Conseil d’affaires algéro-saoudien : Le Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane achève sa visite  officielle en Algérie

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 Le Prince héritier, vice-président du Conseil des ministres et ministre de la Défense d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salmane, a achevé lundi sa visite officielle de deux jours en Algérie. L’Emir Ben Salmane a été salué à son départ à l’aéroport Houari Boumediene par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia et des membres du Gouvernement.

A l’issue de cette visite, les deux pays ont convenu de créer un Haut Conseil algéro-saoudien de coordination, sous la présidence de M. Ouyahia et du Prince héritier pour le renforcement de la coopération politique,  sécuritaire, la lutte antiterroriste et l’extrémisme, ainsi que les volets économique, commercial, l’investissement, l’énergie, la sidérurgie, l’éducation et la culture. Le Prince héritier avait entamé dimanche une visite officielle en Algérie, à la tête d’une délégation de haut niveau. Il a eu au cours de cette visite  des entretiens avec le Premier ministre, Ahmed Ouyahia. Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, n’a pu recevoir, comme prévu, le Prince Ben Salmane, à cause d’une « grippe aigue », a indiqué un communiqué de la Présidence de la République. « Devant cet empêchement, l’illustre invité a formulé ses meilleurs vœux de prompt rétablissement pour le chef de l’Etat », a ajouté le communiqué. Cette visite a été l’occasion également de la tenue du 12 Conseil d’affaires algéro-saoudien qui a constitué une opportunité en vue de renforcer le partenariat entre les opérateurs des deux pays.  Les opérateurs économiques algériens souhaitent augmenter leurs  exportations vers l’Arabie saoudite, pour équilibrer la balance des échanges dominés par les exportations saoudiennes.  Le volume des exportations algériennes vers l’Arabie saoudite a atteint durant les 10 premiers mois de 2018 un montant de 3 millions USD, contre 560 millions USD d’exportations saoudiennes vers l’Algérie. Cette visite du Prince héritier qui s’inscrit, dans le cadre de la consolidation des relations privilégiées entre les deux pays et peuples frères a permis de donner un nouvel élan à la coopération bilatérale et de concrétiser des projets de partenariat et d’investissement, en ouvrant de  nouvelles perspectives aux hommes d’affaires, en vue d’augmenter le volume d’échange commercial et d’élargir le partenariat économique entre les deux pays. La visite du Prince héritier saoudien a été aussi l’opportunité d’examiner et d’échanger les points de vue sur les questions politiques et économiques arabes et internationales d’intérêt commun, et à leur tête la question  palestinienne et les situations dans certains pays frères, outre les évolutions du marché pétrolier.

