous ses symboles du système, mais aussi réitérer leur attachement à l’unité nationale et pour une Algérie libre et démocratique.

L’Algérie connait depuis le 22 février 2019 un mouvement populaire  dont les étudiants constituent un des fers de lance, et c’est en continuité de cet élan que s’inscrit la mobilisation de la famille estudiantine et universitaire. Brandissant le drapeau algérien, les étudiants ont réitéré les slogans du mouvement populaire. Cette nouvelle journée de mobilisation des étudiants intervient alors que la classe politique et la société civile multiplient leurs initiatives pour une sortie de la crise actuelle.   Récemment, les participants au Forum pour un dialogue national se sont engagés à élaborer une feuille de route « bien définie » pour règlement de la crise politique que traverse le pays, sur la base d’une solution dans « le cadre constitutionnel ». Cette feuille de route doit être basée sur plusieurs principes, dont « l’adoption d’une solution dans le cadre de la Constitution et répondant aux exigences de la solution politique », tout en affirmant que « le dialogue souverain est la seule voie pour surmonter la crise ». Parmi ces principes figurent les points suivants: « le peuple est souverain et source de tout pouvoir, conformément aux articles 7 et 8 de la Constitution, la Proclamation du 1er Novembre 1954 est la seule référence pour l’établissement de l’Etat algérien et l’unité nationale est une constante sacrée ». Pour ce forum, « une élection libre et régulière est la seule voie pour accéder au Pouvoir », tout en « refusant toutes formes de despotisme et de pouvoir absolu ». Dans le même cadre, le forum appelle au « respect des droits et des libertés tel que prévu par les lois de la République et les chartes internationales des droits de l’homme, ainsi que le respect du pluralisme politique et syndical, la liberté des actions associatives et la liberté des médias publics et privés. Selon le Forum, l’ANP est une institution constitutionnelle dont la mission permanente est la préservation de l’indépendance nationale et la défense de la souveraineté nationale, de l’unité et l’intégrité territoriale du pays ». Il appelle également au « refus de toute ingérence étrangère dans les affaires internes du pays sous toutes ses formes ». Parmi les mécanismes auxquels a appelé le forum, figure la nécessité de prendre « des mesures de rétablissement de confiance et de réunion des conditions du dialogue, tels que la valorisation du Hirak populaire, l’exclusion des symboles de l’ancien régime, l’ouverture du champ politique et médiatique et le respect des principes de la justice équitable et des droits et libertés individuelles et collectives ». Abordant les mécanismes de redynamisation du dialogue national, le document du forum « a appelé à la constitution d’une instance de gestion de ce dialogue, composée de personnalités nationales consensuelles connues pour leur honnêteté, crédibilité et compétence scientifique », dont les membres sont choisis « dans un cadre consensuel entre les parties du dialogue avec l’exclusion des symboles de l’ancien régime politique corrompu ». Les participants à ce forum, ont estimé que le dialogue « reste ouvert à toutes les parties politiques, économiques et sociales accompagnant le mouvement populaire ainsi que les jeunes et personnalités soutenant la révolte pacifique ».  Création d’une instance nationale pour l’organisation de la Présidentielle dans le cadre d’un accord politique .Les participants à ce forum appellent en outre à la création « d’une instance nationale pour l’organisation et la supervision de l’élection présidentielle, et ce dans le cadre d’un accord politique adopté à travers un dialogue national souverain », ayant pour mission « la supervision de toutes les étapes du processus électoral ». Cette instance devrait se composer des « personnalités nationales connues pour leur compétence, honnêteté et impartialité et dont les membres sont élus par leurs paires, à condition que ces membres ne soient libérés de toute affiliation partisane n’ayant, ainsi, aucun mandat électoral en cours ni adhésion actuelle à aucune instance exécutive. Une personnalité de consensus national est choisie, à ce propos, pour la présidence de ladite instance dont les vice-présidents et le Secrétaire général sont aussi élus ». En ce qui concerne les mécanismes de préparation de l’étape de l’élection présidentielle, le Forum propose  » de se mettre d’accord sur un période d’une durée de six (6) mois, laquelle débouchera sur une élection libre et pluraliste qui permettra au peuple d’exercer sa pleine souveraineté », ainsi que sur « une Commission nationale regroupant des compétences en matière de droit et de code électoral, en vue de d’élaborer une loi pour une instance nationale indépendante d’organisation et de supervision de l’élection ». En outre, il a été proposé  » l’amendement du Code électoral et de la Loi sur l’information, dans ses chapitres relatifs aux élections, regrouper et unifier les textes de loi relatifs aux élections dans le cadre juridique de l’instance ». Les participants au Forum ont affirmé qu’il « est de la responsabilité du président élu en toute liberté, de concrétiser les revendications du peuple portant sur le changement radical du système, par des réformes politiques et constitutionnelles, à même de consacrer la véritable démocratie et d’édifier l’Etat de Droit, des libertés et des institutions légitimes ». Pour ce qui est du rôle « accompagnateur et garant » de l’ANP dans la prochaine étape, le Forum invite l’institution militaire à « aider à résoudre la crise et concrétiser la transition démocratique, dans le respect la volonté populaire et des revendications légitimes de la révolution politique et du sursaut populaire ». Les participants à la conférence ont souligné que  » les conditions pour la réussite de toute démarche de dialogue ne saurait se être réunies sans la volonté politique sincère de tous les patriotes jaloux de la sécurité et de la stabilité du pays ». Les participants ont également mis en avant le respect de la volonté populaire, la nécessité d’instaurer le climat de confiance entre les différents acteurs, tout en dissipant toute forme de réticence et de doute, la prise de mesures d’apaisement par les autorités, ainsi que la prise en charge des aspirations légitimes du peuple algérien ».

T. Benslimane