Commerce: Les préparatifs s’accentuent pour permettre aux opérateurs économiques d’exporter leurs produits

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Le ministre du Commerce, Kamel Rezig, a affirmé, lundi à Alger, que son secteur œuvrait à la conformité du produit algérien avec les exigences des marchés étrangers de manière à le rendre exportable, notamment vers l’Europe et la Zone de libre-échange africaine (ZLECAf) dès son entrée en vigueur l’année prochaine.

Le secteur s’emploie à ficeler et réviser les lois ainsi qu’à réunir les conditions idoines permettant aux opérateurs économiques d’exporter leurs produits, a précisé M. Rezig, lequel a supervisé la cérémonie de lancement d’une première opération d’exportation de produits «LG», localement fabriqués, vers l’Espagne, au siège de la société Bomare-Company, à Alger. «La mise en conformité des normes de qualité aux standards internationaux permettra dans le futur de s’incruster dans les marchés communs, particulièrement après l’entrée en vigueur de la ZLECAf qui compte 53 pays.» S’adressant aux opérateurs économiques, le ministre a assuré que «le secteur se mettra à leurs côtés et les accompagnera de sorte à aplanir les difficultés auxquelles ils font face et leur permettre de placer la mention Made in Algeria+ dans les marchés africains, arabes et européens». A noter que la stratégie nationale d’exportation est à sa dernière phase avant d’ouvrir le champ d’action pour une période de 10 ans. Pour ce faire, la tutelle s’attelle à mettre en place un nouveau registre de commerce, sous forme d’entreprise spécialisée dans l’export, suivant une nouvelle procédure actuellement au niveau du ministère. Travaillant en collaboration avec le ministère délégué chargé du Commerce extérieur, le département de M. Rezig continue à être en contact avec les opérateurs économiques afin de surmonter les obstacles d’ordre juridique et douanier en matière d’exportation.

Création de zones franches dans le Sud pour l’exportation du produit local Le ministre a, en outre, rappelé le projet de création de zones franches au niveau des wilayas de Tamanrasset, Illizi, Adrar et Tindouf, qui seront érigées en bases exploitables pour la commercialisation des produits locaux en Afrique. Visant la facilitation des investissements et la mise en place de centres de lancement de produits industriels et agricoles vers l’étranger, cette étude sera soumise à l’aval du gouvernement, dès qu’elle sera élaborée. Inspectant les filiales de la compagnie Bomare, M. Rezig a mis en avant l’impératif d’élargir l’activité des opérateurs économiques vers les wilayas du Sud et de créer des unités sous forme de centres de production et de commercialisation en direction de l’Afrique. Lors d’une conférence de presse, tenue à cette occasion, le ministre a fait part de la régularisation, jusqu’à juin dernier, de plus de 8000 factures, jusque-là en suspens, couvrant les charges de transport des exportateurs pendant 4 ans, à savoir 2017-2020. Outre l’existence d’une cellule d’écoute qui reçoit les plaintes des importateurs et des exportateurs, le ministre a annoncé l’ouverture d’ateliers dans le domaine du commerce extérieur pour régler directement les problèmes posés. Sur les décisions prises lors du Conseil des ministres, tenu dimanche, notamment la soumission, à l’avenir, de tout engagement financier dans l’importation et toute transaction en devises, à l’approbation préalable du Conseil du Gouvernement, M. Rezig a affirmé que «toute matière importée doit être soumise à une décision du Gouvernement qui l’approuvera sur proposition du comité sectoriel». Il est question d’une spécialisation en matière d’importation à la faveur d’un projet devant être préparé et soumis au gouvernement pour approbation. Pour sa part, le ministre délégué chargé du commerce extérieur, Aïssa Bekkai, a affirmé que la mise en œuvre de cette stratégie, en voie de finalisation, permettra de solutionner les problèmes liés au financement des exportations, la qualité de l’emballage, l’information économique, la logistique et le transport. Le ministre délégué a fait état, dans le même cadre, de 30 recommandations soumises par le secteur pour la prise en charge, à court et à moyen termes, des préoccupations des exportations dans le cadre du comité présidé par M. Rezig. La société Bomare-Company s’est lancée dans la production et la commercialisation des produits «LG Algérie» et s’oriente vers l’exportation, selon son Pdg, Ali Boumediène. Selon le même responsable, la visite sur le terrain, «donnera un nouveau souffle aux opérateurs économiques pour augmenter le taux d’intégration». La société a réussi à réaliser une moyenne de taux d’intégration de 52% en maintenant, depuis 2015, ses exportations vers l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Des négociations sont en cours avec des opérateurs allemands en vue d’examiner la possibilité d’exporter les produits de la société vers l’Allemagne, outre la création de centres d’après-vente au niveau des pays concernés par l’exportation. La société cible des exportations de l’ordre de 3 millions de téléviseurs à l’horizon 2025 avec un taux dépassant les 80%, selon le Pdg de Bomare. A noter que la société a donné, ce lundi, le coup d’envoi d’une opération d’exportation de 1000 unités de télévision de 32 pouces, en attendant d’autres opérateurs similaires vers 4 autres pays européens.

Moussa O. / Ag.