Corée du Nord : Kim Jong-Un invite Donald Trump à Pyongyang

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Donald Trump se rendra-t-il bientôt en visite officielle à Pyongyang, la capitale de la Corée du Nord ? Cette hypothèse, qui aurait semblé folle il y a encore quelques mois, quand les leaders des deux pays en étaient aux menaces de guerre et aux échanges d’insultes, prend corps à l’issue de la rencontre entre le président américain et le dictateur nord-coréen Kim Jong-Un, mardi, à Singapour.

Dans son premier compte rendu du sommet, l’agence officielle nord-coréenne KCNA estime ainsi que cette rencontre sans précédent ouvre la voie à « un tournant radical ». « Kim Jong Un a invité Trump à effectuer une visite à Pyongyang à un moment opportun et Trump a invité Kim Jong Un à venir aux Etats-Unis », indique-t-elle, assurant également que Donald Trump a évoqué « une levée des sanctions » contre le régime nord-coréen.

Sans surprise, la presse de Pyongyang est à l’unisson. « La rencontre du siècle ouvre une nouvelle ère de l’histoire des relations entre les deux pays ennemis, titre le journal officiel Rodong Sinmun, qui affiche à la Une en Une la poignée de main historique entre Trump et Kim devant une rangée de drapeaux américains et nord-coréens alternés.

Au total, pas moins de 33 photos de la rencontre sont publiées sur quatre des six pages du journal. Les mêmes images ont été montrées dans l’après-midi de mercredi à la télévision nord-coréenne.

De retour à Washington, Donald Trump n’a pas confirmé avoir accepté l’invitation. « Le monde a fait un grand pas qui l’éloigne d’une potentielle catastrophe nucléaire ! Plus de lancements de fusées, d’essais ou de recherche nucléaires ! », a-t-il écrit dans un message posté dans la nuit sur Twitter.

Un volontarisme qui laisse sceptiques les observateurs de la région, d’autant que le texte final signé à l’issue du sommet reste très flou que la question. « La traversée mouvementée vers la dénucléarisation de la péninsule coréenne et une paix permanente ne fait que commencer », analyse avec prudence le journal sud-coréen Hankook. Quant au journal japonais conservateur Sankei, il qualifie l’événement de « reality show » et juge la déclaration finale « sans substance ».

Scepticisme sur la fin des exercices militaires

De vives réserves saluent aussi l’annonce par Donald Trump de la fin des manœuvres militaires conjointes entre les armées américaine et sud-coréenne. « Alors que nous sommes en train de négocier un accord global, très complet, je crois qu’il n’est pas approprié d’avoir des exercices militaires », a déclaré le président US, ajoutant que cela permettrait d’« économiser beaucoup d’argent ».

Séoul et le commandement militaire américain en Corée du Sud ont souligné qu’ils n’avaient pas été prévenus à l’avance de cette annonce. « Les exercices et la présence militaire américaine jouent un rôle vital dans la sécurité de l’Asie de l’Est », s’est inquiété le ministre japonais de la Défense Itsunori Onodera. Près de 30.000 soldats américains sont en effet stationnés en Corée du Sud pour assurer sa protection.

Le ministre japonais a assuré qu’« il n’y a pas de changement dans notre politique consistant à faire pression (sur la Corée du Nord) ». Il a ajouté que le Japon attendait des actions concrètes de la part de Pyongyang concernant ses ambitions dans le domaine des armes nucléaires et des missiles et sur la question des ressortissants japonais enlevés par des agents de Pyongyang dans les années 1970 et 1980