Coronavirus: Le DG de l’Institut Pasteur, Fawzi Derrar, évoque une situation «qui inquiète»

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Emboîtant le pas au ministre de la Santé qui a sonné l’alerte, avant-hier, le directeur général de l’Institut Pasteur Fawzi Derrar, a confié, à son tour, que la situation sanitaire liée à épidémie de coronavirus  «inquiète», dira-t-il sur les ondes de la Radio nationale où il était de passage, ce dimanche.

Au point d’entrevoir un nouveau confinement ? Derrar écarte cette éventualité, indiquant que pour l’heure cette question n’était pas à l’ordre du jour. Dans ce même contexte, il a tenu  à rappeler que l’Algérie a été parmi les précurseurs de l’instauration du confinement, notamment nocturne, «ce qui nous a permis de contrôler la situation», a-t-il affirmé. Mais le DG de l’Institut Pasteur a insisté sur la nécessité stricte de respecter les mesures de prévention contre la Covid-19, voire de les faire respecter de par un durcissement des sanctions à l’égard des réfractaires. Dans la même veine, il a prévenu de la fermeture des marchés repérés comme clusters du coronavirus  Enfin, et évoquant le dépistage, Derrar a fait savoir que les tests- «PCR» restaient à même de révéler, de façon fiable, l’état des contaminations, soulignant qu’un grand nombre de laboratoires, à travers la plupart des wilayas du pays en était dotés, alors qu’il est prévu l’ouverture de nouveaux services au niveau des hôpitaux, en cas de rebond significatif de l’épidémie.

Des tests «antigènes» prochainement  réceptionnés L’Algérie réceptionnera «dans les jours à venir» les tests antigènes permettant de dépister «directement» le coronavirus, a annoncé hier  à Alger, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), le Pr Fawzi Derrar, faisant état de la prochaine publication d’une enquête épidémiologique sur l’évolution du virus dans le pays. «Ce qui va changer la donne par rapport à l’épidémie du coronavirus, c’est l’apparition de tests antigènes rapides que l’Algérie réceptionnera dans les jours à venir. Ces tests détecteront directement le virus et ont une très bonne sensibilité», a déclaré le DG de l’IPA sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale. Tout en précisant la possibilité de recours à ces examens en «l’absence de tests PCR», il a assuré des efforts engagés par l’Algérie afin d’«élargir et d’uniformiser» l’accès à ce type de dépistage, à travers l’ensemble du territoire national et ce, d’ici mars 2021, se félicitant de la dotation d’un plus grand nombre de laboratoires privés en PCR. Et de citer les exemples des wilayas de Chlef, Ouargla et de Biskra, avant de plaider, à ce propos, pour que la question du prix des tests PCR chez le privé soit «discutée» afin d’en permettre une «accessibilité pour tous». Qualifiant la situation sanitaire mondiale actuelle d’«inquiétante», il a soutenu que «les jours à venir seront plus difficiles à gérer y compris en Algérie» en raison notamment de l’arrivée de la saison hivernale, propice au déploiement du coronavirus. Il appellera, en conséquence, la population à «une prise de conscience généralisée, à la vigilance et au développement de certains concepts de prévention de plus en plus précieux pour l’avenir», rappelant que ce virus «coûte la vie» à des centaines de personnes. «Il faut être très sérieux et ne pas négliger les aspects les plus simples», a-t-il insisté, citant les mesures barrières que sont la distanciation sociale et le port du masque, avant de faire observer que la présente hausse des cas d’infections était «prévisible» eu égard à la rentrée sociale, en sus de la baisse de la température. Face à cette situation, le Pr Derrar estime que l’«on ne peut rien écarter», préconisant de «prendre la décision juste» pour pallier à plus de recrudescence des contaminations et pour éviter «une 2e vague» de l’épidémie, faisant savoir la «prochaine» publication par l’IPA d’une étude épidémiologique ayant identifié 7 clusters principaux de circulation du virus. Tout en faisant savoir qu’il s’agit, entre autres, d’Alger, Blida, El-Tarf, Ouargla, et d’Aïn-Témouchent, il a précisé que l’enquête en question a révélé que les principaux foyers sont «familiaux», considérant qu’il s’agit de «rassemblements non indispensables», déplorant, par ailleurs, l’organisation de mariages «non réglementaires» dans certains endroits. «Les indicateurs de cette enquête nous ont permis de connaître l’ampleur de l’épidémie que le pays a connue en avril et mai derniers, et de prendre nos précautions sur les cas pouvant survenir à l’avenir», a explicité le DG de l’IPA. Par ailleurs, ce dernier a tenu à relever le caractère «imprévisible» du SARS-CoV-2, estimant qu’«eu égard aux recherches actuelles, les premières doses du vaccin ne seront pas disponibles avant début 2021 alors que les campagnes de vaccination de masse ne pourront avoir lieu avant le printemps de la même année». S’exprimant en faveur du retour à certaines mesures préventives, comme le télétravail, tout en tenant compte de l’«intérêt de l’entreprise et de la société», le Pr Derrar a préconisé également d’«éviter les rassemblements» dans certains lieux comme les universités, avant d’assurer que les structures hospitalières sont en mesure de prendre en charge les cas à venir grâce à l’augmentation de leurs capacités d’accueil, à la suite de la réouverture de certains services.

La vaccination antigrippale ne protège pas contre la Covid-19  Abordant le volet de la grippe saisonnière, l’hôte de la radio a tenu à souligner que «la vaccination antigrippale ne protège pas contre le coronavirus mais seulement contre la grippe saisonnière», faisant savoir que le virus inhérent à celle-ci «n’est pas encore en phase de circulation car activant, généralement, dès fin décembre». A ce sujet, il rappellera l’annonce faite par le ministre de la Santé s’agissant du lancement de la campagne de vaccination, à compter du 3 novembre prochain, faisant savoir la commande par l’Algérie d’une quantité de 1.8 million de doses de vaccin antigrippal. «Nous nous sommes entendus avec notre partenaire pour commander d’autres doses en décembre prochain, suivant l’évolution de la situation et la consommation», a-t-il poursuivi avant d’assurer de la «disponibilité» de ce produit au niveau des hôpitaux et des officines de l’ensemble du territoire national.

Synthèse Yasmine D. / Ag.