Corruption dans le football: La FAF et les pouvoirs publics face à leurs responsabilités

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En ces temps de disette où tout est suspendu ou arrêté, l’opinion sportive ne pouvait espérer un meilleur sujet pour meubler le vide sidéral engendré par l’absence de la compétition.

Cela dit, les affaires de corruption ou tentative de corruption sont monnaies courantes chez nous et font partie des pratiques «normales» dans le milieu footballistique. Elles sont incluses dans les mœurs. S’ils ne sont pas étouffés, ces scandales, qui sous d’autres auraient provoqué des séismes, finissent toujours par un non-lieu. L’année dernière, c’étaient les échanges téléphoniques compromettants entre le président de la JSK, Cherif Mellal et le directeur général du CSC de l’époque, Tarek Arama, qui ont défrayé la chronique en fin de saison. Des accusations mutuelles qui ont fini, comme de coutume au fond d’un tiroir sans suite. Les deux hommes n’ont pas été aucunement dérangés, même si Arama a été destitué de son poste. Quant à Mellal, il poursuit sa mission à la tête de la JSK comme s’il ne s’est rien passé. Pire, il se permet même de faire des commentaires en exigeant que toute la lumière soit faite sur la nouvelle affaire qui secoue le football algérien. Celle mettant en cause le directeur général de l’ESS, Fahd Halfaia accusé de vouloir arranger le résultat d’un match de championnat au profit de son équipe. Une supposée conversation téléphonique à ce sujet entre Halfaia et un manager de joueurs a fuité sur le Net devenue virale sur les réseaux sociaux. Du coup, la FAF a du intervenir en révélant sur sa page officielle détenir un «document sonore relatif à une conversation téléphonique où deux individus échangent sur un éventuel arrangement de plusieurs rencontres de footbal», sans préciser l’identité de ces deux personnes. «En attendant l’authentification de ce support, la FAF dénonce avec vigueur ces pratiques condamnables et se réserve le droit de saisir la commission d’éthique de la FAF pour l’audition des deux personnes une fois identifiées», ajoute le communiqué. La FAF compte saisir également son département Intégrité «pour conduire les investigations nécessaires pour mettre toute la lumière à ce sujet». La Ligue pour sa part, a suspendu à titre conservatoire le dirigeant de l’ESS, Fahd Halfaia jusqu’à son audition le lundi 18 mai 2020 à 11h00 au siège de la LFP. Ce dernier clame son innocence et parle d’un coup monté de toutes pièces le visant personnellement, car il décidé de rester à la tête du club sétifien. L’affaire semble avoir pris une ampleur considérable, pourvu qu’elle ne fasse pas pschitt en cours de route. En tout cas, c’est une occasion inouïe de rompre avec les pratiques du passé. C’est ce qu’appellent les Algériens de tous leurs vœux, depuis le début de la Révolution du 22 février. L’Etat à son tour doit intervenir par le biais de son système judiciaire, en se constituant partie civile. Il y a   lieucependant d’assurer et de garantir la présomption d’innocence tant que le dossier est en cours. Mais quels que soient les coupables, il faut frapper fort pour bannir une fois pour toutes ces comportements indignes qui nuisent énormément à notre football.

Ali Nezlioui