Affaire du million de dollars: Le COA apporte des éclaircissements

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On a finalement retrouvé la trace du fameux million de dollars qui a suscité et suscite toujours de nombreuses interrogations au niveau du Comité olympique algérien (COA) et chez l’opinion sportive.

Le dossier est-il clos pour autant ? Pas vraiment. On sait seulement qu’une partie de la somme allouée au Comité d’organisation des Jeux africains de la jeunesse (Cojaj), par l’Acnoa (2 100 000 dollars US au total), pour l’organisation des 3es Jeux Africains de la Jeunesse d’Alger 2018, se trouve toujours dans les caisses du Comité olympique national. Dans sa réunion du 30 juin dernier, le Comité exécutif du COA, dans un procès-verbal, a tenu à apporter des éclaircissements afin de lever les nombreuses zones d’ombre sur cette affaire scabreuse qui a défrayé la chronique. «Dans un souci de transparence et pour préserver leur réputation et leur crédibilité», les membres du Comité exécutif, à leur tête le président par intérim, Mohamed Meridja, ont voulu répondre en toute clarté à la polémique et éviter les amalgames hérités du temps du règne de l’ex-président Mustapha Berraf. L’on apprend ainsi et c’est important de le souligner, que le MJS «n’a jamais signé un document autorisant l’utilisation de l’aide de l’Acnoa  au Cojaj», pour le remboursement d’une dette s’élevant à 1 100 000 USD au profit du Comité international des Jeux méditerranéens (CIJM). Une dette contractée apparemment entre 2015 et 2018 et que le COA a pris seul l’initiative de la payer. Ce qui est en contradiction avec les propos de son ancien patron, Mustapha Berraf, qui a déclaré que cette somme a été attribuée au MJS. Quant au solde restant, à savoir un million de dollars, il est écrit qu’«après déduction des dépenses engagées par le COA au profit du Cojaj (achat des équipements pour les volontaires et paiement des frais des juges, arbitres et officiels étrangers des différentes unions et confédérations sportives…), le principe de discuter avec le MJS et le directeur général du Cojaj pour résorber éventuellement une partie des dettes encore à l’actif du Cojaj en dinars algériens est retenu par le Comité exécutif». L’on comprend ainsi que cette somme n’a jamais quitté la trésorerie du COA. Alors qui a voulu induire l’opinion publique en erreur ? A-t-on voulu mettre main basse en catimini sur ce pactole ? En tout cas, une commission ad hoc, présidée par Mohamed Meridja, a été mise sur pied pour finaliser ce dossier. Elle rendra compte de ses conclusions au Comité exécutif du COA. L’on espère que cette commission aura les coudées franches pour mener à bien sa mission et ne subira pas trop de pression, comme le craignent de nombreux observateurs. D’autant que le COA est devenu avec le temps un nid de vipères, où les coups fourrés sont légion. Cette affaire obscure a montré toute l’opacité avec laquelle était gérée le COA. C’est peut-être l’occasion de rompre définitivement avec ces pratiques douteuses et contestables. Il est temps de rendre cette auguste institution aux véritables dirigeants sportifs, longtemps marginalisés, et dont le tort est d’avoir défendu les intérêts du sport national.

Ali Nezlioui