Après son élimination en Coupe arabe:  Le MCA, un géant aux pieds d’argile

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 Le MCA a vu s’envoler son dernier objectif de la saison, après sa cuisante défaite, samedi, en quarts de finale retour de la Coupe arabe face à Al Merrikh. Les poulains de Adel Amrouche n’ont pas fait le poids à Omdourman, s’inclinant lourdement sur le score sans équivoque de 3 à 0.

En fait, ils n’ont jamais fait illusion confirmant  leurs difficultés constatées lors du match aller au stade du 5-Juillet, mais aussi en championnat où ils alternent le bon et le moins bon. Une saison d’ores et déjà à oublier, malgré les gros investissements du club qui n’a pas lésiné sur les moyens pour remettre le vieux club algérois au devant de la scène. Une tentative vaine visiblement. Il faut dire que les années se suivent et se ressemblent pour le Mouloudia. Il n’arrive pas à s’imposer malgré un soutien populaire inégalable et l’apport considérable de la Sonatrach qui fait légitimement des envieux au niveau local. Un géant aux pieds d’argile, en somme, victime de son instabilité à tous les niveaux, mais aussi de l’appétit vorace des opportunistes rôdant autour du club. Une rengaine qui se répète depuis des lustres sans que le MCA n’arrive à s’en débarrasser pour aller enfin tutoyer les sommets et jouer dans la cour des grands. Quelques brèves et timides apparitions au niveau international qui contrastent avec la grandeur qu’on lui prête volontiers, mais jamais confirmée sur le terrain.L’étoile accrochée en 1976 a fortement pâli au point de s’étioler complètement. Les supporters ne peuvent vivre indéfiniment dans le souvenir des Bachi, Bousri, Betrouni et autres Bencheikh, au moment où les nouvelles générations se demandent parfois si tout ça était vrai. Heureusement qu’il y a les archives de la télévision pour le confirmer. Et dire que le Mouloudia est le premier club nord-africain (en dehors de l’Egypte), à remporter la Coupe d’Afrique des clubs champions ! Un précurseur vite tombé de son piédestal pour rentrer définitivement dans les rangs. Triste destin pour un club presque centenaire qui ne peut hélas tenir la comparaison avec les cadors africains, alors qu’il avait tout être la locomotive du football algérien. Au lieu de cela, il est devenu un club budgétivore qui jette des milliards par les fenêtres pour récolter des miettes. L’exemple de l’équipe actuelle en est la parfaite illustration, avec son effectif pléthorique payé à coups de centaines de millions pour des résultats bien en-deçà des sommes consenties. Est-ce à dire que le MCA est maudit ? En tout cas, le mariage avec Sonatrach n’a jamais bien fonctionné. Un mariage de raison, plus que par amour. La firme pétrolière n’a jamais demandé à le parrainer, on lui a jeté le Mouloudia dans les bras.  Un héritage encombrant et embarrassant  à la fois avec lequel elle ne sait pas quoi faire. Ce n’est pas sa vocation. C’est comme ce parent fuyant ses responsabilités en « pourrissant » ses enfants avec de l’argent pour avoir bonne conscience. Depuis son sacre de 76, le MCA cherche sa voie et ne l’a toujours pas trouvée. Une errance messianique derrière laquelle le peuple du Mouloudia cherche désespérément son Sauveur. En attendant, le retour de l’équipe d’Omdourman risque d’être délicat et compliqué. Les joueurs vont entendre des vertes et des mures lors de leur prochaine sortie en championnat. La colère gronde dans les fiefs mouloudéens. Il y a des fusibles qui vont probablement sauter. Rien de nouveau en somme, dans le monde tourmenté des Vert et Rouge.

Ali Nezlioui