Compétition africaines: Les clubs algériens montrent leurs limites

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L’élimination précoce des représentants algériens des compétitions continentales inter clubs, à savoir l’USMA, la JSK et le PAC, n’est pas vraiment une surprise. Elle était même programmée depuis longtemps eu égard à l’écart de niveau qui les sépare désormais des cadors africains.

Un fossé qui s’est creusé davantage ces dernières années, suite à l’exode massif de nos meilleurs joueurs du championnat dont certains sont allés renforcer les rangs de nos rivaux. L’on pense, notamment aux clubs tunisiens dont le passe-temps favori actuellement, est de venir chasser sur le territoire algérien. Ils tirent sur tout ce qui bouge. Dès qu’une tête émerge, ils viennent la cueillir sans résistance aucune, sûrs de leurs coups. Ils ont les moyens de débaucher tout le monde ou presque sans état d’âme, au moment où nos équipes suffoquent, victimes de la paupérisation galopante, au point de ne plus pouvoir payer les salaires de leurs joueurs. D’ailleurs, ces départs inéluctables les soulagent quelque part, car ça allège leurs masses salariales. Mais ce n’est pas seulement une question d’argent, il faut dire aussi que l’environnement en général n’est pas propice à la performance, ni aux envolées techniques. Une crise multidimensionnelle frappe notre football local, ce qui se traduit par une défection et une démission contagieuses. Un climat morose que l’on ne peut pas hélas mettre en quarantaine. Il n’y a pas non plus de remède pour le moment. Les dirigeants naviguent à vue, quand ils ne fuient pas carrément cet état de fait. Les membres du Bureau fédéral de la FAF signe de leur incapacité à trouver des solutions, ont appelé lors de leur dernière réunion, à organiser «un atelier avec un panel composé des grands clubs du championnat national afin d’examiner et d’analyser les raisons de l’élimination de nos représentants au niveau des compétitions continentales, ainsi que le départ des meilleurs de nos joueurs vers d’autres championnats». Ils ont conscience de l’urgence de la situation, mais visiblement ils n’ont rien à proposer pour sortir de l’ornière. Ça les dépasse, ça dépasse tout le monde en fait. La politique prônée par les pouvoirs publics jusque-là, qui consiste à assister les clubs financièrement n’a pu que les tenir en vie sous perfusion. Une addiction qui les a rendus par ailleurs vulnérables, dépendants et fragiles. Aucune équipe n’est parvenue à s’émanciper pour voler de ses propres ailes, hormis le Paradou AC. Mais le club des frères Zetchi souffre de l’absence d’une assise populaire à même de le faire entrer dans une autre dimension. L’indifférence dans laquelle évoluent les Pacistes ne leur permet pas de viser plus haut. Ils se contentent pour le moment de former de bons joueurs pour ensuite les vendre au prix fort.  Les clubs populaires, quant à eux, sont très mal gérés et souvent victimes de leur grande popularité. Un paradoxe qui résonne comme une fatalité. Ils voient le train s’éloigner sans pouvoir le rattraper. Car ailleurs sur le  continent on progresse à pas de géants. SI les équipes nord-africaines de la Tunisie, de l’Egypte et du Maroc ont déjà au diapason, des formations d’autre pays comme la RDC, l’Afrique du Sud ou encore la Guinée arrivent, grâce à des investissements des riches hommes d’affaires locaux. Chose inexistante chez nous, mais qui parait incontournable si on veut être de nouveau compétitifs.

Ali Nezlioui