Après leur éclatante victoire contre la Zambie:  Les Verts ne veulent pas descendre de leur nuage

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Une grosse satisfaction et beaucoup d’enseignements à la suite du large succès des Verts, jeudi, aux dépens de la Zambie pour le compte de la 1e journée des éliminatoires de la CAN 2021. Un succès historique puisque c’est la 1e fois que l’EN passe 5 buts à l’équipe zambienne qui a de tout temps posé des problèmes à notre sélection.

Et cerise sur le gâteau, la bande de Djamel Belmadi a établi un nouveau record d’invincibilité (16 matches sans défaite), dépassant ainsi la génération des années 90 vainqueur de la CAN à la maison. «Ce record était une motivation pour moi et mes joueurs. C’est une bonne chose de l’avoir battu. Tout le mérite revient aux joueurs. C’est eux qu’il faut mettre à l’honneur», dira modestement à ce propos le coach dont le mérite est aussi grand que celui de ses joueurs. Il a de nouveau montré toute sa science du coaching et sa parfaite maîtrise du groupe, car il a su comment transcender son équipe, malgré une entame de match très laborieuse. Personne en effet, n’aurait misé sur une victoire aussi éclatante tellement Atal et ses camarades ont eu du mal à entrer dans leur match. Très empruntés et manquant visiblement de rythme, ils ont longtemps cafouillé leur football avant de trouver la faille juste avant la pause. Un but heureux et salvateur qui a permis à nos capés de se libérer enfin. «En 1e mi-temps, on n’a pas pris le temps de bien développer nos actions et il y avait un peu de déchet technique. Cela est dû au vent et à la précipitation. On a rectifié ces erreurs après la pause. J’ai demandé à mes joueurs de faire preuve de patience», a-t-il analysé tout en étant content que son équipe n’a pas encaissé de but. Une preuve de sa solidité et de sa rigueur. Il y a quelque temps cette même équipe n’aurait jamais gagné ce match, du moins pas avec ce score éloquent. C’est dire l’importance de la confiance dans un groupe. C’est aussi la marque des grandes équipes de transformer leur temps de jeu faible en une force pour rebondir vite tout en étant d’une efficacité et d’un réalisme insolents. Ce sont les premières conclusions que l’on peut tirer de la première sortie officielle des Verts post-Coupe d’Afrique. Une équipe qui confirme aussi son grand potentiel offensif et sa joie de jouer ensemble. Avec le retour au premier plan de Soudani, les choix en attaque sont multiples et variés pour Djamel Belmadi. Et comme on dit, «il vaut mieux avoir l’embarras du choix que le choix de l’embarras». «C’est une option que j’ai en tête. Bounedjah peut jouer en pointe avec Slimani ou Delort. Ces derniers jouent dans leurs clubs dans ce dispositif-là et ils sont performants. J’utilise les relations et les affinités entre les joueurs. C’est une bonne chose de les associer ensemble. On peut le refaire à l’avenir», prévient le coach visiblement convaincu du rendement de toute sa ligne d’attaque. Il faut dire que les Bounedjah, Soudani, Mahrez, Slimani et surtout Belaïli ont été à la hauteur des attentes. Leur complicité sur le terrain fait plaisir à voir. Ce groupe peut aller encore plus loin, encore plus haut, s’il garde ce même état d’esprit. Cette fois, la mayonnaise semble avoir bien pris entre les joueurs formés en France et leurs coéquipiers issus du championnat local. Il n’y a pas de clivage comme par le passé. Œuvre sans doute du sélectionneur national qui a réussi à créer une ambiance saine au sein de son groupe. Une mission délicate dans laquelle avaient échoué tous ses prédécesseurs. Tout le monde tire dans le même sens. «Face à une concurrence sévère, Bounedjah répond toujours présent. Il est en difficulté au Qatar, mais cela ne l’empêche pas de marquer un but magnifique contre la Colombie et de récidiver face à la Zambie avec un doublé. Belaïli est aussi dans la peine en Arabie saoudite et il nous fait ce genre de match. Il y a un truc particulier chez eux. Ils aiment tellement la sélection nationale et le pays… », confie Belmadi comme pour démontrer le bel état d’esprit qui caractérise son équipe. Cela dit, l’équipe nationale n’a pas le temps de savourer son beau succès. Elle doit remettre ça, dès ce lundi, cette fois contre le Botswana à Goborone. D’ailleurs, les Verts sont à pied d’œuvre là-bas. Ils se sont envolés, hier vendredi, vers la capitale de ce petit pays de l’Afrique australe. Un voyage avancé d’un jour par le coach pour permettre à ses joueurs de mieux s’acclimater à la chaleur qui y règne en ce moment. Mais ce qu’appréhende le plus Belmadi c’est le mauvais état du terrain. «On m’a informé que le terrain est dans un état lamentable, presque impraticable. Il va falloir s’y accommoder et adapter notre jeu et notre tactique en fonction de ça», conclut-il. Belmadi ne veut rien laisser au hasard.

Ali Nezlioui