33e Vendredi de protestation : Les manifestants pour le départ des  symboles de l’ancien système et la justice

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33è vendredi de mobilisation populaire contre le régim. Ph :Fateh Guidoum / PPAgency

Des citoyens sont sortis à Alger pour le 33ème vendredi consécutif, dans des manifestations pacifiques, pour appeler au départ des figures de l’ancien système afin d’éviter tout éventuel retour dans la sphère politique, et exprimer leur rejet des élections présidentielles dans les conditions actuelles.

Ces citoyens ont commencé à converger, dès la matinée, par petites grappes, vers les principales artères de la capitale, où un dispositif sécuritaire a été déployé, avant de connaitre une affluence après la prière du vendredi. La Place Audin, la Grande-Poste, et le Boulevard Amirouche notamment ont été investis par les manifestants pour réclamer une Algérie « de justice et de démocratie » ajoutant que les « corrompus doivent quitter immédiatement les sphères du pouvoir ». Les slogans scandés portaient aussi sur le respect de la souveraineté du peuple, le départ de l’actuel gouvernement ou encore « Les évènements du 5 octobre 1988 sont une révolution pacifique inoubliable ». Pour un Etat démocratique et la « libération des personnes arrêtées lors des précédentes marches », « non à la présidentielle avant le départ des figures de l’ancien régime », pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les manifestants. Les manifestants ont marché drapés de l’emblème national, entonné l’hymne national et brandis des valeureux martyrs de la Guerre de Libération nationale pour montrer leur patriotisme et leur soif de justice, et d’unité nationale. Le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi a affirmé vendredi que les procédures qui seront adoptées en prévision de la prochaine Présidentielle et le système informatique qui sera utilisé pour la surveillance et l’assainissement des listes du corps électoral, « relèguera la fraude au domaine de l’impossible ».   « Je pense que personne n’oserait une tentative de fraude », avec ce qui sera assuré comme procédures préventives dans ce sens, a ajouté M. Charfi. Cent-vingt (120) postulants à la candidature pour l’élection présidentielle du 12 décembre prochain ont procédé, jusqu’à jeudi, au retrait des formulaires de souscription des signatures individuelles parmi lesquels figurent plusieurs responsables de partis politiques. Il s’agit notamment de Ali Benflis, président du parti Talaïe El-Houriet, Abdelaziz Belaïd, président du Front El-Moustakbal, et Belkacem Sahli, président de l’Alliance nationale républicaine (ANR). Des candidats indépendants ont également postulé pour la présidentielle, à l’instar, de l’ancien Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune. Pour sa part, le général de corps d’armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) avait souligné, lundi à Oran, « l’importance majeure » de l’élection présidentielle du 12 décembre prochain qui permettra à l’Algérie de sortir de la crise actuelle « le plus tôt possible », mettant en exergue le rejet catégorique par le peuple algérien de toute ingérence étrangère dans les affaires internes de son pays.«  Les algériens veulent une vraie vie. Le pays risque de plonger dans l’obscurité totale si les responsables actuels ne démissionnent pas », a-t-il renchéri. « Viva l’Algérie, dégagez tous ! », « Djazaïr horra démocratia » (Algérie libre et démocratique), « Silmia, silmia » (pacifique, pacifique), « le peuple veut une période de transition ! », « le peuple veut l’indépendance ! » sont autant de slogan entonnés par les manifestants. Ils ont appelé, également, au respect de la volonté populaire à travers l’application des articles 7 et 8 de la Constitution qui stipulent que « Le peuple est source de tout pouvoir ».Des manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles ont pouvait lire « pour l’édification d’un Etat de droit », non sans exprimer leur détermination à poursuivre ces marches jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.   Ils ont également réitéré la nécessité de poursuivre la lutte contre la corruption. Entonnant des chants patriotiques, les protestataires ont appelé à garder intacte l’unité du pays et l’indivisibilité du peuple.