Dans son message, le président  de la République a indiqué que : « L’Algérie est appelée à préserver son indépendance et sa souveraineté »

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Dans un message à l’occasion du 56e anniversaire de l’Indépendance, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a indiqué que l’Algérie est appelée à préserver son indépendance nationale et sa souveraineté dans la prise de décisions dans un monde instable et non régulé.

Il a soutenu, à ce propos, qu’ »‘autant de batailles qui pèsent sur notre pays et sur bien d’autres pays du monde, des batailles qui nous interpellent fortement à l’effet de prendre exemple sur nos aïeuls et de s’appuyer sur toutes les compétences de l’Algérie que nous sommes appelés à mieux exploiter ». Le président Bouteflika a affirmé que ce message était destiné, en particulier aux jeunes, pour qu’ils sachent que «  »la volonté et l’amour de la patrie nous aident toujours à surmonter les difficultés et à relever les défis quelles qu’en soient les proportions ». « Aujourd’hui et à l’heure où je m’adresse à vous, l’Algérie, entourée de foyers de conflits et de crises où sévit la criminalité transfrontalière, veille à la protection de son peuple et à la préservation de son intégrité territoriale, grâce aux efforts et sacrifices de ses enfants engagés, sous la bannière de l’Armée nationale populaire (ANP), digne héritière de l’Armée de libération nationale (ALN) et des forces de sécurité, des jeunes qui veillent à notre sécurité le long des frontières et qui combattent encore les résidus du terrorisme dans les maquis », a-t-il dit dans son message. « En dépit de toutes les réalisations accomplies, de tous les pas franchis par notre pays, beaucoup reste encore à faire et nous aurons à relever le défi de la diversification de l’économie nationale pour nous affranchir de la dépendance démesurée aux hydrocarbures et celui de l’ancrage de la démocratie et de la promotion du sens civique pour tirer le meilleur avantage de la diversité de nos opinions et régler tous les conflits de la manière la plus civilisée qui soit », a écrit le chef de l’Etat qui a saisi l’occasion de cette glorieuse journée pour se recueillir à la mémoire de « nos valeureux chouhada qui ont combattu, sur de longues périodes, et payé un lourd tribut aux forces coloniales dont ils ont brisé le joug pour affranchir le pays et hisser haut son emblème aux côtés de ceux des Etats indépendants ».  Le Président Bouteflika a adressé, également, ses salutations et a exprimé toute l’estime et la reconnaissance qu’il voue à ses compagnons Moudjahidine et Moudjahidate, ceux toujours en vie et ceux qui ont rendu l’âme, rendant hommage à leurs sacrifices pour la libération de l’Algérie et leur apport à l’édification et la construction du pays. « Certes, l’indépendance de l’Algérie a été arrachée au prix fort payé par des générations qui se sont succédées pour briser le joug colonial par des révoltes continuelles et un combat politique puissant et perpétuel, combat d’un peuple contre lequel le colonisateur a porté sa barbarie répressive à ses ultimes extrémités, en témoignent les massacres du 8 mai 1945 », conclut le chef de l’Etat. Il a estimé, dans ce cadre, que « ce jour mémorable nous permet, une fois de plus, de rendre un vibrant hommage à notre Armée nationale populaire et à nos forces de sécurité et de nous incliner humblement à la mémoire des martyrs du devoir national. A ce propos, le président de la République a rappelé que « la Révolution de Novembre a été menée par des jeunes qui ont voué leur vie pour que vive l’Algérie », ajoutant que « l’aboutissement de cette Révolution est le résultat d’un lourd tribut payé par un peuple tout entier qui a sacrifié un million et demi de ses enfants, tombés en martyrs et en a vu des millions déportés et dépossédés de leurs terres et de leurs biens ». « L’Algérie a décidé d’instituer le 5 juillet fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, en reconnaissance de la lutte et des sacrifices de jeunes artisans de la liberté de l’Algérie », a-t-il indiqué, précisant que « notre pays entend, par-là, assurer la continuité du combat mené, hier, par des jeunes qui ont pris les armes et payé de leur vie pour que vive l’Algérie et ,aujourd’hui, par des jeunes appelés à redoubler d’efforts pour construire et édifier leur pays ».

