Coup d’envoi  de la campagne électorale: Les 5 candidats à l’assaut de l’électorat

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Les 5 candidats Azzedine Mihoubi, Abdelmajid Tebboune, Abdelkader Bengrina, Ali Benflis, Abdelaziz Belaid, Le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) Mohamed Charfi

Les 5 candidats en course pour la présidentielle du 12 décembre prochain commence aujourd’hui avec le lancement officiel de la campagne électorale qui verra la participation des 5 candidats dont les dossiers ont été validés par le Conseil constitutionnel, en l’occurrence l’ancien chef de gouvernement et président du parti Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, l’ancien Premier ministre Abdelmadjid Tebboune, l’ancien ministre de la Culture et actuel secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND) Azzedine Mihoubi, l’ancien ministre de Tourisme et président du Mouvement, El Bina Abdelkader Bengrina, et le président du parti Front Al Moustakbel Abdelaziz Belaïd.

Ils seront ainsi face à la rude épreuve du terrain et auront la lourde et délicate tâche de faire face à un électorat difficile à convaincre du bien-fondé de leur démarche, notamment en cette conjoncture que traverse le pays marquée par la poursuite du Hirak populaire qui, chaque vendredi, réitère son rejet à la tenue de l’élection avant le départ de tous les symboles de l’ancien système.   Pour ce faire, les 5 prétendants à la magistrature suprême ont commencé à rendre publiques les grandes lignes de leurs programmes électoraux, tout en appelant les électeurs à participer massivement au rendez-vous du 12 décembre. Abdelmadjid Tebboune, qui se présente en candidat indépendant, a rendu public son programme électoral, placé sous le slogan : «Engagés pour le changement, capables de le réaliser», comportant 54 engagements pour l’instauration d’une «Nouvelle République». Parmi les engagements contractés par  Tebboune, figurent «une large révision de la Constitution, une reformulation du cadre juridique des élections, un renforcement de la bonne gouvernance à travers la séparation du monde des affaires de la politique et la mise en place de mécanismes garantissant la probité des fonctionnaires publics». Le président du parti Talaie el Hourriyet, Ali Benflis, a lui aussi présenté les grandes lignes de son programme électoral qui se veut une «transition globale» visant «la modernisation politique, économique et sociale du pays». Sous le slogan : «Notre serment pour l’Algérie», Benflis a affirmé qu’il œuvrerait à un «changement global», conformément aux demandes et aux aspirations «justes et légitimes» du Hirak, le mouvement populaire de contestation qui revendique depuis le 22 février dernier un changement radical du système de gouvernance du pays. Le président du mouvement El Bina, Abdelkader Bengrina, a déclaré, de son côté, que son programme s’appuie essentiellement sur «le principe de consultation des Algériens sur les voies de sortie de crise, la récupération des fonds volés, la concrétisation de la sécurité alimentaire et territoriale de l’Algérie», tout en apportant son soutien aux exigences du mouvement populaire Hirak. De même pour le candidat Abdelaziz Belaïd qui a choisi le slogna intitulé : «Le peuple décide» pour sa campagne et qui a décliné les grands axes de son programme électoral basé, notamment sur la fondation d’institutions solides reflétant la place et la notoriété de l’Etat algérien.

