Création d’un Comité de régulation de la céréaliculture: Une nouvelle  mesure pour rationaliser les importations  

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La création d’un Comité de veille, de  régulation, de contrôle et d’évaluation de la céréaliculture, décidée  dimanche par le Gouvernement, constitue une nouvelle mesure de rationalisation des importations, visant à contenir l’érosion des réserves  de change du pays.

Chargé de « concevoir une approche claire, à court et moyen termes, en matière de rationalisation de la gestion et de l’importation des céréales »,  ce Comité, placé auprès du ministre des Finances et associant les ministres du Commerce, de l’Industrie et de l’Agriculture, aura à effectuer un audit global concernant le respect des obligations juridiques par l’ensemble des  opérateurs activant légalement dans le domaine. Cette nouvelle mesure, annoncée dimanche lors d’un Conseil interministériel présidé par le Premier ministre, Noureddine Bedoui, s’inscrit dans le cadre de l’approche globale adoptée par le Gouvernement à  l’effet de préserver les réserves de change à travers la limitation du recours à l’importation aux besoins réels du marché national, en plus de la rationalisation des subventions. Le 23 mai dernier, le Gouvernement avait donné son accord à de nouvelles mesures visant la régulation des importations des céréales et du lait, deux  produits qui totalisent plus de la moitié des importations alimentaires du pays, dans le cadre d’une démarche visant la préservation des réserves de changes. Dans un exposé sur la régulation de ces deux filières stratégiques, le ministre des Finances avait alors mis en exergue le soutien financier conséquent consenti par l’Etat sous forme de subventions, en relevant la  tendance haussière, d’année en année, de la facture d’importation des blés dur et tendre. C’est dans ce sens que le Gouvernement avait décidé de mettre fin à l’octroi des licences pour de nouvelles minoteries ou l’élargissement de celles existantes. Dans la même perspective, les opérateurs publics, assurant la régulation du marché, ont été chargés de garantir une meilleure gestion du stock  stratégique à travers l’adoption de nouvelles formes d’intervention, afin de rationaliser les importations de blé et d’autres produits alimentaires cotés en bourse. L’Algérie a importé en 2018 pour 8,57 milliards de dollars (mds usd) de produits alimentaires (+1,6%), une facture tirée essentiellement par la hausse des importations des céréales. Les importations des céréales-semoule-farine a grimpé à 3,1 mds usd en  2018 (+11,55%) alors que celles des lait et produits laitiers a légèrement reculé à 1,4 mds usd (-0,65%).

Rationalisation des importations dans divers secteurs

Auparavant, des décisions importantes ont été prises pour la réduction de  la facture annuelle d’importation des kits CKD/SKD destinés au montage des voitures touristiques, et des kits destinés à la fabrication des produits  électroménagers, électroniques et téléphones mobiles. Dans une correspondance datant du 30 mai dernier,, la direction générale des Douanes (DGD) a rendu publiques les  mesures qui lui ont été communiquées par le ministère de l’Industrie et des Mines, au titre de cette nouvelle approche de sauvegarde adoptée par le gouvernement pour réduire la facture des importations. Détaillant les quotas alloués pour l’année 2019, aux quatre constructeurs  automobiles, dont les projets et les programmes de production (modèles) ont été validés par le Conseil national de l’Investissement (CNI), la Note de la DGD fixe à 660 millions de dollars le montant alloué à la SPA Renault-Algérie Production (RAP), à 600 millions usd le montant alloué à  SPA Sovac production,à 380 millions usd celui alloué à SARL Gloviz (KIA) et 360 millions usd le plafond consacré à la SARL Tahkout manufacturing company (Hundaï). En trois mois seulement, l’Algérie a importé pour près d’un (1) milliard de dollars de kits CKD/SKD, destinés uniquement au montage automobile.  Durant le premier trimestre 2019, le pays a importé 920,86 millions dollars de ces kits, en hausse de 21,41% par rapport à la même période en 2018. En 2018, ces importations avaient atteint 3,73 milliards de dollars contre 2,2 milliards de dollars en 2017, soit une très forte hausse annuelle  (+70%). Dans la même perspective de contenir les importations, les ministres des  Finances et du Commerce ont été chargés d’élaborer une conception sur les mécanismes juridiques permettant au citoyen d’importer les véhicules  d’occasion. Par ailleurs, le gouvernement avait approuvé la prolongation, pour un délai maximal d’une année, du paiement différé des importations, un mode de  paiement adopté par certains secteurs. Une source bancaire avait précisé que le paiement différé des importations est fixé jusque-là à 59 jours (deux mois). Ainsi, l’importateur pourra désormais négocier avec son fournisseur le  paiement de sa facture d’importation avec un an de différé, au maximum. « Je pense que c’est une mesure intéressante pour réduire la pression sur les réserves de changes, car, en un an, il y aura des rentrées en devises qui vont équilibrer un peu les sorties », estime la même source.  Dans le même sillage, un Comité de veille et de suivi de l’évolution des transferts en devises vers l’étranger a été mis en place, la mi-avril dernier, par le ministère des Finances dans le souci de renforcer la vigilance en matière de transactions financières avec le reste du monde.  La loi de finances 2019 prévoit, pour la période 2019-2021, une baisse des réserves de change à 62 milliards USD en 2019, puis à 47,8 milliards USD en 2020 pour atteindre 33.8 milliards USD en 2021. A la fin novembre 2018, ces réserves étaient de 82,12 milliards de dollars.