Covid-19: La stratégie de lutte contre la pandémie renforcée

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Le montant des affectations financières dédiées à la lutte et la prévention contre la pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) a atteint plus de 70 milliards de dinars, dont 20 milliards alloués aux catégories professionnelles ayant perdu leur source de revenus du fait de la pandémie.

Hier, lors d’une séance d’audition devant la commission des finances et du budget de l’APN, consacrée à la présentation du projet de loi de finances complémentaire 2020, le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, a fait savoir que ces affectations prévoient des allocations supplémentaires de l’ordre de 3,7 milliards de dinars dédiées au ministère de la Santé. Ces allocations supplémentaires ont été dédiées à l’acquisition de produits pharmaceutiques, d’appareils médicaux, de produits de consommation et de matériels de protection d’un montant de 3,5 milliards de dinars, outre des réactifs dans le cadre de la recherche et des services (100 millions DA) et des caméras thermiques (100 millions DA). Une autre rallonge de 11,5 milliards de dinars a été allouée au ministère de l’Intérieur concernant la prime de 6000 DA, porté à 10 000 DA au profit de 2,2 millions de nécessiteux. Il sera procédé, en outre, à la mise en place d’affectations d’un montant de 16,5 milliards de dinars dédiés au ministère de la Santé afin de couvrir la prime exceptionnelle octroyée aux fonctionnaires des services réquisitionnés dans le cadre de la lutte contre le Covid-19 en application du décret présidentiel 79-30, en sus d’un autre montant de 8,9 milliards de dinars alloué au ministère de la Santé dans le souci de renforcer la stratégie de lutte contre la pandémie. Un autre montant devra être affecté au profit des éléments relevant des directions générales de la Sûreté nationale, de la Protection civile et des Douanes. Par ailleurs, un montant de l’ordre de 20 milliards de dinars sera affecté au profit des pères de famille au chômage et des catégories sociales et professionnelles ayant perdu leur source de revenu en raison de la pandémie. Concernant les médicaments, il a été alloué un montant de 106 milliards de dinars s’inscrivant dans le cadre de la loi de Finances 2020. Cette crise sanitaire et pétrolière a créé en Algérie une situation difficile, mais loin d’être catastrophique. Le Premier ministre a exprimé récemment son optimisme sur la situation de la propagation du coronavirus, mais a, cependant, averti que «nous ne sommes pas à la fin de l’épidémie», ce qui nécessite, a-t-il insisté, «le respect des mesures de prévention et d’éviter les comportements qui peuvent causer un retour en arrière». Après avoir réitéré l’impératif de refonder le système de santé, Abdelaziz Djerad a souligné néanmoins que le secteur dispose de «nombreux points positifs, dont une élite médicale de haut niveau, ainsi qu’une harmonie qui a donné de la force à la lutte contre l’épidémie, s’appuyant sur des bases scientifiques et académiques et non pas aléatoire».Abordant, par ailleurs, les marques de la solidarité nationale des citoyens durant cette crise, le Premier ministre a déclaré que «cela n’est pas étranger au peuple algérien», soulignant que la solidarité n’est pas dans les choses matérielles uniquement, mais également dans la sensibilisation des citoyens sur la prévention contre cette épidémie. «Le concept moral est à la base de la lutte contre l’épidémie en cette période», a-t-il ajouté.Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé récemment que la crise que traverse l’Algérie est conjoncturelle et non structurelle. Cela laisse supposer que la roue de l’économie nationale, affectée par la pandémie du coronavirus et la chute des prix du pétrole, sera relancée prochainement.Cette crise sanitaire et pétrolière a créé en Algérie une situation difficile, mais loin d’être catastrophique. Pour le président de la République, l’Algérie pourra avoir dans deux années une croissance économique forte pour peu que des hommes d’affaires intègres s’impliquent. Partant de ce constat, le gouvernement compte mettre tous les atouts de son côté pour gagner le pari de la relance de la machine économique en veillant à la levée de tous les verrous se dressant devant les investisseurs nationaux et étrangers à travers la loi de finances complémentaire qui constituera le début d’une rupture et l’occasion de construire un système économique réel. Récemment, le Premier ministre a assuré que tous les verrous qui empêchent l’investissement national et étranger vont disparaitre, dans le cadre de LFC, assurant que ce texte va donner une nouvelle dynamique et une autre vision à l’investissement.Cette loi va être le début d’une rupture progressive et de la construction d’un système économique réel et elle va mettre un terme à tout ce qui a été fait pour