Débat télévisé de la présidentielle: Les candidats s’expriment sur la politique étrangère et le rapatriement des fonds détournés

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Les candidats à la présidentielle du 12 décembre se sont exprimés vendredi sur leur vision relative à la politique étrangère de l’Algérie et les moyens de rapatriement des fonds détournés.

Lors du débat télévisé organisé par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) au Centre international de conférences (CIC) d’Alger, les candidats à la prochaine élection présidentielle ont pris la parole respectivement selon le tirage au sort organisé à cette occasion, pour répondre à deux questions ayant trait à la politique étrangère et le rapatriement des fonds détournés. A ce propos, le candidat Abdelaziz Belaïd a fait état de l’adoption, dans la politique étrangère, des principes de réciprocité, de non-ingérence et d’intérêt commun, insistant sur l’impératif de développer la diplomatie économique. Le représentant du Front El Moustakbal veillera, a-t-il dit, en cas de victoire, de s’orienter, au plan diplomatique, vers le continent africain, et de défendre le droit des peuples à l’autodétermination à l’instar des peuples palestinien et sahraoui. Quant à Abdelmadjid Tebboune, il a rappelé que l’Algérie est une force régionale et a une présence et une influence dans le Mouvement des non alignés, déplorant, en revanche, le fait qu’elle a, en tant qu’Etat pivot, perdu «(l’aile) africaine» et est écartée «des dossiers sensibles comme la Libye». Concernant la récupération des fonds détournés, le candidat s’est contenté de dire qu’ils seront «récupérés». Pour sa part, le candidat Ali Benflis a affirmé que les principes de la politique étrangère algérienne sont inspirés de la Guerre de Libération nationale à l’instar de «la non ingérence et l’égalité entre les Etats». Le candidat de Talaie El Houriyat a déploré ce qu’il a qualifié de «personnalisation» de la politique étrangère durant les dernières années, mettant l’accent sur l’impératif qu’elle (politique étrangère)» «soit entre les Etats et non pas entre les personnes». Concernant la récupération des deniers détournés, le même candidat a indiqué que cette tâche n’est pas aussi facile mais il recourra à certains mécanismes comme les conventions internationales sur la lutte contre le crime transfrontalier. Pour sa part, le candidat Azzedine Mihoubi a rappelé les principes de la diplomatie algérienne à savoir le respect mutuel, l’intérêt commun, la non-ingérence dans les affaires internes des états, et la réciprocité, insistant sur la diplomatie économique. «Il est facile de rapatrier les fonds détournés avec leur aide volontaire», a-t-il avancé. De son côté, Bengrina a mis en avant le rôle pivot de l’Algérie dans le règlement des crises, ajoutant que sa vision de la diplomatie reposait sur les principes du respect des autres pays et la réciprocité. S’agissant des fonds détournés, Bengrina a proposé de soumettre cette question à un référendum, ajoutant que «les personnes ayant comploté contre l’Algérie ne sont pas concernées. Les candidats présentent leur vision de traiter les revendications du Hirak populaire Les prétendants à la présidentielle du 12 décembre  ont présenté, vendredi soir, leur vision pour traiter les revendications sociales et politiques soulevées par mouvement populaire (Hirak), notamment celles relatives au changement politique. Lors du débat télévisé organisé par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) au Centre international de conférences (CIC) d’Alger, les candidats à la prochaine élection présidentielle, qui ont pris la parole selon le tirage au sort organisé à cette occasion, ont livré à l’opinion publique leur démarche pour répondre aux revendications du Hirak. Ali Benflis, président de Talaie El Hourriyet, a indiqué que sa participation à la présidentielle était «au service du peuple», assurant qu’il «assume les aspirations du peuple algérien» au changement et à la satisfaction des revendications soulevées par le Hirak du 22 février. Le président de Talaie El Hourriyet s’est engagé, en cas de victoire à cette élection de réaliser son programme «dans sa totalité» et qui repose essentiellement sur «la consolidation du front intérieur». Il n’a pas précisé avec exactitude ce qu’il entend par «front intérieur». De son côté, le candidat Azzedine Mihoubi a affirmé que son programme «prévoit plusieurs réponses» aux revendications populaires, s’engageant à les mettre en œuvre s’il est élu président de la République. Après avoir promis de faire du 22 févier «une journée de la souveraineté populaire», Mihoubi, qui assure l’intérim du SG du RND, a indiqué qu’il préservera «le caractère pacifique de ce Hirak», soulignant que le dialogue «est le socle» pour édifier une République d’institutions et une Algérie réconciliée avec «elle même et fraternelle.

