Coronavirus: L’APAB plaide pour des mesures «flexibles» en faveur des entreprises

0
136

L’Association de producteurs algériens de boissons (APAB) a plaidé pour des mesures «flexibles» de la part des Pouvoirs publics afin de soutenir les entreprises des secteurs des boissons et du lait «lourdement» impactées par la crise sanitaire liée au «Covid-19», a déclaré, ce samedi, son président, Ali Hamani.

«Les unités de production sont cruellement touchées par la pandémie de «Covid-19» qui risque même de mettre en péril leur activité et nous estimons que des mesures adaptées s’imposent afin de  sauver les entreprisses et les emplois», a indiqué Ali Hamani. Le président de l’APAB assure que «malgré l’engagement de l’association pour l’approvisionnement des citoyens durant cette période de confinement sanitaire, ses entreprises font face à des difficultés multiples qui menacent leur pérennité». La production, est «sérieusement perturbée par des problèmes d’approvisionnement en matière premières du fait que certains de nos fournisseurs d’emballages et d’ingrédients ont décidé de se mettre à l’arrêt»,  en tenant à préciser que les entreprises de la filière comptent sur les fournisseurs locaux puisque le taux d’intégration nationale dans la production des boissons et du lait est largement supérieur à 60%. «Certes, l’intégration des matières premières locales dans nos produits finis et l’un des avantages majeurs pour nous en situation normale, mais cet avantage, aujourd’hui, s’avère être un inconvénient. Outre, la pénurie des matières premières et d’intrants, les entreprises des boissons ont du mal à commercialiser leurs produits en raison des problèmes liés à la vente et à la distribution». «Nous avons constaté que 40% des points de vente au détail et 80% des grossistes sur le territoire national sont à l’arrêt». Il a ajouté, par ailleurs, que «les distributeurs ont refusé de passer commandes sur les produits périssables sans certitude de pouvoir les écouler dans les délais, de crainte d’une décision officielle d’arrêt totale de toute activité». À cet égard, Ali Hamani, a prévenu que ces tensions dans l’approvisionnement des circuits agroalimentaires, tout confondus, pourraient être à l’origine des «pénuries», mais aussi, des graves troubles sociaux.

Le transport des marchandises et du personnel confrontés à des difficultés administratives En plus des problèmes liés à la pénurie des  matières premières et de fermeture des points de vente, Ali Hamani, a évoqué le problème de transport du personnel de la production et le transport des marchandises (matières premières et ou produits finis) en raison du couvre-feu sanitaire. Selon ses propos, depuis l’annonce des dernières mesures relatives au confinement de la wilaya de Blida et l’établissement d’un couvre-feu nocturne à Alger, les entreprises du secteur sont confrontées à «un flou administratif» qui empêche, aujourd’hui,  d’obtenir les autorisations de circulation. «Nous devons se présenter aux forces de l’ordre pour continuer à exercer nos activités, qu’elles soient inter-wilayas ou intra-wilayas. Nos usines sont de fait à l’arrêt depuis mardi 24 mars dernier», a-t-il déploré, exprimant  à cet égard, l’inquiétude des entreprises de cet état de fait et anticipent, également, sur la probabilité que ce confinement se généralise à d’autres wilayas dans les jours prochains.

Interrogé sur l’état des stocks actuels des producteurs de boissons et de produits laitiers frais, il a répondu que les volumes évalués à partir de ceux des membres de l’APAB ne couvrent qu’une période d’un mois au plus. «Si les entreprises de production n’arrivent pas à s’approvisionner en matières premières dans les jours qui viennent, elles ne pourront pas assurer la disponibilité des boissons et des produits laitiers frais à nos consommateurs durant le mois de Ramadhan», a-t-il averti. Lors de cet entretien, le président de l’APAB a évoqué la situation financière des entreprises de la filière, en exhortant les Pouvoirs publics à prendre des mesures d’urgence pour les aider à surmonter cette conjoncture «difficile «et empêcher la faillite des entreprises. Ces propositions portent globalement sur la mise en place d’un moratoire fiscal et parafiscal pour les entreprises en difficulté (Différer les paiements des cotisations sociales et des taxes mensuelles de 90 jours sans pénalité). L’APAB propose, en outre, le report de tous les échéanciers de remboursement des prêts bancaires pour une période de 3 mois sans intérêts ni commissions en rapport avec la situation financière de chaque entreprise. L’Association plaide, également,   pour la mise en place d’un découvert bancaire exceptionnel bénéficiant d’un taux préférentiel, selon les besoins et les garanties, pour faire face aux charges qui ne peuvent être ni suspendues, ni reportées (paiement des salaires, des fournisseurs). En ce qui concerne l’indemnisation des salariés ayant perdu leur emploi en raison de la crise économique actuelle, l’APAB a estimé qu’il appartient à la Caisse nationale d’assurance-chômage de les rembourser. «Au fait, la mission principale de cet organisme public c’est l’indemnisation des salariés ayant perdu leur emploi pour raison économique», a-t-il tenu à rappeler, en soulignant que «cette caisse est financée par les cotisations sociales». Le président de l’APAB espère enfin des décisions adéquates de la part des autorités pour un fonctionnement permettant d’alimenter le marché national, mais aussi,  et surtout à sauvegarder le tissu industriel et les emplois.

Moussa O. /Ag.