9e Fica : Le parcours de la militante syndicaliste Lucie Baud porté à  l’écran

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 Le long métrage « Mélancolie ouvrière » du  réalisateur français Gérard Mordillat, dédié à la naissance du mouvement  syndicaliste dans le milieu des femmes ouvrières françaises à la fin du  XIXe, a été projeté lundi soir à Alger.

D’une durée de 90mn, cette fiction historique a été présentée au public  dans le cadre de la compétition du 9e Festival international du cinéma  d’Alger (Fica) qui se tient à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Ryadh El  Feth depuis samedi. Véritable immersion dans le monde ouvrier de l’époque, ce film relate le  parcours de Lucie Baud, née en 1870 dans la région de Grenoble et qui a  commencé à travailler dans l’industrie textile à l’âge de dix ans après  quelques années passées sur les bancs de l’école religieuse véritable  bureau de recrutement fournissant l’industrie en jeunes apprenties. Le parcours ouvrier de la militante renseigne sur les conditions de  travail des femmes en France à cette époque, sous payées, ne jouissant  d’aucun droit, exploitées pendant 14 heures par jour et souvent victime de  harcèlement et d’abus sexuel de la part des patrons et des responsables des  ateliers.  Alors qu’elle est veuve et mère de deux enfants à 32 ans, Lucie Baud,  campée par l’actrice Virginie Le doyen, s’engage dans la lutte pour les  droits des ouvrières de la soie après la diminution des salaires des  ouvrières suite à la mécanisation du tissage de la soie et à l’exploitation  inhumaine de jeunes travailleuses italiennes embauchées par l’église. Après avoir aidé les ouvrières italiennes à améliorer leurs conditions,  Lucie Baud est devenue la première déléguée syndicale et a pris part à un  congrès national de l’industrie textile où elle était la seule femme sans  avoir droit à la parole. La militante s’était retrouvée en prison après avoir initié d’autres  mouvements de grève dénonçant la cadence de travail et l’exploitation des  enfants dans les usines, des protestations soutenues par les commerçants locaux et qui ont vu la naissance d’un grand mouvement de solidarité. Après sa sortie de prison et la fugue de ses deux filles, Lucie Baud a  tenté de mettre fin à ses jours en laissant un témoignage « Les tisseuses de  soie dans la région de Vizille » qui sera publié en 1908. Le 9e Fica se poursuit jusqu’au 9 décembre avec six autres longs métrages  en compétition dont « Le droit chemin » de Okacha Touita, »Rusty Boys » du  Luxembourgeois Andy Bausch, « Une saison en France » du Tchadien Saleh  Harounou, « L’autre côté de l’espoir » du Finlandais Aki Kaurismki.

Benadel .M