Coup d’envoi aujourd’hui de la campagne électorale: Plus de 12 000 candidats face à la réalité du terrain

0
923

C’est aujourd’hui que sera donné le coup d’envoi de la campagne électorale pour les législatives du 4 mai prochain avec l’entrée en lice de plus de 12 000 candidats représentant une soixantaine de partis politiques et de listes indépendantes. Il s’agit pour ces candidats d’une dure épreuve, dans la mesure où ils sont appelés à «descendre» sur le terrain pour connaître la réalité du vécu quotidien des citoyens, de s’informer de leurs problèmes et leurs préoccupations et tenter de les convaincre du bien-fondé des solutions qu’ils comptent apporter à ces problèmes dans le cas où ils seront élus à l’Assemblée populaire nationale.

Cependant, et au-delà de la diversité des programmes que proposent les partis politiques engagés dans cette course électorale, le défi majeur demeure celui de convaincre les électeurs pour une participation massive à ce scrutin afin de consolider la stabilité de l’Algérie et ses institutions et la prémunir des effets des crises politiques et sécuritaires qui secouent des pays de son environnement immédiat. Tout au long de trois semaines, les formations politiques auront la possibilité de conquérir les électeurs et de leur expliquer la pertinence de leurs programmes, en organisant des meetings populaires, des rencontres de proximité ou par une approche interactive sur les réseaux sociaux, afin de gagner leur confiance et les représenter, durant les cinq prochaines années au sein de l’institution législative. A cet égard, les partis semblent conscients de l’importance de la conjoncture dans laquelle intervient cette élection, d’où leur l’impératif de plaider pour un discours rassembleur et porteur d’espoir aux Algériens. C’est la raison pour laquelle, la quasi-totalité des formations politiques se sont engagées à axer leur discours durant la campagne électorale sur la nécessité de convaincre les citoyens à aller voter massivement en vue de préserver l’Unité nationale et la stabilité du pays. C’est dans ce sens que le RND s’est engagé à perpétuer la défense des valeurs de Novembre 1954 comme «socle de l’unité de la nation et de la stabilité de la patrie et défendre la constitution et les lois de la République, qui sont l’assise de l’Etat». Selon le secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia, les élus du RND s’engagent aussi à «poursuivre leur soutien au président de la République, qui incarne l’unité de la nation et qui est le garant de la Constitution et militer pour la vulgarisation de l’histoire nationale dans sa profondeur millénaire ainsi que continuer à appuyer le choix de la réconciliation nationale». Le Rassemblement national a annoncé également, que ses parlementaires s’engagent à «soutenir les efforts de l’Armée nationale populaire et des forces de sécurité pour la destruction des résidus du terrorisme». De son côté, le secrétaire général du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a appelé les citoyens à participer massivement aux prochaines élections législatives en élisant librement leurs représentants, estimant qu’une forte participation aux élections serait «synonyme de crédibilité et de légitimité aux élus qui représentent le peuple au Parlement et que le boycott signifierait l’instabilité du pays». Il a également considéré qu’une forte participation au scrutin traduirait «le véritable sens de la démocratie et le droit du peuple à choisir ses représentants, qu’ils soient issus de partis proches du pouvoir ou de ceux de l’opposition». Rappelant l’importance que représente la frange des jeunes dans l’opération électorale, le secrétaire général du MPA a relevé la nécessité de promouvoir l’économie nationale, appelant les jeunes à participer massivement dans l’édification d’une économie diversifiée. Il a également soutenu que le peuple «est jaloux de la souveraineté de son pays et conscient, du fait des expériences amères qu’il a vécues durant les années 1990 et des dangers qui guettent le pays», exhortant les citoyens à «faire face à toutes les manœuvres qui menacent la stabilité de l’Algérie». Abondant dans le même sens, le secrétaire général de l’Alliance nationale républicaine (ANR), Belkacem Sahli, a insisté sur le fait que les discours de la campagne électorale «doivent être réalistes, loin du populisme, porteurs d’espoir et contre le défaitisme avec franchise et conviction». Appelant les citoyens à participer massivement au prochain rendez-vous électoral, Belkacem Salhi a estimé que l’intérêt de l’Algérie exige des partis politiques à «s’entendre et