Après la mobilisation de vendredi : Que reste-t-il  maintenant  le pouvoir ?

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La scène politique algérienne donne l’apparence  d’un duel entre le pouvoir et la  rue qui se renvoient  la balle. Le semaine qui commence demain sera  encore  très décisive  et la balle   est de nouveau dans le camps du pouvoir, après la démonstration de force de vendredi où des millions de citoyens, à travers l’ensemble des wilayas, sont sorties dans la rue pour rejeter globalement et dans le détail la feuille de route du président  Bouteflika.

Une feuille de route perçue par l’opinion comme un tour de passe-passe de ce même pouvoir en quête de prolongation pour pouvoir se ménager une sortie honorable. Le président Bouteflika ou du moins ceux qui continuent d’agir en son nom, ont-ils d’autres cartes sous la manche à abattre pour pouvoir maintenir le cap tracé dans la feuille de route, à savoir une conférence nationale pour  asseoir les fondements d’une « Deuxième république ». Il faut dire que le trio de choc sur lequel le pouvoir a tout misé pour vendre à la population la conférence nationale, avec l’espoir de faire accepter un petit rab pour Abdelaziz Bouteflika, ont lamentablement raté leur première sortie médiatique.   Bedoui et Lamamra, envoyés jeudi au casse-pipe devant les journalistes, avaient l’air  d’être des acteurs involontaires d’un scénario  dont ils ignorent  totalement les  séquences. Le bagout de Lamamra avec ses périphrases de diplomate chevronné et  le discours de Bedoui qui a fait dans le pathos facile, semblent avoir compliqué les choses plutôt que de les apaiser. Et que dire alors  de la double et piteuse  prestation du diplomate Lakhdar Brahmi à la télévision, donnant cette impression d’être en totale déconnexion par rapport à  la société algérienne et encore plus par rapport à la rue qui clame sa colère depuis trois semaines. Si on y ajoute son accent oriental, la boucle est bouclée. Vendredi, à la fin de la manif d’Alger, une seule question en conclusion de cette formidable fête populaire : « Et maintenant ? »   Si la question, qui renvoie certes à une angoisse profonde du peuple, est facile à formuler, la réponse quant  à elle est difficile à apporter tant la situation que vit actuellement l’Algérie est kafkaïenne. Mais il y a urgence absolue face au risque de radicalisation de la rue et toute tentation de fuite en avant serait vraiment de mauvaise politique.

Moussa .O