bloquer les investissements et pour empêcher l’Algérie de construire une réelle économie, avait-expliqué.Evoquant les dispositions prévues dans la LFC, il a cité particulièrement la règle 49/51% qui sera complètement levée, sauf pour quelques secteurs jugés stratégiques. Dans ce contexte, il a fait état de l’élaboration de la LFC sur trois principaux axes de développement qui sont respectivement le développement de la ressource humaine, la transition énergétique et l’économie de la connaissance. Il est question, dans le cadre du premier axe, de développer la ressource humaine, de reconstruire le système national de santé, de réformer l’école et de l’université algériennes. Le deuxième axe portera, quant à lui, sur la transition énergétique et l’exploitation des énergies renouvelables afin de ne plus dépendre de la rente pétrolière, tandis que le troisième axe sera focalisé sur l’édification de l’économie de la connaissance dans l’objectif de moderniser le pays.«Ce sont-là des objectifs nobles auxquels les Algériens doivent croire et pour lesquels ils sont appelés à travailler pour redonner à notre pays un rôle sur le plan international et sa place qu’il mérite», avait relevé M. Djerad, tout en faisant remarquer que l’Algérie dispose de compétences et d’une élite en mesure de concrétiser ces projets et de relever le défi du développement. Assurant que le gouvernement avait établi un diagnostic sur la situation de l’économie nationale, l’intervenant a mis en exergue la vision de l’Exécutif de procéder de manière «sereine» pour «ne pas refaire les erreurs du passé» en vue de mettre en place une «approche pragmatique» devant permettre de sortir le pays d’une crise multidimensionnelle. Il a ajouté dans ce sillage que le pays dispose de moyens financiers suffisants pour dépasser la crise économique, mettant en avant l’adoption d’une approche «pragmatique et réaliste» par le gouvernement qui tient compte des difficultés actuelles, appelant les Algériens au dialogue et au patriotisme ainsi qu’à tenir compte de la volonté politique pour reconstruire leur pays. Par ailleurs, et dans une correspondance qu’il avait adressée le mois passé, le Premier ministre avait instruit les membres de son gouvernement à procéder, en application des instructions du président de la République, à une consultation avec les organisations patronales et les syndicats des travailleurs activant dans le monde économique, autour de la problématique de l’atténuation des effets induits par les mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus, prises par l’Etat. En effet, les mesures prises par les pouvoirs publics pour la prévention et la lutte contre la pandémie, impactent directement la vie économique et l’emploi, ce qui nécessite une solidarité nationale d’envergure pour le maintien de l’activité économique, la préservation de l’emploi et la prise par l’Etat de mesures de régulation rendues nécessaire par cette conjoncture. En tenant compte des différentes mesures déjà mises en œuvre par les pouvoirs publics dans les domaines bancaire, fiscal, parafiscal et des marchés publics, l’effort commun devra s’orienter d’abord sur l’évaluation, par secteurs d’activité, des impacts de la crise sanitaire sur la situation financière et de l’emploi des entreprises. La concertation devra être focalisée également sur le maintien de l’activité économique dans le strict respect des mesures de prévention et de lutte contre le coronavirus ainsi que la prise de mesures pour la survie des entreprises impactées et la préservation de l’outil national de production et de réalisation. Le troisième thème de la concertation portera sur les modalités de mobilisation et de gestion de la sphère économique face à cette conjoncture exceptionnelle que traverse le pays, afin de sauvegarder l’emploi et préparer la reprise de la croissance. Dans ce contexte, et pour assurer la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, le président de la République avait appelé à prioriser l’investissement dans les produits agricoles assurant la sécurité alimentaire du pays. Il s’agit ici d’encourager les filières céréalières, notamment le maïs, ainsi que les filières à même de couvrir les besoins nationaux en sucre, huile et céréales. Il avait chargé, à ce propos, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural de mettre en place, à court terme et avant la fin de l’année en cours, un mécanisme sous forme d’un office ou autre en vue de relancer et  promouvoir les investissements agricoles qu’ils soient nationaux, étrangers ou mixtes. En outre, le président de la République a affirmé que le recul des recettes algériennes d’exportation des hydrocarbures était une réalité liée à l’évolution de la pandémie du coronavirus que connait le monde», assurant que «nous devons nous préparer sérieusement pour surpasser les répercussions de la crise économique mondiale.

  1. Benslimane