Béatification de 19 religieux catholiques : Une cérémonie qui s’inscrit dans le cadre de la réconciliation nationale, souligne Mohamed Aïssa

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 La béatification samedi à Oran des 19 religieux chrétiens morts en Algérie, s’inscrit dans le cadre de la réconciliation nationale et n’est pas une occasion pour « rouvrir les plaies mais une  opportunité pour l’avenir et tourner la page sans la déchirer », a déclaré vendredi à Oran le ministre des Affaires religieuse et des Waqfs, Mohamed Aïssa, en marge de l’inauguration de deux mosquées.

« Je suis venu à Oran pour participer aux cérémonies de béatification, organisées selon une initiative de l’église catholique algérienne, après approbation du président de la République et l’appui des pouvoirs publics », a précisé le ministre, ajoutant qu’à la veille de cet événement, deux  mosquées ont été inaugurées. « C’est un événement important », a-t-il estimé. La première, la mosquée « Ribat Tolba », érigée sur les hauteurs du mont Murdjadjou, est un lieu historique, situé près du mausolée de Sidi Abdelkader Djilani. « Ce lieu de culte témoigne de la venue des étudiants de  tous les coins de l’Ouest du pays pour étudier le Saint Coran. Il est également un lieu de résistance où ces étudiants ont participé à la libération d’Oran du joug espagnol qui s’y était installé pendant plus de  deux siècles », a rappelé le ministre. L’autre mosquée inaugurée est baptisée « Emir Abdelkader », à Haï El-Barki, qui, selon le ministre, « symbolise la fraternité algéro-turque, ainsi que  l’alliance historique, qui a eu lieu dans des conditions similaires, entre les Algériens et leurs frères ottomans pour libérer l’Algérie du joug de l’alliance des croisés ». La mosquée « Ribat Tolba » est un don d’un bienfaiteur d’Oran qui a préféré taire son nom. Quant à la mosquée « Emir Abdelkader », elle a été construite  en tant que don pour la wilaya d’Oran par la société turque « Tosyali  Algérie » versée dans la production de l’acier. Le ministre a rappelé que ce double événement coïncide avec la tenue, samedi, des cérémonies de béatification, ainsi que l’inauguration de l’église de Santa Cruz, dont l’Etat algérien a participé aux travaux de réhabilitation, ainsi que l’inauguration de la place attenante à l’église  et sa baptisation d’un nom qui fait l’unanimité entre toutes les religions, à savoir la place du « Vivre ensemble en paix ». Pour Mohamed Aïssa, ce sont là « autant de symboles qui parlent au nom de  l’Algérie au monde entier », rappelant que cet événement est considéré comme le premier du genre dans le monde musulman, sachant qu’aucune église n’a procédé aux béatifications en dehors du Vatican. Dans ce contexte, le ministre a souligné que ceci est un signe que  l’Algérie des musulmans coexiste avec les autres religions. « C’est l’Algérie qui a proposé à l’ONU que le 16 mai soit +la journée mondiale du vivre ensemble+, proposition qui a eu l’approbation de tous les membres de  l’ONU », a-t-il rappelé. Dans le même cadre, « l’Algérie, à travers le discours du président de la  République, Abdelaziz Bouteflika, reconnait et s’incline à la mémoire des  114 Imams morts en martyrs dans l’exercice de leur devoir pour empêcher l’utilisation de la mosquée pour détruire l’Algérie et porter atteinte à l’Islam », a-t-il fait savoir, ajoutant que « l’Algérie est le seul pays dont  la constitution prévoit, en plus de la liberté du culte, celle de la liberté de pratiquer les préceptes religieux, mais avec le respect des lois de la République ». « Ceux qui critiquent l’Algérie sont les ONG occidentales, qui se sont pris  à l’Algérie durant la décennie noire, alors que nous vivions les affres du terrorisme, ainsi que lors de l’édification de la démocratie, de la  consécration de la liberté d’expression et des libertés publiques », a-t-il indiqué, faisant observer que « l’Algérie n’a de leçons à recevoir de personne ». Le ministre avait auparavant assisté à la prière du vendredi à la mosquée  « Emir Abdelkader ». Le prêche a eu pour thème « le vivre ensemble dans la paix ».

Yasmine.D/Ag