Après deux reports consécutifs: La LFC 2018 enfin devant le Conseil des ministres

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Après avoir été reporté à deux reprises, le Conseil des ministres devrait se réunir aujourd’hui sous la présidence du Président Abdelaziz Bouteflika.

La loi de finances complémentaire (LFC) 2018 sera le principal point inscrit à l’ordre du jour de cette réunion qui aura également à examiner et adopter d’autres avant-projets de lois. Pour rappel, le Premier ministère Ahmed Ouyahia avait dénoncé des «spéculations distillées autour du projet de loi de finances complémentaire, qui laissent croire que ce texte contient une augmentation des crédits budgétaires, Ce qui est absolument faux», avait affirmé le Premier ministère. Il avait précisé que le budget de fonctionnement pour 2018 demeure inchangé avec 4.584, 4 milliards de dinars, duquel des rattachements de crédits ont été faits à partir de la provision budgétaire groupée appelée «charge commune» au profit de certains départements ministériels.

A cet égard, une taxe douanière supplémentaire provisoire sur les importations des marchandises finies a été introduite dans la loi de finances complémentaire pour renforcer les mesures de protection de la production nationale et réduire la charge des importations sur la balance commerciale, avait annoncé lundi le ministre du Commerce, Saïd Djellab. Le recours du gouvernement à l’imposition d’une taxe provisoire au lieu d’une taxe permanente est dû au fait que les taxes provisoires répondent à une conjoncture exceptionnelle et sont d’une grande efficacité, alors que le changement des taxes permanentes pourrait refléter une image instable de <Néant>l’économie du pays, avait expliqué le ministre. Concernant la liste des marchandises interdites provisoirement à l’importation, le ministre a annoncé que les intrants de la production seront bientôt radiés de cette liste qui comprend actuellement 851 produits et appliquée depuis début 2018.

Au sujet de l’impact de la réduction quantitative de l’importation sur la réduction de la facture d’importation qui a baissé de 6% lors du premier trimestre 2018 par rapport à la même période de 2017, Djellab a estimé que l’interdiction provisoire de l’importation de 851 produits avait obtenu des «résultats probants», tout en admettant que le recul du déficit commercial durant cette période était essentiellement dû à l’augmentation des recettes des exportations des hydrocarbures, grâce à la hausse des cours de pétrole.

A titre d’exemple, précise le ministre, le pays a économisé une facture de plus de 300 millions de dollars lors du premier trimestre de cette année, grâce à la suspension de l’importation des téléphones mobiles, ainsi que l’économie d’une facture d’importations estimée à 340 millions de dollars, suite à la suspension de l’importation de la céramique. Le chef de l’Etat avait insisté, à ce propos, sur le dynamisme dont devra faire preuve le gouvernement pour traduire son plan d’action en résultats concrets continus autant pour répondre aux attentes sociales des citoyens, mais aussi pour accroitre la croissance, la création d’emplois et la diversification de l’économie nationale.

Le Président Bouteflika avait relevé que la situation dictée par des circonstances objectives, devra être une exception et que l’acheminement graduel vers l’équilibre des finances publiques devra être reflété dès l’année prochaine, à travers une baisse du budget de l’Etat qui sera inscrit dans le projet de loi de finances pour 2019. Le président de la République avait également demandé au gouvernement de diligenter l’élaboration du texte réglementaire par lequel sera institué un mécanisme indépendant de suivi des emprunts du Trésor auprès de la Banque d’Algérie, ainsi que du suivi de la mise en œuvre des réformes structurelles économiques et financières devant permettre un retour rapide à l’équilibre des comptes publics et de la balance des paiements extérieurs. Par ailleurs, le Président Bouteflika s’était félicité de la mobilisation pour concourir efficacement à l’intensification du processus national de développement, un effort qui est plus que jamais indispensable pour que l’Algérie transforme ses difficultés financières actuelles en motif de nouveau sursaut national vers plus de progrès économique et social.