CAF: Quel sort pour la CAN ?

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Dans le sillage des innombrables reports et autres annulations des manifestations sportives, dus à la pandémie du coronavirus, la CAF se garde de se prononcer, adoptant une incommodante position d’attente.

Et puisque la nature a horreur du vide, le responsable de la Commission médicale de la Confédération africaine de football, Prince Bambo, a jugé bon l’occuper, suggérant l’arrêt pur et simple de toutes les compétitions organisées sous l’égide de la CAF. «Outre les compétitions interclubs (la Ligue des champions et la Coupe de la Confédération), nous avons conseillé au Comité exécutif d’annuler tous les tournois, y compris le Championnat d’Afrique des nations CHAN-2020 au Cameroun, qui devait se dérouler en avril dernier», a-t-il confié à une radio ghanéenne. Le plus important pour lui, étant de «préserver la santé des joueurs.» Il va plus loin encore en recommandant l’annulation de tous les championnats locaux. Chose qui n’est pas dans les prérogatives de l’instance africaine de football, comme il le reconnaît lui-même. La décision régalienne de poursuivre ou pas le championnat revient en effet à chaque fédération. Cela dit, cette sortie médiatique du responsable médical de la CAF reflète un peu la tendance qui prévaut actuellement chez les dirigeants de la plus haute instance du football africain. Des inquiétudes partagées également par le président de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot), Seydou Mbombo Njoya, qui pour sa part, n’est plus sûr que son pays puisse abriter la CAN au mois de janvier prochain. «La CAN est prévue en janvier 2021, mais si nous n’arriverons pas à disputer les qualifications en septembre, il est fort probable que cette date soit repoussée», a-t-il confié à la presse locale. Tout dépendra en fait, de l’évolution de la situation endémique sur le Continent. Il est prévu encore 4 fenêtres aux dates Fifa pour y programmer les dernières journées de la phase des poules des éliminatoires de la CAN 2021, mais peut-on les respecter ? Cela dépens de plusieurs paramètres que personne ne peut maîtriser en ce moment. «Aujourd’hui, personne n’est en mesure de dire qu’est-ce qui se passera dans les prochains jours, comment va évoluer l’épidémie», a ajouté le président de la Fécafoot. D’ailleurs, dans les milieux sportifs africains, l’on commence à évoquer l’éventuel report de la CAN à l’hiver, voire à l’été 2022. C’est une probabilité à prendre très au sérieux. Mais pour le moment, au niveau de la CAF, on préfère attendre. Mais dans quelques jours, ils n’auront plus le choix, ils seront dans l’obligation de prendre une décision ferme et définitive. Report ou pas, Ahmad Ahmad et son équipe ne devront plus tergiverser. Il y va de leur crédibilité, ou du moins de qu’il en reste. Il faut dire que depuis son élection à la présidence de la CAF, Ahmad Ahmad est confronté à une multitude de problèmes et à une contestation de son autorité, notamment de la part de l’ancienne garde royale de l’ex-président Issa Hayatou. La CAF n’a jamais été aussi fragilisée et discréditée. L’on comprend dès lors ses tergiversations et ses atermoiements. Maintenant, est-elle en mesure de prendre une décision souveraine dans ce climat malsain ? A moins que les dirigeants de la CAF ne tournent de nouveau vers la Fifa pour lui demander conseil et assistance.

Ali Nezlioui