Antiacridien Algérie  (INPV): Un bio-pesticide sera bientôt testé en Algérie 

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 Des essais expérimentaux d’un produit biologique antiacridien seront menés incessamment par l’Institut national de  protection des végétaux (INPV) dans plusieurs régions d’Algérie, a indiqué  hier un responsable de cet établissement public.

« Il s’agit d’un champignon qui s’attaque spécifiquement aux acridiens dont  le criquet pèlerin et marocain, ainsi qu’aux sautereaux, en traversant la membrane du criquet. Il se développe par la suite dans le corps de  l’insecte et finit par le tuer », a expliqué, le directeur général adjoint de l’INPV, Hamid Bensaad. Dr Bensaad a assuré que ce bio-pesticide a déjà fait ses preuves dans  certains pays exposés à l’invasion acridienne, en freinant le développement des larves, affirmant que des essais locaux s’imposaient avant sa commercialisation pour statuer sur son efficacité par rapport aux  conditions climatiques et écologiques du pays (températures, humidité). « Néanmoins, cet insecticide biologique ne peut se substituer à la lutte chimique en cas d’invasion », a prévenu cet acridologue, en précisant qu’il  est seulement utile contre les acridiens à un stade précoce de leur existence (larves), avant qu’ils n’atteignent l’âge adulte. « L’homologation de ce produit biologique nous permettra de l’appliquer contre les différentes espèces acridiennes dans le cadre de la lutte  préventive », a-t-il fait savoir. Pour sa part, le directeur de la lutte anti- acridienne, Mohamed Lazar, a assuré que ce produit est très recommandé dans les zones d’activité apicole, les parcs nationaux et les aires protégées où l’usage des pesticides conventionnels contre le criquet n’est pas autorisé.   Dr Lazar a, toutefois, souligné que dans la lutte contre l’invasion acridienne, mieux vaut prévenir que guérir, car l’enjeu environnemental est de taille. « Le recours massif aux pesticides est souvent inévitable, d’autant que la lutte biologique contre ce ravageur n’est pas encore très développée », a-t-il expliqué en substance.          Selon lui, le bilan de la situation acridienne pour la période allant de janvier à la mi-juillet 2019, fait ressortir 850 hectares de superficies traitées contre le criquet pèlerin dans les wilayas d’Illizi, Adrar et El Bayadh. Il a rappelé qu’en 2018, entre 3.000 à 4.000 hectares ont été traités, contre 5 millions d’hectares en 2005.   Après être devenus aériens, des essaims regroupant plus de dix millions de criquets peuvent parcourir jusqu’à 150km par jour, le vent aidant, selon un récent rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Les Criquets pèlerins (Schistocerca gregaria) ont une durée de vie d’environ trois mois et un Criquet pèlerin femelle peut pondre jusqu’à 300  œufs. Un Criquet pèlerin adulte consomme une quantité de nourriture fraîche équivalente à son propre poids chaque jour – soit près de deux grammes par jour. Un tout petit essaim consomme la même quantité de nourriture en une journée que près de 35 000 personnes. Il est nécessaire d’agir de manière urgente afin de prévenir la propagation des criquets et de sauver les cultures. 

Yasmine Derbal