56e anniversaire de l’attentat du port d’Alger: L’OAS a fait 200 martyrs et plus de 250 blessés le 2 mai 1962

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Photo conception L'Echo d'Algérie@

Le 19 mars 1962 ne marque donc pas la fin de la guerre. Une autre guerre allait se poursuivre. «Le cessez-le-feu n’est pas la paix. Le danger est grand et les hordes fascistes et racistes de l’OAS, désespérant de maintenir «l’Algérie française», vont tenter d’ensanglanter encore le pays…

Depuis plusieurs mois avant la signature des Accords d’Evian 18 mars 1962, l’Algérie a connu une recrudescence des attentats, notamment dans la capitale, la seule «nuit bleue» du 4 au 5 mars, 130 explosions sont retentis dans l’Algérois qui retient son souffle. Les instructions des chefs de l’OAS, particulièrement celles de Raoul Salan, visent  «à empêcher la réalisation pratique des accords conclus entre De Gaulle et le FLN» par la création de zones insurrectionnelles»… en ouvrant le feu, en abattant «les personnalités intellectuelles algériennes (professions libérales) et, notamment les enseignants les médecins, dentistes et pharmaciens… algériens». Le 19 mars, le général Salan condamne dans une «émission pirate» de l’OAS le cessez-lefeu. Alger, Oran, Sidi Bel-Abbès, Mostaganem, Tlemcen, Constantine, Annaba, Skikda… vivent à l’heure de l’OAS. Les manifestations des «casseroles» et concerts de klaxons «trois brèves et deux longues» (Al-gé-rie française)rythment l’avant et l’immédiat cessez-le-feu. Les commandos Delta, commandés par le lieutenant Degueldre, sèment la mort. Les 611 attentats commis pour le seul mois de mars font 110 chahids, dont Mouloud Feraoun, Ali Hamouten, Salah Ould Aoudia, mais aussi trois pieds-noirs Max Marchand, Robert Eymard et Marcel Basset, tous engagés intellectuellement au service de l’Algérie indépendante. Le mois suivant, 647 attentats font 230 chahids.

Les attentats culminent au mois de mai avec 1728 attentats pour 350 chahids. L’attentat à l’explosif perpétré par l’organisation de l’armée secrète française (OAS) au port d’Alger, a été commémorée, hier, à Alger, à la mémoire des victimes de cet attentat qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la terre brûlée. La cérémonie s’est déroulée, mercredi, à Alger, en présence du ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, des représentants du ministère des Transports et des Travaux publics, de la Centrale syndicale et des responsables chargés de la gestion du port, ainsi que de représentants des corps de la Sûreté et de la Protection civile. Lors de cette cérémonie, l’assistance s’est recueillie à la mémoire des martyrs devant la stèle commémorative, à proximité de l’entrée principale du port d’Alger.

A cette occasion, le ministre des Moudjahidine a affirmé que la commémoration de ce triste anniversaire, témoignant des crimes de la colonisation française en Algérie qui «n’ont épargné personne», offre également l’opportunité de procéder à notre évaluation et de prendre conscience de la responsabilité incombant aujourd’hui aux Algériens».

Les martyrs se sont sacrifiés pour recouvrer la dignité de l’Algérie et ont donné au monde une leçon de résistance, a-t-il rappelé, soulignant qu’aujourd’hui, «nous devons tirer des enseignements, resserrer nos rangs et construire le pays avec le savoir et le travail, en demeurant fidèle à leur mémoire». Pour sa part, le représentant de l’entreprise portuaire d’Alger (EPAL) a indiqué que l’attentat du 2 mai 1962, n’était pas le premier du genre, mais comptait parmi une série de crimes perpétrés par l’OAS, depuis la signature des accords d’Evian (19 mars 1962), mettant en avant les sacrifices des travailleurs algériens qui ont répondu à l’appel du 1er Novembre et rejoint les rangs de la révolution. A rappeler que l’attentat à la voiture piégée commis par les milices de l’OAS le 2 mai 1962 à 6h du matin devant le centre de recrutement des travailleurs du port, avait fait 200 martyrs et plus de 250 blessés. L’organisation Delta, commandés par le lieutenant Degueldre, sèment la mort s’apprête le 3 mai à commettre un attentat encore bien plus sanglant, bien plus barbare. Un camion-citerne contenant 16 000 litres d’essence a été lancé, direction bloquée, des hauteurs de La Casbah sur le quartier le plus populeux d’Alger. En conclusion, les dirigeants de l’OAS placés devant le fait accompli du cessez-le-feu, isolés, sans soutien extérieur, pratiquaient, en désespoir, la politique de la terre brûlée, pour mieux contrecarrer les Accords d’Evian, ils cherchèrent à bloquer la voie du passage de l’Algérie à l’indépendance.