Bourse d’Alger: Des produits innovants en cours de lancement  

0
100

La Bourse d’Alger et la Commission de  surveillance en opérations de Bourse (COSOB) s’apprêtent à lancer de  nouveaux produits « innovants », susceptibles d’attirer un maximum d’actionnaires parmi les entreprises déjà cotées ou celles en voie de  l’être, a appris l’APS auprès de la Commission.

La Bourse d’Alger mettra ainsi sur le marché des titres participatifs, c’est-à-dire des actions conformes aux préceptes de l’Islam la « Charia »,  « pour attirer des clients qui tournent le dos à l’usure bancaire (Riba) ». Le lancement de ces titres, inspirés de la finance islamique, ne nécessite aucun changement législatif, a-t-on précisé, ajoutant que pour le moment  une seule demande a été enregistrée provenant de l’entreprise (Maghreb leasing corporation). Quant aux « Sukouk », ressemblant aux obligations, mais dont la rémunération dépend des profits ou des pertes réalisés par l’émetteur, leur mise en  place est également envisagée. Cependant, les « Sukouk » exigent un amendement de la législation, touchant au code du Commerce et à la loi du 10 mai 1993, régissant la COSOB, afin de reconnaitre ces titres de créance comme étant des valeurs mobilières. Parmi les autres produits nouveaux proposés par l’Autorité de régulation  boursière, figure l’ouverture du marché obligataire et d’actions aux Algériens non-résidents. « Ce n’est pas normal qu’un Algérien établi à l’étranger ne peut pas investir son argent en devises à la Bourse d’Alger! Il faut ouvrir cet investissement aux non-résidents avec des garde-fous: on peut par exemple plafonner l’investissement à 2%, 5% ou 10% », a estimé la même source. Une telle mesure permettra au pays un apport en devises et facilitera à la  diaspora l’investissement en Algérie.

Possibilité d’effectuer son pèlerinage sans passer par le tirage au  sort

Les autres innovations envisagées avant la fin de 2019, portent sur  l’installation, en collaboration avec la société de la Bourse d’Alger (SGBV  ) et le ministère des Finances, d’une plateforme électronique digitale de passation d’achats et de ventes, ainsi que la mise en ouvre du « FinLab » de la place financière, un laboratoire de « Fintechs », dédié au développement  de l’innovation dans le marché financier, les banques et les assurances. Et pour améliorer la préparation en amont des entreprises intéressées par la Bourse et les rendre éligibles à l’introduction, un nouveau programme baptisé « Elite » a été élaboré, offrant la possibilité aux entreprises de se  faire accompagner par un groupe d’experts financiers, juristes, comptables et spécialistes en marketing. Le financement de ces expertises sera pris en charge par un fonds spécial relevant du ministère de l’Industrie. Grâce à ce programme, initié par la Bourse de Londres, l’IOB (intermédiaire en opérations de Bourse) trouvera l’entreprise toute prête à  l’introduction. D’autre part, un démembrement des OAT (Obligations assimilables du Trésor), dont la valeur est actuellement fixée à un (1) million de DA, est également envisagé. « Les OAT ont une valeur très grande, on veut les démembrer pour que les gens puissent les acheter facilement », a ajouté la COSOB. Le développement d’organes de placement en immobilier est également  programmé. Grâce à ces organes, on pourra, par exemple, acheter un petit pourcentage d’un bâtiment et partager le produit de sa location avec l’ensemble des actionnaires, a-t-il expliqué. La COSOB travaille, en outre, avec le ministère des Affaires religieuses pour placé le Fonds du « Zakat » sur le marché financier comme pratiquer dans certains pays musulmans. Un autre produit financier, le carnet du Hadj, donnera à son détenteur le  droit au passeport pour le pèlerinage des lieux saints de l’Islam, sans être obligé de passer par le tirage au sort. La Commission travaille également avec le ministère de l’Education nationale pour intégrer des cours d’initiation à la culture financière dans les manuels scolaires. Alors que les banques de la place proposent des taux d’intérêts autour de 2 à 3%, au moment où le taux d’inflation tourne autour de 4%, la Bourse d’Alger offre à ces actionnaires des rendements autour de 10%.  La Bourse d’Alger, dénommée « Société de gestion de la bourse des valeurs mobilière » (SGBV), a été créée en 1997 avec pour actionnaires les six banques publiques que compte le pays (BDL, BEA, BADR, CPA, BNA et CNEP).

Ali .B