à s’allier dans le cadre du front national intérieur auquel le président de la République Abdelaziz Bouteflika a appelé à maintes occasions». Pour sa part, le président du mouvement El Islah, Filali Ghouini, a saisi l’opportunité de sa rencontre avec les militants de son parti pour appeler à une participation massive aux législatives du 4 mai prochain en vue de «consacrer les principes de la réconciliation nationale et ficeler les soubassements d’un consensus national solide». Le prochain rendez-vous électoral, dira-t-il, «consolidera le processus de la réconciliation nationale et contribuera à édifier un Etat fort et solide à travers ses institutions légitimes et représentatives, élues par le peuple». Il a ajouté le mouvement El Islah «s’emploie à défendre les acquis et les droits du peuple algérien», mettant en avant l’importance de «voter et de choisir, en toute liberté, les représentants du peuple». Il a, en outre, soutenu qu’une participation massive au prochain scrutin «contribuera à faire sortir le pays de la crise qu’il traverse au double plan économique et social». Dans le même ordre d’idées, le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, a indiqué que les élections législatives du 4 mai prochain «revêtent une importance historique qui a une relation étroite avec les présidentielles de 2019». Pour le secrétaire général du FLN, les législatives du 4 mai représentent «un rendez-vous politique crucial pour la stabilité du pays et la nation algérienne et qu’à ce titre, tous les efforts doivent converger pour atteindre cet objectif». Sur le même chapitre, le Premier secrétaire du FFS, Abdelmalek Bouchafa, a estimé que l’élection d’un Parlement fort «ne peut se faire qu’avec une large participation des citoyens aux élections législatives du 4 mai prochain». Mettant en avant l’importance de ce rendezvous, le Premier secrétaire du FFS a souligné l’engagement de son parti pour la reconstruction d’un consensus national visant «l’édification d’une Algérie libre et démocratique». Dans le même sillage, la secrétaire générale du parti des travailleurs, Louisa Hanoune, a souligné l’importance d’une participation massive aux élections du 4 mai afin de «faire face aux complots internes qui visent la nation et ouvrent la voie devant l’ingérence étrangère». Elle a insisté sur la nécessité de convaincre le citoyen de participer à l’échéance du 4 mai prochain en vue de «préserver les acquis recouvrés en particulier, la sécurité et la stabilité». Lors de sa dernière visite dans la wilaya d’El Oued, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal avait affirmé que les législatives du 4 mai prochain seront le couronnement du processus de consolidation de la stabilité du pays et de son choix démocratique. Il avait en outre souligné que les prochaines législatives seront organisées «conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles avec des garanties de régularité et de transparence», estimant que ces échéances «s’inscrivent dans le cadre du respect du choix adopté par la génération de Novembre». Sellal avait relevé que la génération du 1er novembre 1954 a opté pour une République démocratique et sociale souveraine dans le cadre des principes de l’Islam et de l’identité araboamazhighe, assurant que «c’est la voie de laquelle nous ne dévierons jamais». Le ministère de la Communication Hamid Grine avait adressé récemment deux chartes aux médias, leur rappelant les règles d’éthique professionnelle. La couverture médiatique des élections législatives nécessite, de la part de l’ensemble des médias, le suivi d’une ligne éditoriale équitable, impartiale et objective et un sens aigu des responsabilités, soulignent ces documents, qui rappellent, notamment, que tous les partis ou candidats ont le droit d’accès direct aux médias sur une base équitable et non discriminatoire, conformément aux dispositions de la loi organique relative au régime électoral. L’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV) a, dans ce cadre, mis en place une cellule pour veiller à l’impartialité de la couverture par les chaînes de télévision publiques et privées de la campagne des législatives. Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a indiqué, de son côté, que son département avait enjoint à toutes les directions de wilaya de veiller à ce que les mosquées ne soient pas impliquées dans la campagne pour les législatives. Les lieux de culte doivent rester neutres, a-t-il insisté, appelant les imams à respecter les lois de la République et les règles éthiques et à observer une totale neutralité vis-à-vis de la campagne électorale.