Les 5 candidats seront soumis à une charte d’éthique des pratiques électorales, élaborée par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) et qui énonce les principes directeurs et les pratiques particulières qui forment le cadre du comportement moral attendu des acteurs et personnes participant au processus électoral. Elle est fondée sur «le respect profond et durable du processus démocratique et sur l’observation des lois et textes subséquents qui codifient les règles des élections et des campagnes électorales» et stipule que «le comportement moral relatif au processus électoral entend le respect des principes démocratiques de base à travers le libre exercice des droits démocratiques sans intimidation, notamment le droit de se porter candidat, le droit de vote, le caractère secret du vote, la transparence du financement des campagnes électorales ainsi que l’indépendance et la neutralité de l’institution en charge des élections et des services qui en dépendent». La charte note également que «tous les acteurs participant au processus électoral doivent accepter la responsabilité d’agir de façon à maintenir et à renforcer la confiance du citoyen par rapport à l’intégrité et la transparence du processus électoral». Elle cite, par ailleurs, 10 principes généraux, dont la souscription de tous les acteurs participant au processus électoral aux principes d’élections libres et équitables et au respect des lois électorales. Il s’agit aussi pour tous les acteurs participant au processus électoral de s’efforcer à renforcer la confiance du citoyen dans le processus électoral, défendre les droits démocratiques des Algériens, respecter les principes et les règles de déontologie formulées dans la charte et veiller à s’y conformer. Les acteurs participant au processus électoral observeront la législation et la réglementation en vigueur régissant le processus électoral et promeuvent le respect de celles-ci et consacreront tous les efforts nécessaires pour que le vote soit administré convenablement et équitablement et que son caractère secret soit assuré, est-il relevé. La charte stipule, en outre, que les membres de l’ANIE ainsi que ses démembrements et services administratifs qui en relèvent s’engagent «à s’astreindre au respect du principe de neutralité, d’impartialité et de traitement équitable des candidats aux élections et s’interdire tout comportement ou action susceptibles d’altérer ces principes». Il s’agit aussi de répartir, d’une manière «juste et équitable», le temps d’antenne dans les médias audiovisuels nationaux au profit des candidats, de faciliter la mission des institutions médiatiques et des journalistes pour leur permettre de suivre les différentes phases des opérations électorales, outre de respecter les dispositions légales relatives à la sélection des personnels d’encadrement des centres et bureaux de vote, à faire prévaloir en priorité, la qualification, l’intégrité, la neutralité, la probité et la moralité. L’ANIE s’engage à permettre aux représentants des candidats de disposer de copies des différents procès-verbaux, conformément à la loi organique relative au régime électoral, à garantir la protection de données personnelles concernant les électeurs et les candidats, à établir la liste des centres et bureaux de vote «en toute équité» et «dans le seul objectif de facilitation de l’accomplissement du droit de vote»,  note le document. En vertu de cette Charte, les candidats et les partis politiques participant aux élections s’engagent, pour leur part, à «faire des déclarations publiques véridiques et doivent s’abstenir de tous propos diffamatoires, insultes, invectives envers un autre candidat ou acteur du processus électoral et toute autre déclaration qu’ils savent être erronée». Selon le document, les candidats et les partis politiques «ne feront sciemment aucune déclaration erronée concernant les résultats officiels du scrutin, doivent s’efforcer de faire des déclarations exactes, de manière à éviter tout propos trompeur y compris dans le cadre de la publicité des candidatures lors des campagnes électorales et ne publieront aucune annonce et aucun matériel publicitaire tel que dépliants brochures, prospectus, bulletins d’information, messages électroniques pancartes ou affiches qui présenteraient des déclarations diffamatoires par rapport à un autre candidat ou parti politique». Dans cette perspective, le président de l’Autorité, Mohamed Charfi, a indiqué que tous les moyens techniques et humains étaient mobilisés pour assurer le bon déroulement de la campagne électorale de la présidentielle du 12 décembre prochain. Tous ces moyens permettront d’assurer «l’équité entre l’ensemble des candidats en matière de couverture de leurs activités et déclarations» de même qu’ils garantiront aux électeurs le «libre choix» en ce sens où ils leur permettront de prendre «pleinement connaissance» du programme du candidat qu’ils choisiront au poste de président de la République, a-t-il dit. Le président de l’ANIE a, par ailleurs, mis en avant le rôle majeur des médias, tous supports confondus, qui «éclairent les électeurs et contribuent à assurer un scrutin libre, régulier et transparent». A une question sur l’éventuel impact du Hirak sur le processus électoral, Charfi a affirmé que «tout Algérien est libre d’exprimer son opinion mais cette liberté implique un devoir, celui de respecter la liberté de l’Algérien qui ne partage pas son avis». «Le dernier mot reviendra au peuple algérien le jour du scrutin», a-t-il soutenu, ajoutant que «le Président élu prendra en charge, en toute légitimité et responsabilité, les questions sociales posées et celles qui doivent être tranchées car il sera le plus habilité à le faire». Le vice-président de l’ANIE, Abdelhafid Milat, avait indiqué, pour sa part, que la campagne électorale verra «des débats entre candidats, en cours de préparation en coordination avec l’Autorité de régulation de l’audio-visuelle (ARAV)», mettant en exergue le rôle «prépondérant» des médias dans le déroulement régulier et loyal de la campagne électorale. Il avait ajouté à propos du financement de la campagne électorale que cette opération est régie par la loi, assurant que l’ARAV «ne permettra pas que des fonds issues d’activités illégales et dont l’origine est inconnue soient utilisés et interviendra en cas de dépenses excessives et injustifiées pour demander des explications». Evoquant, d’autre part, le fichier électoral national électronique, il a soutenu qu’il a été «assaini à 100%, en coordination avec les autorités administratives en un temps record. «L’efficacité de ce fichier exempt de toute erreur a été établie», avait-il encore affirmé, estimant qu’il représente une «garantie de la transparence du processus électoral».

  1. Benslimane