Après les personnalités nationales: Tebboune entame les consultations avec les partis politiques sur la révision de la Constitution

0
110

Après les personnalités nationales, c’est au tour des partis politiques d’être reçus par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans le cadre du processus de rencontres qu’il avait initiées autour de la révision de la Constitution.

Dans ce sens, Tebboune a reçu, hier, au siège de la Présidence une délégation du MSP et une autre de Talaiye El Houriet. L’entretien a porté sur la situation générale du pays et l’échange de vues sur le processus de révision de la Constitution, initié par le président de la République à travers le comité chargé de l’élaboration de l’avant-projet de Constitution et la concertation de personnalités nationales, chefs de partis et représentants de la société civile. L’audience a été également l’occasion d’évoquer l’encadrement de la société civile en faveur du citoyen, grâce aux associations existantes. Pour rappel, le chef de l’Etat avait réitéré son engagement pour une révision constitutionnelle garantissant la protection des droits et libertés du citoyen et consacrant une démocratie réelle, fondée sur la séparation des pouvoirs, le renforcement du contrôle parlementaire et l’instauration de contre-pouvoirs efficaces dans un environnement exempt de corruption, où seront réhabilitées les valeurs morales et la compétence en matière de gestion des affaires de l’Etat. L’Algérie est au début d’un processus qui devra conduire à une refondation de l’Etat et de ses institutions sur des bases saines et à un «redressement» économique, social et culturel, avait souligné le président de la République. Il avait fait savoir que la réalisation de ces objectifs requiert la mobilisation et la détermination de tous et la prise de conscience de chacun sur les enjeux et les défis que nous devons ensemble relever. Aussi, dans l’exercice quotidien des obligations de votre charge, vous devez toujours garder à l’esprit l’impératif de leur concrétisation. Le Président Tebboune avait tenu, également, à souligner que désormais l’exercice des missions et attributions sera évalué et apprécié à l’aune de la responsabilité et de la redevabilité qui s’y attachent en tenant compte, essentiellement, du niveau de prise en charge réelle des besoins et préoccupations exprimées par les citoyens en général et par les opérateurs économiques et sociaux, en particulier. En effet, il est essentiel pour la crédibilité de l’Etat et des institutions publiques, dira-t-il, que les engagements pris soient honorés car c’est la condition sine qua non du rétablissement du lien de confiance entre l’Etat et le citoyen.

Le président de la République avait, notamment déclaré que cette démarche doit s’appuyer sur notre détermination à opérer une véritable rupture avec les pratiques du passé et promouvoir de nouveaux modes de gouvernance à la mesure des espérances de notre peuple. «C’est de la concrétisation de nos engagements que dépendent le recouvrement de la confiance du citoyen dans ses institutions, son adhésion aux actions et sa contribution pleine et sincère à la réalisation de nos programmes de développement», avait soutenu le président de la République. Pour ce faire, Tebboune avait décidé de mettre en place un comité d’experts chargé de formuler des propositions et recommandations ayant pour objet de conforter l’ordre démocratique fondé sur le pluralisme politique et l’alternance au pouvoir, d’assurer une réelle séparation et un meilleur équilibre des pouvoirs en introduisant davantage de cohérence dans le fonctionnement du pouvoir exécutif et en réhabilitant le Parlement, notamment dans sa fonction de contrôle de l’action du gouvernement, d’améliorer les garanties de l’indépendance des magistrats, de renforcer et de garantir l’exercice effectif des droits des citoyens et de réhabiliter les institutions de contrôle et de consultation. Le président de la République avait, notamment, déclaré que cette démarche doit s’appuyer sur notre détermination à opérer une véritable rupture avec les pratiques du passé et promouvoir de nouveaux modes de gouvernance à la mesure des espérances de notre peuple Il a expliqué que les axes de cette révision tournent autour du renforcement des droits et libertés des citoyens, la réflexion doit porter sur l’élargissement et l’enrichissement des espaces de liberté du citoyen à la fois par la consécration de nouvelles libertés individuelles et collectives, le cas échéant, et la consolidation des droits constitutionnels garantis. Il s’agira de donner un contenu et un sens aux droits et libertés consacrés et de protéger particulièrement la liberté de manifestation pacifique et la liberté d’expression et de la presse écrite, audiovisuelle, et sur les réseaux d’information qui doivent s‘exercer librement sans porter atteinte à la dignité, aux libertés et aux droits d’autrui.

Il s’agit également de la moralisation de la vie publique et de la lutte contre la corruption et,  à ce propos, le comité devra examiner et proposer des mécanismes propres à éviter les conflits d’intérêts entre l’exercice des responsabilités publiques et la gestion des affaires de sorte à soustraire à l’influence de l’argent la gestion des affaires publiques. La réflexion doit porter également sur les moyens de renforcer davantage les mécanismes de prévention et de lutte contre la corruption, y compris l’implication de la société civile dans cette œuvre de salubrité publique. Elle devra s’étendre aussi à la réhabilitation et au renforcement des institutions de contrôle de manière à conférer à leur action plus d’effectivité dans la protection du patrimoine et des deniers publics. En outre, la consolidation de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs figure parmi les axes de cette refonte et il s’agira particulièrement de promouvoir l’action politique dans sa principale fonction d’impulsion et d’animation de la vie publique dans le respect des règles démocratiques fondées sur les principes d’alternance au pouvoir et de promotion du pluralisme politique. A ce titre, il conviendra spécifiquement d’assurer un fonctionnement harmonieux des pouvoirs par la redistribution des pouvoirs au sein de l’exécutif et la mise en place de contre-pouvoirs efficaces destinés à éviter toute dérive autocratique. Dans ce cadre, il importe particulièrement de rendre immuable et intangible la limitation du mandat présidentiel à un seul mandat, renouvelable une fois. Ne faut-il pas également réhabiliter le rôle des partis politiques en tant qu’acteurs incontournables dans l’animation de la vie politique de la Nation. Il sera question aussi du renforcement du pouvoir de contrôle du Parlement et à ce niveau, il y a lieu de mettre en place des mécanismes efficaces permettant au parlement d’exercer pleinement ses missions dans le contrôle et l’évaluation de l’action du gouvernement à travers particulièrement le renforcement du pouvoir des élus, notamment l’opposition parlementaire, dans la fixation de l’ordre du jour des séances des deux chambres du Parlement, la consécration d’une séance par mois au moins au contrôle de l’action du gouvernement et à l’évaluation des politiques publiques en présence du Premier ministre ou du chef du gouvernement, selon la formule retenue et, enfin, la possibilité pour les élus de constituer des commissions d’enquête parlementaires sur des faits faisant l’objet d’informations judiciaires. Dans le sillage de ces mesures, il y a lieu également de revoir la configuration de la composante du Conseil de la nation y compris le mécanisme de désignation du tiers présidentiel afin de privilégier les compétences scientifiques tout en veillant à la représentation nationale, tout comme la consolidation de l’indépendance du pouvoir judiciaire. La tâche confiée à ce comité est, à n’en pas douter, immense, car il aura le privilège de contribuer à la refondation de nos institutions et aux modes de gouvernance et c’est là une opportunité qui lui est offerte pour traduire concrètement les aspirations de notre peuple à l’édification d’un Etat de droit fondé sur des principes intangibles et communément partagés pour l’édification du socle de l’Algérie nouvelle.

  1. Benslimane