CAF: Le temps des réformes est-il arrivé ?

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Y a-t-il quelque chose de pourri dans le milieu du football ? Ces dernières années, plusieurs hauts responsables et dignitaires du ballon rond ont été incriminés dans des affaires de corruption ou de mauvaise gouvernance.

Sepp Blatter (Fifa), Michel Platini (UEFA) et dernièrement Ahmad Ahmad (CAF), pour ne citer que ceux-là, ont tous été plus ou moins impliqués dans des dossiers louches et ont fait l’objet d’enquêtes ayant conduit à leur éviction. C’est toute la crédibilité des instances footballistiques qui est remise en cause. Il faut dire que ces instances ont toujours évolué à l’abri des regards. Elles ont bénéficié d’une grande liberté et d’une autonomie que l’on ne trouve pratiquement nulle part ailleurs. Une sorte de République dans la République. Ses dirigeants n’avaient de compte à rendre à personne. Tout le monde savait qu’il se passait des choses  peu orthodoxes, mais on les considérait comme faisant partie des « règles du jeu ». A la CAF, plus particulièrement, où la corruption s’est érigée en système à tous les niveaux et à tous les paliers, surtout à l’époque de Issa Hayatou. On pensait que l’arrivée surprise au pouvoir du Malgache, Ahmad Ahmad, soutenu à l’époque par le président de la Fifa Gianni Infantino, allait favoriser le renouveau de l’instance africaine de football. Mais on a vite compris qu’Ahmad Ahmad qui trainait déjà des casseroles derrière lui dans son pays, n’était pas l’homme de la situation. Il a dû d’emblée faire face à une grande résistance interne de la part des anciens barons du système, mais c’est surtout le fait d’avoir été lâché par Infantino qui lui a été fatal. La Commission d’éthique de la Fifa vient de le suspendre pour une durée de cinq ans pour «manquement à l’éthique». Du coup, il ne pourra pas se porter candidat pour un nouveau mandat lors des élections présidentielles prévues au mois de mars prochain. Ce qui devrait ravir Kheireddine Zetchi qui a vivement critiqué dernièrement la gestion de Ahmad Ahmad à la tête de la CAF. Ils sont désormais quatre postulants pour sa succession : l’Ivoirien Jacques Anouma, le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Sénégalais Augustin Senghor et le Mauritanien Ahmed Yahya. Le futur président pourra-t-il apporter la bonne gouvernance qui manque cruellement à la CAF ? Une chose est sûre, il doit d’abord avoir l’aval du boss du football Gianni Infantino dont le contrôle sur la CAF est un secret de Polichinelle. Une immixtion, il est vrai, favorisé par les dirigeants africains, voire demandée expressément.  Il y a du pain sur la planche au niveau de la Confédération, beaucoup de réformes à apporter. Reste à savoir si le prochain président aura les compétences et surtout les coudées franches pour pouvoir les réaliser. La CAF a besoin de recouvrer sa crédibilité, sa dignité pour gagner le respect auprès des autres instances. Des qualités qu’elle a complètement dilapidées ces dernières années. Même si le mal est profond, il y a toujours de l’espoir pour faire changer les choses. Il suffit qu’il y ait de la volonté et de la sincérité. Mais est-ce trop demandé ?

Ali Nezlioui