46ème  anniversaire du déclenchement de la lutte armée Sahara Occidental: Célébration sur fond d’attachement d’un peuple à  l’autodétermination

0
195

 

Le peuple sahraoui célébrera, lundi, le 46ème  anniversaire du déclenchement de la lutte armée  contre les force d’occupation marocaine, dans un contexte marqué par les acquis réalisés en  faveur de la cause sahraouie au double plan continental et international  ainsi que l’attachement des Sahraouis à leur droit à l’autodétermination.

La date du 20 mai 1973 demeure un évènement historique pour les Sahraouis  qui avaient décidé, ce jour-là, sous la houlette du Front Polisario, unique  et légitime représentant du peuple sahraoui, de prendre les armes pour arracher leur indépendance face à l’occupation d’abord espagnole et ensuite  

contre le Maroc, qui avait envahi les territoires sahraouis en 1975.

A cette date historique, un groupe de combattants sahraouis avait décidé  d’attaquer le poste espagnol d’El Khanga, à l’est de la ville de Smara. Cette opération annonçait alors  le déclenchement de la lutte armée dans le Sahara occidental, suivant les résolutions prises dix jours avant, soit le 10 mai, lors du congrès  constitutif du Front Polisario qui avait décrété dans son texte fondateur que « c’est par le fusil que la liberté sera arrachée ».

« La révolution à Seguia El Hamra et Rio de Oro s’est déclenchée parce  qu’il existe un peuple. Ce peuple possède son identité nationale, sa propre  civilisation, ses propres principes, ses propres valeurs, sa propre organisation. Ce peuple existe et survivra à la trahison du colonialisme, à  l’agression des régimes réactionnaires et à leurs manúuvres », avait écrit le défunt El Ouali Mustafa Sayed, premier secrétaire général du Front Polisario, mort en martyr le 9 juin 1976.

L’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) devait donc faire face à  partir de la fin de l’année 1975 à l’invasion militaire marocaine lors de laquelle des armes lourdes avaient été utilisées parallèlement au  bombardement, par l’aviation, des populations, ciblant des femmes, des enfants et des personnes âgées, morts au napalm et au phosphore.

Face à ces terribles exactions et crimes contre l’humanité, l’Armée  sahraouie avait décrété une offensive généralisée contre les forces d’occupation, remportant sur le terrain des victoires militaires, et ce,  malgré le soutien apporté notamment par l’armée française et israélienne

aux forces royales marocaines.

La lutte armée, ayant duré 16 ans, avait permis aux unités de l’Armée  sahraouie de forcer le régime marocain à accepter en 1991 le plan de paix  sous l’égide de l’ONU, qui prévoyait un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, actions confiées à la  Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Aujourd’hui, l’Armée sahraouie se renforce en éléments et en logistique,  en comparaison au premier groupe de résistants qui avait déclenché la lutte  armée, tandis que l’Etat sahraoui exerce sa pleine souveraineté sur les territoires recouvrés lors de la guerre de libération, à travers  l’établissement d’institutions socioculturelles et administratives organisées et régies par des mécanismes juridiques et législatives sahraouis. La célébration du 46ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée  

permet aux Sahraouis de tirer des enseignements dans l’espoir de fonder un  Etat fort, parachever la souveraineté nationale sur tout le territoire et la préserver de toute menace. C’est également une opportunité pour  rassembler toutes ses forces et tracer la voie vers la victoire, la liberté et l’indépendance », avait écrit l’Agence de presse sahraouie (SPS).

Des acquis diplomatiques et juridiques

La commémoration de la date de déclenchement de la lutte armée intervient  également dans un environnement particulier à la lumière de développements « sans précédent » enregistrés aux niveaux international et continental et  d’un intérêt croissant envers la cause sahraouie, suite à l’appel du

Conseil de sécurité dans son dernier rapport à la reprise des négociations  entre les parties au conflit, à savoir le Front Polisario et le Royaume du Maroc.

Les Nations-Unies avaient supervisé la table ronde, organisée les 5 et 6  décembre 2018, dans le cadre des négociations directes entre les parties au  conflit, en vue de relancer le processus onusien visant le règlement du conflit au Sahara Occidental et le respect du droit du peuple sahraoui à  l’autodétermination.

L’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara  Occidental, Horst Kohler, avait présidé les travaux de la deuxième table  ronde sur le Sahara occidental occupé, en présence des parties au conflit (Maroc et front Polisario) et des pays voisins, l’Algérie et la Mauritanie.

La dernière décision du conseil de sécurité onusien 2468 portant  prorogation du mandat de la Minurso de six mois au lieu d’une année  reflète, en outre, l' »intérêt accordé par ce Conseil à la cause sahraouie  et à trouver rapidement une solution garantissant au peuple sahraoui son droit à l’autodétermination, conformément à la charte onusienne et aux  résolutions pertinentes du conseil de sécurité », souligne-t-on.

