75e anniversaire des Massacres du 8 Mai 1945: Texte intégral du message du président de la République Abdelmadjid Tebboune

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Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a adressé jeudi un message à la nation à l’occasion du 75e anniversaire des massacres du 8 Mai 1945. En voici la traduction «Au nom d’Allah Le Clément, Le Miséricordieux, concitoyennes, concitoyens.

L’Algérie commémorera demain le 75e anniversaire des Massacres du 8 Mai 1945, qui ont mis à nu définitivement le véritable visage de la colonisation française qui a exterminé, détruit, brûlé, exilé, violé… et tenté d’occulter la personnalité nationale et de semer les germes de la discorde et de la division. Mais grâce à la résistance héroïque du peuple, ces massacres ont constitué le tournant qui a persuadé les courants nationalistes que la lutte armée reste le seul moyen pour la libération et le recouvrement de la souveraineté nationale. Les manifestations pacifiques du 8 Mai 1945 au cours desquelles des citoyens sans défense sont sortis par dizaines de milliers à Sétif, Guelma et Kherrata avant de s’étendre, en deux semaines, à d’autres parties du pays, ont fait pas moins de 45 000 martyrs, voire davantage au regard de la machine de guerre comprenant des forces conjuguée, terrestres, aériennes et navales, police et milices de colons armés mobilisées contre des manifestants pacifiques qui réclamaient aux autorités coloniales d’honorer leur promesse d’accorder aux Algériens leur indépendance après la victoire des Alliés sur les nazis, en contrepartie de leur défense de l’honneur de la France contre l’occupation nazie. La répression sanglante et sauvage de la colonisation abjecte demeurera une marque d’infamie collée au front du colonisateur qui a commis, 132 années durant, des crimes imprescriptibles à l’encontre de notre peuple malgré les multiples tentatives de les effacer, car le nombre de victimes a dépassé cinq millions et demi de personnes, tous âges confondus, soit plus de la moitié des habitants de l’Algérie sous l’occupation coloniale. En effet, ce sont là des crimes commis contre l’humanité et contre les valeurs civilisationnelles, car fondés sur la purification ethnique ayant pour objectif de remplacer les populations autochtones par des apports de populations étrangères. Des crimes qui visaient à déraciner l’Algérien, à piller ses richesses et à effacer tout fondement de sa personnalité. C’est pour cela, qu’il incombe à nos historiens de procéder aujourd’hui à l’élucidation de chaque recoin de cette étape et de toutes les autres ancrées dans la mémoire de la nation. Elucider avec un haut sens de crédibilité dans le récit afin de rendre justice aux générations montantes dans le droit à la connaissance des détails du passé. Nous demeurons convaincus que la nation qui préserve son passé, se préserve elle-même, et accentue sa capacité de maturation de la conscience populaire pour faire échouer les manœuvres des courants et lobbies racistes de l’autre rive de la Méditerranée, et dont la mentalité d’antan a été enterrée irrévocablement par la volonté du peuple. Et c’est parce que notre histoire demeurera toujours au premier plan des préoccupations de l’Algérie nouvelle et de celles de sa jeunesse, une histoire que nous ne saurions, en aucun cas, omettre dans nos relations étrangères, j’ai pris, à cette occasion, la décision d’instituer le 8 mai de chaque année, Journée nationale de la mémoire, de même que j’ai donné des instructions pour le lancement d’une chaîne de télévision nationale spécialisée en histoire, qui constituera un support pour le système éducatif dans l’enseignement de cette matière que nous voulons maintenir vivace pour toutes les générations. Aussi, ai-je instruit de parachever l’appellation des agglomérations et quartiers des villes des noms des martyrs de la résistance populaire et de la glorieuse guerre de Libération et d’élargir la restauration des monuments historiques pour témoigner, au fil des générations, du lourd tribut que notre peuple a payé pour faire face à la barbarie de l’occupation coloniale et pouvoir vivre librement et dignement sur sa terre, fier de son passé duquel il s’inspire pour façonner son avenir dans une véritable démocratie et une justice sociale.Vive l’Algérie libre, souveraine et digne. Gloire à nos martyrs».