« Serment de fierté et de dignité pour l’édification de l’Algérie »

 L’Algérie célèbre aujourd’hui dans la communion le 56ème anniversaire de l’indépendance sous le signe « serment de fierté et de dignité pour l’édification de l’Algérie ».  Sur le registre de l’histoire, et bien que 56 ans soient passés depuis l’indépendance, la question mémorielle demeure l’un des plus importants volets des relations algéro-françaises. Pour l’Algérie, qui a arraché sa liberté au prix d’incommensurables sacrifices et après une nuit coloniale de plus de 130 ans, la question mémorielle constitue « l’axe principal » dans les relations entre les deux pays et le critère à l’aune duquel se construit une « confiance mutuelle ». L’Algérie a fait une demande officielle à la France pour la restitution des crânes des résistants algériens du XIXe siècle et les archives de 1930 à 1962. A l’occasion de sa visite de travail et d’amitié à Alger le 6 décembre dernier, le président Emmanuel Macron avait fait part de la disposition de la France à restituer les crânes de résistants algériens conservés au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, qui avaient combattu à Zaâtcha (Biskra) l’armée d’invasion française en 1849. Il avait indiqué, aussi, que la France était prête à restituer des copies des archives concernant l’Algérie. Bien que ces annonces soient positives, la question mémorielle est loin d’être épuisée. Trois commissions mixtes ont été mises sur pied pour examiner et élucider tous les contentieux liés à cette question. Les discussions sont engagées, notamment, autour de la restitution des archives, l’indemnisation des victimes algériennes des essais nucléaires dans la Sahara algérien et les disparus algériens durant la Guerre de Libération nationale. Plus généralement, il est attendu de la France, dans une démarche cathartique inéluctable, de reconnaitre les souffrances infligées au peuple algérien et les crimes de guerre et contre l’humanité commis par l’armée coloniale française durant son occupation de l’Algérie. A travers l’évocation de son passé dramatique à la suite de l’invasion française, le peuple algérien exerce son devoir de mémoire envers ses ancêtres, tombés en résistants, emprisonnés ou déportés, dépossédés de leurs terres et de leurs biens, avait affirmé le président Abdelaziz Bouteflika. »De tels rappels ne sont porteurs d’aucune haine, même si notre peuple exige toujours une reconnaissance de ses souffrances de la part du colonisateur d’hier, la France, avec laquelle l’Algérie a engagé la construction d’un partenariat d’exception qui se doit d’être mutuellement bénéfique, un partenariat qui gagnera en sérénité et en élan dans une reconnaissance des vérités de l’Histoire », avait-il souligné. Dans un contexte marqué par la mobilisation, la nécessité de consolider la souveraineté nationale chèrement acquise est devenue plus que nécessaire, à travers un plan de diversification de son économie et d’intenses efforts pour sécuriser ses frontières dans un environnement international et régional instable. Dans cette optique, le renforcement du front interne s’impose comme une nécessité vitale, d’où l’attachement des plus hautes autorités du pays à conforter la vocation social de l’Etat.  En dépit des tensions financières et budgétaires induites par les soubresauts du marché pétrolier, des centaines de milliers de logements sont livrés chaque année au bénéfice des citoyens et les projets d’infrastructures dans le secteur de l’éducation, de la santé et en matière de développement local ont été relancés. La politique de soutien direct, comme c’est le cas pour les produits de large consommation, et indirect, pour l’eau, l’électricité, etc. est également maintenue. Une enveloppe budgétaire de 1.760 milliards DA est allouée aux transferts sociaux durant l’exercice 2018, principalement consacrée au soutien aux familles en matière de logement et de santé. Dans le domaine économique, une feuille de route a été élaborée et mise en œuvre pour réindustrialiser le pays et le doter d’un outil industriel moderne. Des projets de revalorisation du domaine minier sont également en cours. Le secteur des hydrocarbures, qui demeurera encore dans les prochaines années la locomotive de l’économie nationale, a bénéficié de programmes destinés à renouveler les réserves et à assurer l’autonomie énergétique du pays, tout en développant les énergies renouvelables et l’industrie de raffinage. La loi sur les hydrocarbures sera, d’autre part, réaménagée, essentiellement pour ce qui est du volet fiscal, pour attirer davantage les investisseurs étrangers dans ce créneau, tout en sauvegardant les intérêts nationaux, à travers notamment la règle 51/49%. Le secteur agricole, et son corolaire l’industrie agro-alimentaire, qui ont connu un essor notable ces dernières années, se tournent de plus en plus vers l’exportation. Pour ce qui est de l’aspect sécuritaire, d’énormes efforts sont consentis pour sécuriser les frontières et prémunir le pays des conséquences des foyers de tension dans des pays de la sous-région et des menaces que constituent le terrorisme et le crime organisé.

T.Benslimane