Championnat: Quand le MJS se mêle des affaires de la FAF

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Alors que le moment ne s’y prête pas vraiment, le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), pense déjà à décréter une saison blanche, d’après son DG, Nadir Belayat.

«Après le report des Jeux Olympique de Tokyo et les Jeux paralympiques, nous allons, en effet, prendre contact, dimanche prochain, avec les différentes Fédérations sportives des sports collectifs dont celle du football (FAF). «Il faudra parler du programme de toutes les équipes dans le cas ou nous allons vers une saison blanche. Le programme de préparation, … etc. Plusieurs points doivent être traités avec les différentes fédérations sportives», a-t-il révélé à la presse. À vrai dire l’on ne voit pas quelle est la corrélation entre le report des Jeux Olympiques de Tokyo et le championnat de la Ligue 1.

D’autant que l’Équipe nationale olympique censée représenter le pays à ces joutes est déjà éliminée. Le football algérien ne sera malheureusement pas de la partie à Tokyo.  De ce fait, l’on s’étonne de la déclaration du responsable du MJS qui veut inclure la FAF dans la prochaine réunion avec les différentes fédérations. Il est trop tôt afin de décider de la suite à donner aux championnats,  actuellement, à l’arrêt. Si l’on voit ce qui se passe autour de nous, on constate que tout le monde est dans l’expectative. Cependant, la tendance générale même dans les pays les plus touchés par l’épidémie du coronavirus, comme l’Espagne et l’Italie, est à la reprise des compétitions. On est en train d’étudier la meilleure hypothèse et les différentes formules pouvant être proposées pour  éviter la saison blanche. Mêmes les Instances internationales, comme la Fifa et l’UEFA sont favorables à la reprise. Sous condition que la crise sanitaire ne s’éternise pas, il y a toujours de la marge pour finir les compétitions, avec un peu de retard. Il suffit de s’adapter à la situation et se montrer flexible, ce qui n’est pas vraiment inédit au niveau de la FAF. On a déjà connu ce genre d’impondérables chez nous pour d’autres raisons liées à la décennie noire. L’intervention du MJS pose, par ailleurs, un problème crucial et fondamental, celui de l’ingérence des Pouvoirs publics dans les affaires des Fédérations. Il y a quelques jours, la FAF n’a pas eu le courage, il faut le dire, de décaler la reprise du championnat, laissant l’initiative à la Tutelle de prendre cette décision qui était pourtant incontournable. Une fuite de responsabilité qui fragilise la Fédération. L’on se demande dès lors quelles sont vraiment ses prérogatives ?  Se contente-t-elle d’exécuter les ordres venus d’en haut et de gérer les affaires courantes ? Tout le laisse croire, puisqu’elle semble complètement effacée face à la crise que l’on traverse en ce moment. Elle ne représente même pas une force de proposition. Tout le monde sait à quoi s’en tenir désormais. Les décisions importantes et graves ne lui reviennent pas. Le sort de la saison est entre les mains de la Tutelle. C’est une évidence. On aurait souhaité un meilleur partage des pouvoirs et que chacun assume son rôle et qu’il n’y ait pas un empiètement sur les prérogatives des uns et des autres. Mais il est des réflexes archaïques qui ont la peau dure.

Ali Nezlioui