Décès de l’ancien Premier ministre marocain Abderrahmane El Youssoufi: Tebboune rend hommage à un «homme d’État chevronné» et un «militant maghrébin exemplaire»

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Une des grandes figures de la vie politique marocaine, l’ex-Premier ministre, Abderrahmane El Youssoufi, choisi en 1998 par le roi Hassan II afin de diriger un «Gouvernement d’alternance», est décédé, avant-hier, à l’âge de 96 ans, selon l’agence marocaine de presse MAP.

Célèbre pour son engagement pour l’indépendance du royaume puis contre le régime du roi Hassan II pendant les années de plomb, il est le seul chef d’opposition du monde arabe à avoir fait le pari de la réforme au sein d’un Gouvernement de coalition, après des années de lutte et d’exil. L’ex-militant socialiste a été inhumé, ce vendredi après-midi, à Casablanca «en présence d’un nombre restreint des proches du défunt en raison du contexte exceptionnel de l’état d’urgence sanitaire», selon la MAP. Plusieurs personnalités marocaines ont rendu hommage à cet avocat de formation, qui a «marqué l’histoire politique nationale» et «joué des «rôles clés» dans le processus de réforme politique», comme l’a dit l’actuel Premier ministre Saad-Eddine El Othmani. Un hommage lui a aussi été rendu par le président algérien Abdelmadjid Tebboune qui a salué un «homme d’État chevronné» et un «militant maghrébin exemplaire». Le Président Tebboune rend hommage à un «homme d’État chevronné» et un «militant maghrébin exemplaire» Le président de la République,  Abdelmadjid Tebboune, a adressé, vendredi, un message de condoléances à la famille de l’ancien Premier ministre marocain, Abderrahmane El Youssoufi, décédé à l’âge de 96 ans, dans lequel il affirme que le défunt était un «homme d’État chevronné» et un «militant maghrébin exemplaire». Voici la traduction APS du texte intégral du message : «Au nom d’Allah Clément et miséricordieux : «Il est, parmi les croyants, des hommes qui ont été sincères dans leur engagement envers Allah. Certains d’entre eux ont atteint leur fin, et d’autres attendent encore, et ils n’ont varié aucunement (dans leur engagement)». J’ai appris avec une profonde tristesse et une grande affliction le décès tragique du grand militant maghrébin, le maître Abderrahmane El Youssoufi, que Dieu ait son âme, après une longue vie politique qu’il a consacrée à défendre la classe ouvrière, les valeurs de la Liberté et de la Justice, portant ses convictions partout où il se rendait, jusqu’à ce qu’il rende l’âme et soit rappelé, aujourd’hui, auprès de Dieu. Les Algériens se rappellent encore que le leader maghrébin, feu Abderrahmane El Youssoufi, était parmi les premiers à avoir soutenu la Guerre de Libération nationale bénie, dès son déclenchement, et coopéré avec ses dirigeants, vu qu’il était en contact permanent avec eux pour libérer la région de l’occupation étrangère abominable. Il a, d’ailleurs, écrit cela dans ses mémoires, citant à titre particulier les Martyrs  : Larbi Ben M’Hidi et Mohamed Boudiaf, que Dieu ait leurs âmes. Durant son parcours militant, le regretté Abderrahmane El Youssoufi, que Dieu ait son âme, a séjourné, à différentes reprises, en Algérie, des séjours qui ont permis à tous ceux qui ne le connaissaient pas de découvrir en lui les qualités d’un homme d’État chevronné et d’un militant maghrébin exemplaire qui œuvre avec dévouement à jeter les passerelles de fraternité et de coopération entre les peuples maghrébins et aspire par la force du croyant sincère à réaliser le rêve des générations successives de bâtir l’édifice de l’Union du Maghreb arabe uni qui sert l’intérêt de ses peuples dans la solidarité, la fraternité et la paix, loin de toutes influences étrangères qui s’opposent à leurs ambitions légitimes. Pour honorer son âme, l’actuelle génération des jeunes du Grand Maghreb arabe se doit de poursuivre ses efforts inlassables pour réaliser ce rêve pour lequel a milité le défunt Abderrahmane El Youssoufi aux côtés d’une élite d’Hommes du Maghreb arabe. Puisse Dieu Le Tout-Puissant accorder au défunt Sa Sainte Miséricorde et l’accueillir en Son Vaste Paradis. Je vous présente, en mon nom personnel et au nom du peuple algérien mes sincères condoléances et l’expression de ma compassion. «Tout ce qui est sur la Terre est périssable, seule perdurera la Face de ton Seigneur, auréolée de majesté et de gloire». Militant de la première heure Ce militant socialiste, célèbre pour son engagement pour l’indépendance du pays puis contre le régime du roi Hassan II durant les années de plomb, est le seul chef d’opposition du monde arabe à avoir fait le pari de la réforme au sein d’un Gouvernement de coalition, après des années de lutte et d’exil. Premier ministre de 1998 à 2002, une période de transition entre le règne de Hassan II et son fils Mohammed VI, Abderrahmane El Youssoufi avait été hospitalisé,  dimanche, dans une clinique de Casablanca où il avait été admis en réanimation, selon la MAP. Son retrait de la vie politique en 2003 avait été interprété comme un constat d’échec de la transition vers la monarchie parlementaire promise par la dynastie alaouite. Il s’était alors astreint au silence, jusqu’à la publication de ses Mémoires, au printemps 2018. Son Récit du passé évoque, notamment la disparition non élucidée de son compagnon de lutte Mehdi Ben Barka, un opposant historique de Hassan II enlevé à Paris le 20 octobre 1965 et dont le corps n’a jamais été retrouvé.

À ce poste, il avait, notamment mené avec Hassan II une longue négociation pour tourner la page du passé, obtenant  en outre, en 1994 une amnistie générale pour tous les détenus et exilés politiques. Il avait lui-même été arrêté deux fois durant «les années de plomb», en 1960 et 1963, libéré en 1964 avant de choisir l’exil. Ses années en France, de 1965 à 1981 ont été marquées par son engagement politique au sein du parti qu’il avait fondé avec Mehdi Ben Barka et par sa participation à la création de l’Organisation arabe des Droits de l’Homme, une ONG basée au Caire. Premier ministre de 1998 à 2002, une période de transition entre le règne d’Hassan II et son fils Mohammed VI, Abderrahmane El Youssoufi avait été hospitalisé, dimanche passé, dans une clinique de Casablanca où il avait été admis en réanimation, selon la MAP. Son retrait de la vie politique en 2003 avait été interprété comme un constat d’échec de la transition vers la monarchie parlementaire promise par la dynastie alaouite. Il s’était alors astreint au silence, jusqu’à la publication de ses mémoires, au printemps 2018. Son Récit du passé évoque notamment la disparition non élucidée de son compagnon de lutte Mehdi Ben Barka, un opposant historique de Hassan II enlevé à Paris le 20 octobre 1965 et dont le corps n’a jamais été retrouvé. Né à Tanger le 8 mars 1924, El Youssoufi avait rejoint le mouvement indépendantiste alors qu’il était étudiant à Rabat. Il a pris en 1992 la tête de l’Union socialiste des Forces populaires (USFP) après avoir milité pendant des années au sein de ce parti de gauche.

Ahsene Saaid /Ag.