Crise sanitaire: Quel avenir pour les clubs ?

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La dramatique pandémie du nouveau coronavirus (Covid-19) va-t-elle chambouler l’ordre établi et la hiérarchie dans le monde du sport ? Assistera-t-on à une nouvelle redistribution des cartes, après la crise sanitaire ?

Tous les experts sont unanimes à dire que plus rien ne sera comme avant que ce soient dans les relations internationales politiques ou bien économiques. Le sport et notamment le football qui accorde une grande place à l’argent risque d’en payer les conséquences si jamais la crise persiste. Ce qui est fort probable. Ses principaux revenus émanant des droits TV, de la billetterie, du sponsoring et du marketing seront certainement revus à la baisse. Ce qui plongerait les clubs, même les plus nantis d’entre eux, dans une récession au lendemain incertain. Tout le monde en est conscient. «La crise frappe aussi les clubs. Plus rien ne sera comme avant, après cette année terrible», a confié récemment Aleksander Ceferin, le président de l’UEFA. Les réductions temporaires des salaires des joueurs, les plans de chômage technique sont les prémices d’une crise annoncée qui frapperait de plein fouet les clubs les plus modestes, surtout. C’est la faillite qui es guette à moyen terme. Certains dirigeants tirent la sonnette d’alarme faisant déjà le compte des pertes astronomiques auxquelles ils devront faire face dans les mois à venir. Même des institutions, comme Barcelone et la Juventus sont obligées de faire dans le réajustement budgétaire pour équilibrer leurs comptes. Les joueurs de Barcelone ont accepté de réduire leurs salaires de 70 %. Quant au club italien il songe sérieusement à vendre sa superstar, Cristiano Ronaldo qu’il ne peut plus entretenir.
Par ailleurs, redistribution des cartes ne veut pas forcément dire l’émergence de nouveaux clubs au détriment d’autres. Dans le contexte actuel, l’on parle plus d’un appauvrissement général dont les répercussions toucheront principalement le mercato et les salaires des joueurs. Ces dernières années, l’arrivée de nouveaux actionnaires riches notamment du Moyen-Orient à la tête de certains clubs européens, a créé une bulle spéculative dangereuse que même le fair-play financier imposé par l’UEFA a du mal à contenir. Cette bulle, dont on redoutait l’explosion, est sur le point de voler en éclats. Ses retombées seront désastreuses estiment les spécialistes. Qu’en est-il chez nous ? Il n’y a aucune commune mesure ou de comparaison à faire entre le mode de gestion de nos clubs et ceux du Vieux continent. Le professionnalisme n’a pas pu s’ancrer en Algérie, ou du moins pas encore, pour diverses raisons. Les clubs dépendent entièrement de l’aide directe et indirecte de l’Etat. C’est une réalité connue de tous. Cependant, ils ne seront pas à l’abri de la crise pour autant. Eu égard à la récession qui touche le pays, conséquences de l’épidémie du nouveau coronavirus (Covid19), mais aussi et surtout de la chute brutale du cours du baril de pétrole, les subventions des pouvoirs publics vont drastiquement diminuées dans les saisons à venir. Les clubs devront se préparer à serrer la ceinture et être prêts de leurs sous. Ils ne peuvent plus se permettre de payer des salaires démesurés à leurs joueurs ou de s’endetter indéfiniment comme ils le font actuellement. C’est l’occasion peut-être d’établir un plafond salarial et de se tourner vers la formation seule garante de leur avenir.

Ali Nezlioui