Célébration de la Journée mondiale contre le cancer: Des associations à la rescousse des malades les plus modestes

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Face à la pénurie de certains médicaments dans les hôpitaux et à la cherté des soins, les cancéreux sont contraints, faute de moyens, de se tourner vers des associations ou des bienfaiteurs pour se les procurer dans un parcours du combattant qui ajoute à leurs souffrances, ont révélé plusieurs associations. Les associations nationales d’aide aux cancéreux interrogées, à la veille de la Journée mondiale contre le cancer (4 février), ont indiqué qu’elles étaient très sollicitées par les cancéreux les plus modestes venant des différentes régions du pays qui n’arrivent pas à faire face à toutes les dépenses induites par leur maladie.

En effet, en 2019, ces associations ont aidé plus de 5800 cancéreux pour la prise de rendez-vous pour les analyses et l’imagerie médicale (scanner et IRM) et la fourniture de certains médicaments. Parmi elles, l’Association Nour El Doha qui a pris en charge en 2019, selon sa présidente, Samia Kasmi, quelque 2500 malades, dont 1000 pour des examens médicaux, 500 pour des mammographies, 180 pour une hospitalisation, 122 pour la prise de rendez-vous de chirurgie, 134 pour un suivi et un contrôle médical et 104 pour la chirurgie du cancer du sein.

L’association a également offert à des malades et à leurs proches, venant de différentes régions du pays, voire de l’étranger (un Malien et un Mauritanien), un accompagnement en termes de soins et d’hébergement au niveau de son siège qui compte 19 lits. Relevant que l’association qu’elle préside assistait les malades pour le paiement d’analyses extrêmement chères dans le secteur privé, ainsi que des frais liés à l’imagerie médicale, Samia Kasmi a appelé les affiliés au système de sécurité sociale à souscrire à des mutuelles pour bénéficier de prestations supplémentaires. Elle a déploré,  dans ce cadre, le fait que «les associations ont remplacé certaines institutions de l’Etat en terme de prise en charge médicale des citoyens à faible revenus». Concernant la radiothérapie, Samia Kasmi a qualifié la situation de «catastrophique» en raison de la longueur des rendez-vous, appelant les  ministères de la Santé et la Sécurité sociale à mettre des ambulances à la  disposition du malade, à l’image de ce qui ce fait pour les insuffisants  rénaux.  Approchées par l’APS au siège de l’association, des femmes malades ont  salué les efforts consentis par l’Association Nour El Doha, à l’instar de  Mme  Kheira issues de la wilaya de Mila a atteinte d’une hépatite dans un stade avancé, ou Mme Aïcha, de Baraki (Alger) ayant un cancer de côlon. «Il est regrettable qu’une partie de citoyens atteints du cancer soient  livrés à eu même sans assistance ni accompagnement», a déploré ,pour sa  part, la SG de l’Association nationale d’aide aux cancéreux El Fadjr, opérant depuis plus de 30 ans dans ce domaine, Zahia Hamsaddji, citant à titre d’exemple les coûts de l’imagerie médicale (IRM) dépassant les 30.000 DA. Mme Hamsadji s’est félicitée de l’action de certains bienfaiteurs et les propriétaires des laboratoires et des centres d’imagerie qui aident les malades à faire leurs analyses à moindre coût voire gratuitement. Relevant qu’une catégorie de patients «est privée de la carte Chifa, dont certains n’en bénéficient qu’après leur décès», elle a affirmé que les hôpitaux prennent en charge, dans de nombreux cas, que «la chirurgie», tandis que le reste des prestations est assuré par les associations dans les cliniques relevant du secteur privé. Mme Hamsadji a indiqué, d’autre part, que l’association effectue des visites aux malades dans les hôpitaux et les maisons et aident certains patients au port de prothèses, à l’instar des enfants (prothèses oculaires). L’association nationale El Badr d’aide aux malades cancéreux a pris en charge 864 patients de 39 wilayas à hauteur de 80 %, dont des femmes souffrant du cancer du sein, qui viennent particulièrement des wilayas de Chlef, Djelfa, Laghouat, Tiaret et de Tissemsilt.

Selon Mme Sedira chargée de la communication au sein d’El Badr, l’association a effectué en 2019, plus de 2250 consultations supplémentaires et a offert quelque 40 000 repas dans les résidences qu’elle supervise. Quelle que soit l’aide fournie par l’association en matière de prise en charge des coûts des analyses et de l’imagerie médicale, les malades atteints de cancer ont toujours besoin de prestations supplémentaires, selon Mme Sedira, tels «le transport, les couches, les matelas anti-escarres pour ceux qui sont dans un état très critique de la pathologie». Pour soulager le poids de la douleur induit par la maladie, l’association dispense également des cours d’alphabétisation, des ateliers divers et des séances en psychothérapie ainsi que l’hébergement et l’accueil à Alger et Blida.

Yasmina Derbal / Ag.