Au niveau continental, la célébration survient dans un contexte marqué par  les « acquis » politiques et diplomatiques, dont la consécration du statut du la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en tant que membre  fondateur de l’OUA (UA actuellement), et ce « en dépit des complots du Maroc et de ses alliés », affirment les observateurs.

Dans ce contexte, l’UA a joué un rôle dans la relance de la question  sahraouie, en pressant le Maroc à s’asseoir aux côtés des Sahraouis lors de  toutes les rencontres organisées par l’organisation panafricaine.

Quant à la bataille juridique menée par le Front Polisario notamment au  niveau de l’UE, la décision de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) de février 2018 qui considère que lÆinclusion du territoire du  

Sahara occidental dans le champ d’application de l’accord de pêche est « une  violation » de plusieurs règles du droit international commun régissant les relations UE-Maroc, notamment le principe d’autodétermination, a constitué  « un tournant décisif » pour la question sahraouie.

Cette décision a été appuyée par une autre décision de la CJUE, rendue en  décembre 2016, stipulant que Maroc et le Sahara occidental sont deux territoires distincts, et par conséquent tout accord conclu entre l’UE et  le Maroc « ne peut inclure les territoires sahraouis », et toute exploitation

des ressources naturelles sahraouies « exige le consentement du peuple  sahraoui, à travers son seul et unique représentant légitime, le Front Polisario ».

Dans le même contexte, aucun Etat ou organisation ne reconnaît les visées  expansionnistes du Maroc au Sahara occidental qui demeure une question de décolonisation, selon les résolutions et recommandations de l’Assemblée  générale de l’ONU et de son Conseil de sécurité.                                                 

Sahara occidental

Pas de solution au conflit sahraoui, sans le respect de la volonté de son  peuple

 

Le secrétariat national a réitéré l’adhésion du Front Polisario à la Charte et aux résolutions pertinentes des Nations unies, réaffirmant qu’il n’y a pas de solution au conflit sahraoui, sans le plein respect de la volonté du peuple sahraoui, exprimée de manière libre et transparente par l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance.

La réunion présidée par le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a abordé notamment le dernier rapport du secrétaire général des Nations unies sur le Sahara occidental, qui a fait état de «graves violations et de dépassements flagrants de la part de l’occupation marocaine de l’accord de cessez-le-feu et des droits de l’homme dans les zones occupées du Sahara occidental».

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait déploré le 9 avril les restrictions imposées par le Maroc à la liberté de mouvement de son envoyé personnel, Horst Köhler, et de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), regrettant le fait que «l’émissaire onusien n’ait toujours pas accès aux interlocuteurs locaux dans les territoires sahraouis occupés». «La Minurso n’a pas accès à des interlocuteurs locaux à l’ouest du mur de sable, ce qui continue de limiter sa capacité d’évaluer en toute indépendance la situation au Sahara occidental à des fins d’analyse ou de sécurité», avait écrit le secrétaire général dans son rapport final sur la situation au Sahara occidental, transmis au Conseil de sécurité. M. Guterres avait expliqué que ce blocage imposé par le Maroc a empêché la mission onusienne de «s’acquitter de cette partie de son mandat qui consiste à prêter assistance» à M. Köhler.

Outre l’examen du rapport du secrétaire général de l’ONU sur la situation au Sahara occidental, la réunion du Front Polisario a également évoqué «les dangers découlant de la politique de l’occupation marocaine dans la région», rapporte SPS. «La visite du président sahraoui en République d’Islande, ainsi que le grand succès de la Conférence de solidarité internationale avec la RASD, organisée par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont été également évoqués», a ajouté l’agence de presse sahraouie.

Lors de cette conférence, organisée les 25 et 26 mars dernier, à Pretoria, en Afrique du Sud, les membres de la SADC ont exprimé des messages forts de soutien à la cause sahraouie et réitéré leurs positions de principe de solidarité avec le peuple sahraoui et pour son combat juste pour l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination, a ajouté la même source.

La représentante du Front Polisario en Suisse, Omeima Mahmoud Abdel Salam, a réitéré le rejet du peuple sahraoui et son unique représentant, le Front Polisario, de toute solution en dehors de l’exercice de son droit inaliénable à l’autodétermination, afin de s’exprimer de manière juste, démocratique et transparente sur l’avenir du Sahara occidental sous les auspices de l’ONU.

 

Dans une interview accordée à la radio “Tres Puntos” à l’issue de la table ronde tenue mercredi et jeudi à Genève, la diplomate sahraouie a déclaré que “le peuple sahraoui ne demande à la communauté internationale que de lui garantir l’exercice de son droit à l’autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes de l’Assemblée générale des Nations Unies et du Conseil de sécurité”.

