CAN 2021: Un report inéluctable ?

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Il semble que le scénario appréhendé par les dirigeants de la CAF depuis le début de la crise sanitaire, les a finalement rattrapé. Ils ne peuvent plus y échapper.

Il leur sera en effet très compliqué d’organiser la CAN 2021 comme prévu initialement du 9 janvier au 6 février. La décision du Conseil de la Fifa, réuni jeudi, d’annuler la trêve internationale du mois de septembre prochain pour la zone CAF, vient enfoncer le clou. D’autant qu’il reste encore 4 tours de qualification à disputer. On voit mal comment la CAF pourrait les boucler dans les temps impartis, sachant en plus que sa demande d’extension des trêves d’octobre et de novembre a été refusée par le Conseil de la Fifa. Pas de fenêtres supplémentaires donc, alors que les éliminatoires pour la Coupe du monde au Qatar devront également débuter dans les mois à venir. Même si le secrétaire général de la CAF, Abdelmounaim Bah avait déclaré il y a quelques jours que «la meilleure option restait celle du maintien », le pari est difficile à tenir compte tenu du contexte actuel, surtout la marge de manœuvre s’est considérablement rétrécie ces derniers jours. D’ailleurs, un haut responsable de l’instance africaine de football sous couvert de l’anonymat a reconnu ce vendredi à l’agence Reuters que «la Coupe d’Afrique des Nations pourrait être repoussée de 12 mois». C’est l’hypothèse la plus plausible en tenant compte de la tenue des JO de Tokyo programmés quant à eux, l’été prochain. En tout cas, l’on sera peut-être mieux fixé à l’issue de la réunion que compte tenir le comité exécutif de la CAF, ce mardi. Un conclave en visioconférence dont l’ordre du jour sera de discuter du sort des compétitions africaines. L’on soupçonne pour notre part que cette conférence servira seulement à confirmer ce que tous les observateurs avancent, à savoir le report de la CAN à une date ultérieure. Ce qui ne sera pas une mauvaise nouvelle au demeurant. Eu égard à la conjoncture difficile que traverse toute la planète, il vaut mieux ajourner toutes les manifestations de grande envergure à des jours meilleurs. C’est déjà le cas de l’EURO, la CAN ne devrait pas à son tour échapper à la règle. En tout cas, cela vaut mieux que de l’organiser dans la précipitation et la peur au ventre. L’Afrique, il faut le dire, n’est pas préparée humainement et techniquement pour gérer au mieux ce genre de crise. Tout le monde en est conscient. Ce ne sera d’ailleurs qu’un report de plus parmi tant d’autres décrétés depuis le début de la pandémie. L’on peut dire la même chose pour le championnat de la Ligue 1 qui se dirige sûrement vers un arrêt définitif. C’est du moins ce qui ressort des dernières informations recueillies dans les coulisses. Les dirigeants favorables à sa reprise sont minoritaires et ne bénéficient nullement du soutien des autorités sanitaires. D’ailleurs, le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre de la Commission nationale de veille et de suivi de l’évolution de l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid-19), l’a réitéré, ce vendredi. Pour lui : «Sur le plan sanitaire, la reprise de la compétition sportive n’est pas possible». Ce qui est, on ne peut plus clair !

Ali Nezlioui