Algérie-Tunisie: Les évènements de Sakiet Sidi Youssef ont dévoilé les failles militaires de l’armée française

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Le professeur d’histoire, Djamel Yahiaoui, a affirmé, hier, que l’attaque menée par l’armée française, le 8 février 1958, à Sakiet Sidi Youssef (Tunisie) qui abritait des réfugiés algé- riens, durant la Guerre de Libération nationale, a dévoilé «les failles militaires de l’armée coloniale française, après les échecs essuyés face à l’Armée de libération nationale (ALN) sur les frontières Est».

Intervenant au forum du quotidien El Moudjahid, Yahiaoui a affirmé que cette agression qui a vu le sang des chouhada algériens et tunisiens se mêler, «fut le point de départ pour remettre en cause les plans et capacités militaires de l’armée française qui, après les échecs essuyés face à l’ALN sur les frontières Est, s’en est pris à des citoyens innocents». Il a rappelé, à cet effet, que l’année 1958 a été marquée par les coups de massue assenés par l’ALN aux forces d’occupation, ajoutant qu’au deuxième semestre de la même année, «près de 84 opérations militaires importantes ont été menées aux frontières Est, remettant en cause les capacités martiales de l’armée française». En réaction à ces victoires, la France a tenté d’isoler l’Algérie de ses voisins de l’Est, région de transit des armes provenant de Libye et d’Egypte vers les territoires algériens, via les frontières tunisiennes, a poursuivi l’universitaire. L’agression barbare de Sakiet Sidi Youssef «est un crime d’Etat, perpétré à moins de deux jours de la visite effectuée, à l’époque, par le gouverneur général et ministre de l’Algérie, Robert Lacoste, qui avait donné l’ordre de procéder au bombardement», a-t-il fait remarquer. «En commettant ce crime un jour de repos et de marché hebdomadaire, la France a violé le Droit international et les Conventions de Genève, dont elle est signataire, et qui stipulent dans l’une de leurs clauses le respect impératif des symboles de la Croix-Rouge internationale, en temps de guerre», a affirmé Yahiaoui, ajoutant que le délégué de cette instance était présent dans la région, ce qui a permis aux dirigeants de la Révolution de saisir l’occasion et d’exploiter cette agression pour internationaliser la cause algérienne et lancer un appel à l’ONU afin de mettre fin aux violations perpétrées par la France, a-t-il dit. Pour sa part, le secrétaire général du Madjliss Echourra (Conseil consultatif) de l’Union du mMaghreb Arabe (UMA), Saïd Mokkadem, a estimé que les évènements de Sakiet Sidi Youssef avaient fait suite à la décision du colonisateur français de poursuivre les révolutionnaires algé- riens hors des frontières algériennes, relevant que ces évè- nements ont démontré à l’ennemi la solidarité et les liens solides de fraternité qui lient les peuples algérien et tunisien ». Mokkadem a souligné, dans ce sens, que l’avenir des pays du Maghreb arabe «est tributaire de la coopération entre les pays de la région».