Affaire de l’enregistrement sonore: A quand les interpellations ?

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Des confrontations directes devant la commission de discipline de la LNF, des révélations, des aveux à peine voilés, des poursuites judiciaires, l’affaire dite de l’enregistrement sonore tient en haleine l’opinion sportive, mais pas seulement.

Même les instances internationales suivent de près ce scandale qui ébranle de nouveau le football national. De nouveau, car à travers son histoire, le championnat local a souvent été le théâtre de combines sournoises entachant sa régularité et sa crédibilité. Il est de notoriété publique que les titres, les billets d’accession se négocient et s’obtiennent plus dans les coulisses que sur le terrain. Tout le monde est conscient du fléau rampant de la corruption dans le football et s’en accommode. Il est vrai aussi que la complaisance des pouvoirs publics, voire parfois leur complicité, a encouragé et favorisé l’expansion de ce marché illicite, mais bien ancré dans les mœurs et les pratiques de la famille footballistiques. Jusque-là, toutes les affaires avérées ayant été divulguées, ont fait long feu. Elles ont été toutes été rapidement étouffées ou classées sans suite. Il n’y a jamais eu la volonté politique d’aller au bout des investigations. Malgré des aveux confessés sans contrainte, sur des plateaux de télévision, lors des AG, leurs auteurs n’ont jamais été poursuivis, ni inquiétés. L’on répertorie aucun dirigeant ayant fait de la prison pour corruption. Aucun club, non plus, n’a été rétrogradé pour les mêmes motifs. Il s’agit de laisser fermée la boîte de Pandore, car si d’aventure elle s’ouvre, tout risque de s’écrouler comme un château de cartes. Cela a toujours été la hantise des responsables à tous les niveaux. D’où cette impunité générale dans le milieu footballistique qui peut paraître surprenante, mais qui s’explique volontiers par la crainte de provoquer un effondrement de tout un système bancal érigé en trompe-l’œil. Et si justement le dernier scandale en date, celui de l’enregistrement sonore incriminant le directeur général de l’ESS, Fahd Halfaia et d’autres dirigeants de clubs de la Ligue 1, sonnait la fin d’une ère et d’une pratique condamnable qui a toujours plombé le football chez nous ? Les honnêtes gens l’appellent tous de leurs vœux.

D’autant qu’il s’agit d’une occasion inouïe pour rompre avec ce passé honteux et repartir du bon pied. Contrairement aux affaires précédentes ayant été pratiquement toutes sciemment délaissées, celle-ci semble avoir atteint un point de non retour. L’enquête a trop avancé pour être bâclée, même s’il faut rester vigilant, car on ne sait jamais comment elle peut rebondir. Toutefois, si la justice s’en mêle, comme cela semble être le cas, il sera difficile de dissimuler les preuves. A moins de complicités au plus haut niveau. Mais pour montrer et prouver leur crédibilité, les instances sportives doivent aller au bout de l’enquête, maintenant que certains accusés sont passés aux aveux, on ne peut plus cacher le soleil avec un tamis, comme on dit chez nous. Il y a eu bel et bien au moins une tentative de corruption. Aux investigateurs de situer les responsabilités et de sévir suivant la loi et la réglementation. L’opinion sportive s’attend, dans les jours qui viennent, à des interpellations et à des mises en examen. Pour beaucoup, il n’est plus possible de faire machine arrière.

Ali Nezlioui