Belmadi : « Mon objectif est de  perfectionner cette équipe »

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Photo L'Echo d'Algérie@Fateh Guidoum

 La conférence de presse du sélectionneur national, Djamel Belmadi, tenue hier en marge du regroupement des Verts, au niveau du Centre technique national de Sidi Moussa, était très attendue par les médias et les observateurs. C’était la première sortie médiatique en Algérie du coach après le sacre africain.

Elle intervenait après un été quelque peu mouvementé durant lequel ont circulé les rumeurs les plus folles. On a parlé de son désir de quitter ses fonctions d’entraineur. Une information soufflée, il est vrai, par l’un des cadres et capitaine des Verts Riyad Mahrez  à un site d’informations français. Pour le coup, la presse n’a rien inventé. On a aussi évoqué dans les coulisses un différend avec le président de la FAF. C’était donc l’occasion pour lui de tirer les choses au clair pour qu’il n’y ait pas d’ambigüité à ce propos. Tout de go, Belmadi a nié toute intention de sa part de démissionner de sa part, même s’il s’est contenté de dire à ce propos que toutes ces informations étaient fausses. Visiblement, il n’a pas voulu trop s’étaler sur le sujet, tout en bottant en touche : « J’ai évité de lire la presse pendant la période qui a suivi la CAN. Tout ce qui a été dit sont des spéculations. Je ne peux pas baser mon travail sur ça. Personnellement, je ne me branche pas sur tout ce qui a été colporté », a-t-il répondu. Concernant ses rapports avec le président de la FAF, le sélectionneur a avoué qu’ils sont  » « simples, directs, et claires », avant d’ajouter qu’il n’a aucun conflit avec Zetchi. « Il y a eu malheureusement  beaucoup de fausses informations sur ma relation avec le président. Zetchi est le président de la FAF qui a tout mon respect. Il n’y a pas la moindre animosité entre nous. Je suis venu pour ce projet et mon pays. Personne n’est indispensable. Si les choses ne vont pas, on le dit clairement. Donc, tout ce qui a été  dit est archi-faux. Quand je constate que les choses ne marchent plus, je m’en vais », a-t-il précisé. Un message destiné aussi au président de la FAF afin situer les responsabilités et que chacun assume les siennes. Justement, Belmadi est conscient que la phase à venir est très délicate. Remporter la CAN, c’est merveilleux, mais le plus dur est de rester au sommet comme il l’a bien expliqué. « On a vu plusieurs sélections nationales s’écrouler après avoir remporté des titres. L’exemple le plus récent est l’Allemagne, qui avait été sacrée championne du monde 2014 au Brésil, avant de se faire éliminer quatre ans  plus tard au premier tour au Mondial 2018. Nous avons toujours vécu des moments délicats après des moments de consécration, comme ce fut le cas  après la CAN en 1990 », a-t-il rappelé. Il est conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend, c’est pour cette raison qu’il exige la mobilisation de tout le monde. « Il faut se remettre au travail, et s’appuyer sur ce qui a été bien fait et corriger ce qui n’a pas marché. Mon objectif est de  perfectionner cette équipe, faire en sorte que les joueurs ne gardent que l’aspect positif de ce succès. Nous devons retrousser les manches. Faire en sorte d’avoir une équipe de plus en plus performante ». Au cas contraire Belmadi menace de partir : «Si je vois que je ne peux pas faire progresser le groupe, alors je préfère me retirer ». Une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête du président de la FAF qui n’a pas du tout intérêt à ce que son coach quitte la sélection. Enfin, la conférence de presse a été l’occasion aussi pour Djamel Belmadi pour régler ses comptes avec ceux qu’ils qualifient de « criminels de l’audiovisuel ». Ils visent les anciens joueurs devenus des consultants sur les plateaux des télés privées qui ont critiqué ses choix avant la CAN.  «Aux anciens joueurs qu’ils viennent nous expliquer comment manager un groupe ou mettre en place un système de jeu. Je leur demande de venir sur le terrain, composez votre équipe et faites la gagner comme le FC Barcelone. Tous ces joueurs nouvellement retraités, ne restez pas sur les plateaux pour critiquer dans vos costumes de marié». Des propos durs qui dépassent le contexte sportif. Belmadi aurait fait mieux de se comporter en seigneur, surtout qu’il prouvé sur le terrain à ses détracteurs qu’ils avaient tort de ne pas croire en son groupe. Et puis le consultant est dans son rôle, il est libre de dire ce qu’il veut ou de critiquer, tant qu’il ne sorte pas du cadre sportif. Cela dit, on n’est pas obligé de le croire. Ce n’est pas propre à nous, partout à travers le monde les consultants sont payés pour donner leurs avis, bons ou mauvais. Personne ne détient la vérité absolue dans le football, sinon on le saurait.

Ali Nezlioui