«Dans ma feuille de route, il n’y a pas un projet sur la publicité» affirme Djamel Kaouane

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Photo Fatah Guidoum@L'Echo d'Algérie

La révision de la loi sur la publicité n’est pas à l’ordre du jour, a indiqué, hier, le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, lors de son passage au Forum d’El Moudjahid, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la presse.

«Dans ma feuille de route, il n’y a pas un projet sur la publicité», a déclaré le ministre en ajoutant que s’il y avait un projet de publicité, il sera large et touchera plusieurs types de publicité à commencer par la publicité mensongère, destructive, négative, celle qui incite à la surconsommation du sucre et à la violence. «La publicité, ce n’est pas seulement le chèque que certains peuvent recevoir à la fin du mois ou de l’exercice», a-t-il martelé.

Répondant à une question d’un journaliste sur la publicité publique et son apport à la presse écrite, le ministre a mentionné que cette dernière représente environ 20% du marché publicitaire national. «La publicité publique était et restera un soutien fort pour la presse», a affirmé Kaouane ajoutant que la presse traverse actuellement une période difficile suite à la régression de la publicité. Selon le ministre, les annonceurs préfèrent passer leur publicité par l’outil de l’affichage ou à travers les chaînes de télévisions, chose qui a eu un impact négatif sur la presse. A cet effet, le ministre plaide pour «une nouvelle vision » de la presse écrite, dans le cadre du nouvel modèle économique. Pour faire face à cette crise aiguë, le ministre a cité la volonté des pouvoirs publics d’activer le Fonds de régulation de la presse. Ce dernier est considéré comme un moyen d’aide à la presse pour qu’elle puisse «amortir» le choc de la crise économique et financière. «Sa mise en place sera effective en 2018», a indiqué Kaouane.

Le ministre a souligné que la feuille de route de ministère de la Communication repose sur la régulation du secteur, l’installation du Conseil d’éthique de déontologie, l’activation du Fonds d’aide à la presse, l’accès aux sources de l’information au niveau de l’ensemble des secteurs du gouvernement. Interrogé sur l’échéance de la mise en place de l’Autorité de régulation de la presse écrite (ARPE), le ministre s’est contenté de dire que «le processus est en cours et prendra le temps qu’il faudra pour être concrétisé». «Nous y allons, bien évidemment, avec résolution et conviction», a ajouté le ministre, qui a insisté sur la nécessité que le secteur soit régi par des instances indé- pendantes et que cette mission ne sera pas dépendante exclusivement du ministère de la Communication.

Pour le ministre de la Communication, l’avenir appartient à la presse numérique. Ainsi, le passage au numérique devient une réalité pressante. «Nous sommes conscients de ce virage que doit prendre la presse algérienne dans son intérêt», a dit l’Invité d’El Moudjahid ajoutant qu’avec la révolution technologique 60% des métiers viennent de disparaitre. «Ce passage est imposant. Il est temps de penser à un cadre juridique pour la presse électronique», a-t-il préconisé.

Dans son évaluation au secteur, le ministre considère la presse comme «une fierté et un acquis» pour l’Algérie et qui «témoignent le progrès de la société». Un paysage médiatique riche et varié, selon lui. Un constat qui englobe les chaînes de télévisons y compris celles dites «off-shore». Le ministre a indiqué qu’elles ont contribué à la création «du l’audiovisuel algérien» avec un contenu «purement algérien». «Laissons-leur le temps pour progresser (…). Même si parfois, on a certaines réserves et appréciations, mais dans l’ensemble, le paysage médiatique actuel est une fierté pour notre pays », a-t-il ajouté. Le ministre est revenu au rôle important que peuvent jouer les médias dans le contexte actuel, notamment à l’approche des élections locales et la situation politique et sécuritaire sévissant aux frontières. S’agissant des chaînes accréditées prochainement qui sont au nombre de sept, le ministre a indiqué que ce nombre reste «momentané» et pourrait augmenter en fonction des appels à la candidature. «Ce qui est sûr est la volonté des pouvoirs publics pour aller vers l’audiovisuel algé- rien», a dit le ministre. Durant son intervention, le ministre est revenu sur la nécessité d’améliorer les conditions socioprofessionnelles des journalistes. Il a salué l’élan de solidarité manifesté par certains médias envers les journalistes s’étant trouvés en chômage après la fermeture des journaux de leurs employeurs, en les recrutant. Hakima Hadjam