Corrections du bac:  Des notes appréciables selon des enseignants

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épreuves du baccalauréat (session 2019). Ph :Fatah Guidoum@L'Echo d'Algérie

 

Les premières corrections des copies du baccalauréat livrent leurs secrets. Une correctrice de langue française à Alger confie que les élèves ont obtenu de très bonnes notes, notamment en physique et en histoire.

«Des collègues m’ont confirmé que des élèves ont obtenu de bonnes notes en physique et de très bonnes notes en histoire», a-t-elle affirmé. Elle a fait savoir que les notes des mathématiques ont été appréciables suite surtout à la révision du barème de la matière. En revanche, elle s’est alarmée du niveau des élèves. Elle parle d’un vrai cauchemar. «Le texte de français n’a pas été compris et la plupart des candidats sont passés à côté», déplore-t-elle.     «J’ai corrigé plus de 300 copies. Deux élèves seulement ont obtenu 18 sur 20. Un candidat a eu un 17. Par contre, beaucoup n’ont pas décroché la moyenne», dit-elle. L’orthographe du candidat est-il toujours scruté à la loupe ? «Nous avons énormément de copies bourrées de fautes de français. Si l’on tombe sur une copie excellente sur le fond mais pleine de fautes d’orthographe, on l’évalue d’abord pour son contenu», explique-t-elle. D’ailleurs, elle rappelle que même le barème ne prend pas en compte les erreurs d’orthographe. « Les fautes de langue ne comptent pas vraiment dans l’évaluation. Aucun barème de points ni de pénalités automatiques n’est prévu», a-t-elle ajouté. Le secrétaire général du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie, Zoubir Rouina, estime que les notes étaient «acceptables», particulièrement en mathématiques. «J’ai pris attache avec des professeurs chargés de corriger les copies. Selon eux, les notes sont bonnes. Cela ne constitue pas une surprise pour moi, car le niveau n’est pas mauvais», a-t-il dit. Il a, également, relevé les bonnes notes des candidats libres. Par contre, le syndicaliste a regretté la révision du barème de notation. «Il est inacceptable de justifier la révision du barème en prétextant avantager l’élève. C’est une démarche anti-pédagogique et une manière de sanctionner les bons», déplore-t-il. Pour lui, «cette méthode est en porte-à-faux avec le processus de mise en place d’une école de qualité. Nous sommes en train de consacrer la médiocrité», a-t-il conclu. Pour le secrétaire général du syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, les notes sont tout juste moyennes  dans diverses matières. «Mais catastrophiques en physique, sciences, français et anglais», s’empresse-t-il d’ajouter. Evoquant la filière mathématiques, Amoura révèle que «sur 200 copies corrigées, un élève a arraché 20/20». «Les autres notes sont passables», assène-t-il. Pour lui, n’était la révision du barème de notation, les notes auraient été pires. «Si l’on se réfère aux premières corrections, le taux de réussite ne dépasserait pas 24%», lance-t-il.