Vers le renforcement des investissements

 Le ministre de l’Industrie et des Mines, Youcef Yousfi et le ministre saoudien du Commerce et de l’Investissement, Majed Ben Abdullah Al Qassabi ont affirmé, lundi à Alger, que l’Algérie et  l’Arabie Saoudite souhaitaient renforcer le partenariat en matière d’investissement productif et de commerce. S’exprimant à l’ouverture des travaux de la 12e session du Conseil d’affaires algéro-saoudien, tenue en marge de la visite du Prince héritier saoudien, l’Emir Mohammed Ben Salmane en Algérie, M. Yousfi a indiqué que  ce conseil constituait une opportunité pour le renforcement du partenariat entre les opérateurs algériens et leurs homologues saoudiens. « Le nombre important de compagnies algériennes et saoudiennes existantes traduit l’importance de la coopération économique entre les deux pays et leur volonté de promouvoir le commerce et les investissements pour s’orienter vers les marchés africains et européens », a souligné le  ministre. Aussi, il a relevé que « le volume des investissements n’a pas encore atteint le niveau des aspirations des deux pays, d’autant que l’Algérie compte 700 projets de partenariat, d’un montant de 1.500 milliards de  dinars, dans le cadre de partenariats avec des étrangers ». Selon M. Yousfi, l’Algérie qui constitue une « base industrielle » pour l’exportation vers les marchés africains, aspire à augmenter le volume des  investissements avec plusieurs pays. « L’Algérie tend, depuis quelques années, à créer un climat propice aux investissements étrangers sur lesquels le Gouvernement mise pour bâtir une économie diversifiée notamment dans les secteurs de l’industrie, de l’agriculture et du tourisme », a-t-il indiqué. Le Gouvernement a initié, a ajouté le ministre, plusieurs réformes économiques, en vue d’attirer les investissements à même de promouvoir la compétitivité de l’économie nationale, dont l’actualisation des lois relatives aux petites et moyennes entreprises (PME) et de la loi sur  l’investissement qui accorde de grands avantages aux investisseurs. Le ministre a affiché l’entière disponibilité à développer divers partenariats avec l’Arabie Saoudite dans les domaines des mines, de la  chimie et des industries manufacturières notamment à la lumière des  potentialités que recèle le pays. Il a appelé l’ensemble des opérateurs économiques à examiner, avec leurs homologues saoudiens, les potentialités offertes de partenariat et de coopération. De son côté, le ministre saoudien a affirmé que la rencontre tenue ce matin avec le ministre du Commerce, Saïd Djellab et M. Yousfi était  « empreinte de franchise » et a permis de mettre en exergue les moyens importants de l’Algérie. « L’Algérie recèle des moyens importants qui l’érigent en porte ouverte sur les autres pays d’Afrique », a dit M. Al Qassabi. M. Al Qassabi a indiqué que les investissements entre les deux pays  n’étaient pas au niveau des aspirations de leurs dirigeants, le président  de la République, M. Abdelaziz Bouteflika et le Prince héritier saoudien, l’Emir Mohammed Ben Salmane, ainsi que de leurs peuples. Le ministre saoudien a estimé, dans ce sens, que les gouvernements des deux pays doivent exploiter toutes les potentialités pour développer la coopération et le partenariat entre son pays et l’Algérie, ajoutant qu »‘il y’a une réelle volonté d’aborder ces sujets et je parle au nom de tous les  ministres saoudiens, nous exploiterons tout sur les plans juridique,  financier, procédural ou même sur d’autres plans ». Selon M. Al Qassabi, « l’investissement doit trouver un environnement concurrentiel harmonieux pour s’ouvrir sur des partenariats productifs et permanents ». Il a ajouté, à ce propos, que la nouvelle stratégie de diversification et de développement des exportations permettra de promouvoir davantage le partenariat entre les deux pays. Pour sa part, le président de la chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI), Mohamed Laid Benamor, s’est félicité des résultats de  la 9e session de la commission mixte, tenue avril dernier à Riaydh, et  sanctionnée par la signature de 3 accords. Le président de la CACI a fait état, à cet égard, de grandes opportunités  de développement du partenariat dans les domaines de la commercialisation  des fruits et légumes et des équipements médicaux, mettant en avant la nécessité d’œuvrer pour accéder à des marchés régionaux et développer un partenariat dans les secteurs stratégiques dont la pétrochimie, l’énergie,  l’économie du savoir et les produits électroménagers pour s’orienter ensemble vers des marchés régionaux. M. Benamor a ajouté que le climat économique en Algérie était favorable et que la volonté politique existait de même pour les moyens matériels et humains,  ce qui nécessite un approfondissement des études. Le président du Conseil des chambres saoudiennes, Samy Abdallah Al Abidi, a indiqué, de son côté,  que le secteur privé dans les deux pays a besoin d’être développé et de faire face aux défis auxquels sont confrontés les hommes d’affaires.

 Plus de 24 milliards DA d’investissements saoudiens réalisés en Algérie

 Selon les chiffres avancés à l’ouverture de la rencontre, le montant des investissements saoudiens réalisés en Algérie représente plus de 24 milliards DA dans les secteurs du tourisme (3,4 milliards DA), les services (7,5 milliards DA) et l’industrie (14 milliards DA), des chiffres qualifiés  par les deux parties d' »en deçà » des relations politiques. Le secteur de l’industrie vient en tête de liste des projets de partenariat entre les deux pays avec 12 projets d’une valeur de 14  milliards DA dans les domaines des produits chimiques, le bâtiment, l’agroalimentaire et la sidérurgie. Le volume des exportations algériennes vers l’Arabie saoudite a atteint durant les premiers mois de 2018 un montant de 3 millions USD contre 560 millions USD d’exportations saoudiennes vers l’Algérie. Les deux parties ont appelé les entreprises des deux pays à relever les défis pour développer des partenariats productifs gagnant-gagnant. Il est à rappeler que cinq projets de partenariat conclus entre l’Algérie  et l’Arabie Saoudite dans plusieurs domaines ont été inaugurés, en prévision de leur entrée en service début 2019. Ces projets concernent la chimie minérale, le traitement des minéraux et  l’industrie des produits chlorés, de l’hydroxyde de sodium ou la soude  caustique et la soude destinée à la purification de l’eau par la société saoudienne « Adwan Chemicals ». Il s’agit également du projet d’industrie pharmaceutique confié à la société saoudienne « Tabuk Pharmaceuticals » avec  une capacité de production de 10 millions d’unités. Il a été procédé, en outre, à l’inauguration d’un projet de fabrication du papier hygiénique par la société saoudienne « Paper mill », d’une capacité de  production de 30.000 tonnes pour un coût de 20 millions USD et un autre dans le secteur de l’agroalimentaire relatif à la production du jus dans la wilaya de Blida par « Aujan Groupe Holding (AGH) ».