Abdelkader Bengrina du parti Al Bina s’est félicité quant à lui des réalisations du Hirak populaire au niveau politique, disant que le peuple «a donné une leçon au pouvoir et «a fait échouer le 5e mandat» que briguait le président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika. Il a ajouté que le Hirak populaire a permis de concrétiser plusieurs revendications, s’engageant à satisfaire «le reste». Il a promis également, s’il est élu président de la République, d’ouvrir un dialogue global avec les opposants de cette élection». Qualifiant le Hirak de «révolution», le candidat Abdelaziz Belaïd a mis l’accent par ailleurs sur la nécessité d’«adopter de nouvelles méthodes avec de nouvelles mentalités pour aller vers une nouvelle République». Le scrutin du 12 décembre est «un nouveau départ pour l’Algérie» pour l’édification d’une République basée sur le principe de l’Etat de droit, d’institutions et de libertés», a estimé le président du Front Moustakbel, soulignant qu’il était «grand temps pour remettre le flambeau à la génération de l’indépendance». Pour sa part, le candidat Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à être «fidèle aux revendications du Hirak», le qualifiant de «bénédiction» car il a fait éviter à l’Algérie des catastrophes». Il a salué également le rôle pivot de l’Armée nationale populaire (ANP) dans l’accompagnement du Hirak, déclarant que «c’est grâce à l’ANP que nous somme arrivés à ce stade» Les candidats veulent «tenir l’école et l’université à l’écart de la politique et les influences idéologiques Les cinq candidats à l’élection présidentielle du 12 décembre  ont expliqué, vendredi, lors d’un débat télévisé, les réformes qu’ils proposent à travers leurs programmes électoraux pour relancer les secteurs de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la santé, affirmant l’impératif «de tenir l’école et l’université à l’écart de la politique et les influences idéologiques». Les candidats ont, dans un débat télévisé organisée par l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) au Centre international des conférences (CIC) (Alger), pris la parole selon le tirage au sort organisé à cette occasion où ils ont répondu aux questions ayant trait à leurs visions sur la relance des secteurs de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Santé. Le candidat Abdelkader Bengrina a indiqué que le programme qu’il propose pour le secteur de l’Education nationale repose sur une méthodologie «qui renforce le nationalisme et l’unité de la nation algérienne» et l’élaboration d’une loi spéciale à l’éducation et à l’enseignement, ainsi que la «sortie» du secteur de la fonction publique. Le président du parti El Bina propose également l’«ouverture d’un dialogue inclusif» avec la famille universitaire en tenant l’université à l’écart de la politique et en encourageant la recherche scientifique. Concernant le secteur de la santé, Bengrina a proposé «une distribution équitable» des projets de santé, notamment les hôpitaux spécialisés au niveau du territoire national et la création d’hôpitaux en partenariat conformément aux expériences internationales réussies. De son côté, Abdelaziz Belaïd s’est engagé à «libérer» et «réformer» l’école algérienne à travers un dialogue inclusif réunissant l’ensemble des acteurs de l’éducation nationale, tout en tenant l’école algérienne loin de la politique. Il a promis également d’œuvrer à ancrer le patriotisme dans les milieux scolaires et de procéder à la révision des horaires et des programmes. Rappelant que l’université algérienne «souffre d’énormes problèmes», le président du Front Moustakbel a affirmé que son programme vise à «la démocratisation de l’enseignement supérieur», s’engageant à consacrer une pension sociale au profit des étudiants garantie par la commune de résidence de l’étudiant, outre une bourse spéciale aux étudiants brillants. Pour ce qui est du développement du secteur de la santé,  Belaïd a déclaré que son programme a pour objectif de «changer les mentalités», «appuyer» les établissements hospitaliers publics, élargir les conventions entre la sécurité sociale et les hôpitaux privés à plusieurs maladies, comme ce fut le cas pour les maladies cardiaques et l’insuffisance rénale. De son côté, le candidat indépendant, Abdelmadjid Tebboune a fait savoir que son programme vise à «dissocier l’école» de la politique et adapter l’éducation à la création de richesses. S’agissant de son programme pour la promotion de l’université et le secteur de l’enseignement supérieur, Tebboune a promis d’améliorer le niveau de vie des enseignants et de procéder au reclassement des chercheurs et la revalorisation de leur grille de salaire. Il s’est engagé également à conférer aux universités algériennes «la liberté entière» de signer des conventions de jumelage avec des universités étrangères. Pour redynamiser le secteur de la Santé, Tebboune s’engage à revisiter, à travers son programme, la couverture sanitaire sur l’ensemble du territoire national, mettant l’accent sur la nécessaire révision de la politique préventive afin d’éradiquer définitivement certaines maladies. Benflis s’est engagé quant à lui s’il est élu, à accorder à la famille de l’éducation «un intérêt particulier» car étant «un gage de développement de tous le pays», promettant de renforcer les langues étrangères «au mieux des intérêts de notre pays». Exprimant sa vision sur le développement de la recherche scientifique et la promotion de l’université algérienne, le candidat propose de «connecter l’université» aux derniers développements au plan socioéconomique et la mettre à la disposition de tous les autres secteurs, tout en tirant profit du savoir-faire des cadres universitaires établis à l’étranger. Le prétendant à la magistrature suprême, Azzedine Mihoubi a promis, lui, de traiter «l’ensemble des problèmes» du corps de l’éducation nationale en «éloignant l’école de toute influence d’ordre politique ou idéologique», et de «réduire» le fossé technologique existant dans le secteur de l’Education. Quant à la relance de l’université et de la recherche scientifique, le secrétaire général du RND par intérim promet d’ouvrir le champ de la compétitivité «en toute transparence» pour la création d’universités sous forme de partenariat public-privé (PPP) et le remplacement du système LMD (Licence-Master-Doctorat) par un autre système d’enseignement. Afin de développer le secteur de la Santé,  Mihoubi insiste sur «l’encouragement de l’investissement réussi» et la création d’hôpitaux en partenariat public-privés.