Elle a également rappelé que “le peuple sahraoui avait consenti de grands sacrifices pour sa liberté et  la souveraineté de son Etat, la République arabe sahraouie démocratique, sur l’ensemble de son territoire et ses ressources naturelles”, regrettant “les tentatives de la France auprès du Conseil de sécurité visant à  faire échouer toute initiative devant permettre à notre peuple d’exercer ses droits légitimes et de mettre fin à ses souffrances endurées”.

Par ailleurs, la diplomate sahraouie a condamné le rôle négatif joué par la Commission et le Conseil de l’UE à travers leur implication illégale avec l’occupation marocaine dans le pillage systématique des ressources naturelles du Sahara occidental en violation flagrante du droit international et des arrêts de la Cour de justice de l’Union européenne.

Les discussions se sont déroulées dans une “atmosphère d’engagement sérieux, de franchise et de respect mutuel”, a affirmé jeudi un communiqué sanctionnant la table ronde sur le Sahara occidental.

“Toutes les discussions se sont déroulées dans une atmosphère d’engagement sérieux, de franchise et de respect mutuel. Les délégations ont convenu que l’Envoyé personnel les inviterait à une deuxième table ronde au premier trimestre de 2019”, a précisé le communiqué.

“Sur l’invitation de l’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, Horst Kohler, des délégations des deux parties au conflit, le Maroc et le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie, en tant que pays voisins et observateurs, ont participé à une première table ronde les 5 et 6 décembre 2018 à Genève, conformément à la résolution 2440 du Conseil de sécurité des Nations unies”, a-t-il rappelé.

La résolution 2440 du Conseil de sécurité avait enjoint, le 31 octobre dernier, le Maroc et le Front Polisario, représentant légal du peuple du Sahara occidental, de reprendre les négociations “sans pré-conditions et de bonne foi” en vue de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

Selon le communiqué final, les délégations ont fait état des récents développements, abordé les questions régionales et discuté des prochaines étapes dans le processus politique pour le Sahara occidental.

“Toutes les délégations ont reconnu que la coopération et l’intégration régionale, plutôt que la confrontation, étaient les meilleurs moyens de relever les nombreux et importants défis auxquels la région est confrontée”, a conclu le communiqué.

« , l’ONG « Afrique Solidarity for Sahrawi » et l’ONG « Pour un Sahara libre

En collaboration avec l’institut sud-africain « Afrique », l’ONG « Afrique Solidarity for Sahrawi » et l’ONG « Pour un Sahara libre.org », un  séminaire a été organisé en début du mois par le Conseil sud-africain de Recherches en Sciences sociales (HRSC), à Pretoria, sous le thème « Politique et droit de l’Homme au Sahara occidental

Plusieurs experts, juristes et militants des droits de l’Homme ont plaidé pour la cause sahraouie et dénoncé les blocages observés dans ce dossier, en particulier l’entêtement et les manœuvres de l’occupant marocain, lors d’un séminaire organisé à Pretoria sur le Sahara occidental.

Après avoir plaidé pour la cause sahraouie et dénoncé les blocages observés dans ce dossier, notamment l’entêtement et les manœuvres du Maroc, les intervenants ont mis en évidence la stratégie marocaine du « fait accompli », de « la manœuvre et de la division » de l’Afrique contrairement à l’approche prétendument constructive promise par ce pays avant d’adhérer à l’Union Africaine (UA), en mettant l’accent sur la conférence ministérielle africaine organisée à Marrakech, la 26 mars 2019, dans le but de contrer la conférence de solidarité de la SADC avec le Sahara occidental organisée a Pretoria le même jour.

Cette rencontre à laquelle ont pris part plusieurs experts, juristes et militants des droits de l’Homme et marquée par la présence de sympathisants de la cause sahraouie, a été animée notamment par M. Onuorah Obodozie, ancien ambassadeur nigérian et chercheur associé à l’Université « UNiSA » de Pretoria, Professeur Cheryl Hendricks, directrice exécutive de l’institut « Africa », Dr. Check Achou, Chercheur en Chef, Isabel Laurenco, militante pro-sahraouie et membre du centre pour les études africaines de l’Université de Porto (Portugal), Maitre Jose Nascimento, avocat et activiste sud-africain pro-sahraoui.

Dans ce cadre, l’avocate portugaise, Mme lsabel Laurenco a, témoigné des violations des droits de l’Homme au Sahara occidental dont la pratique de la torture et le déni des droits judiciaires lors des procès politiques.

Cette militante des droits de l’Homme  a, parallèlement, animé une conférence débat sur cette thématique à l’institut de stratégie et des affaires politiques de l’université de Pretoria.

Auparavant, l’Institut des sciences politiques à l’Université sud-africaine de Pretoria (DSPUP) a accueilli, une conférence sur le Sahara occidental, durant laquelle les participants ont lancé un appel pour accélérer le processus de décolonisation du Sahara occidental à travers la tenue d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.(SPS).

 

                                                                                      Ahsene Saaid/ SPS