Décisions du président Bouteflika: La classe politique partagée entre satisfaction et réticence

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Au lendemain des décisions prises par le président de la république, Abdelaziz Bouteflika, la réaction de la classe politique est restée partagée entre satisfaction et réticence.

Ainsi, le FLN a affirmé que les décisions annoncées lundi soir par le président de la République viennent « en réponse aux aspirations du peuple algérien à davantage de reformes », soulignant avoir accueilli avec « une grande satisfaction » les décisions du président de la République relatives au report de l’élection présidentielle, à la formation d’un gouvernement de compétences nationales et à la désignation d’une personnalité nationale indépendante pour présider la Conférence nationale inclusive, estimant que ces décisions viennent « en réponse aux aspirations du peuple algérien à davantage de réformes politiques et socio-économiques ». Ces décisions « constituent une véritable opportunité offerte à la classe politique et aux composantes de la société civile dont des personnalités du monde de la science et de la culture, en vue d’adhérer et contribuer à l’édification d’une nouvelle République ». Dans ce contexte, Le FLN a réitéré « son entière disponibilité à œuvrer à la concrétisation de ces décisions, aux côtés de l’ensemble des forces nationales, de façon à répondre aux aspirations du peuple notamment des jeunes au changement et à leur volonté de contribuer à la construction de leur avenir ». De son côté, le RND a affiché son appui aux mesures prises par le président de la République, annoncées dans son message à la nation et visant à préparer le pays à faire face aux défis futurs et à répondre aux aspirations des jeunes algériens. Dans son communiqué, le parti a affirmé que ce message « est porteur de plusieurs affirmations et davantage d’explications attestant de tout l’attachement du moudjahid Abdelaziz Bouteflika à préparer le pays à faire face aux défis futurs et à répondre aux aspirations des jeunes algériens ». « A l’issue de la décision de report de l’élection présidentielle, la prédéfinition d’un calendrier pour la tenue de la conférence nationale du consensus et l’affirmation de la création d’une instance indépendante pour l’organisation de la prochaine élection, le RND annonce son appui à ces mesures et exhorte l’ensemble de la classe politique à emprunter la voie politique annoncée, en ce sens où elle s’accorde dans plusieurs points avec les revendications soulevées par l’opposition », ajoute le document. Le parti appelle également l’ensemble des citoyens et citoyennes, particulièrement les jeunes, « à contribuer à la consécration de la sérénité et de la stabilité, à travers les différents coins du pays et à faire preuve de vigilance à l’égard de ce qui pourrait porter atteinte à la stabilité de notre pays ». D’autres partis, à l’image du MPA d’Amara Benyounes, Taj d’Amar Ghoul ou encore l’ANR de Belkacem Sahli ont salué les décisions du chef de l’Etat, à savoir le report de l’élection présidentielle, pas de 5èmre mandat, gouvernement de compétences nationales, tenue d’une conférence nationale inclusive indépendante, nouvelle Constitution par voie référendaire, commission nationale indépendante et tenue de l’élection présidentielle dans des conditions de liberté, de régularité et de transparence, constituent une « réponse franche et sans aucune ambiguïté aux revendications des récentes manifestations populaires au sein desquelles on a révélé une présence dominante de la jeunesse et des femmes ». Ils ont fait savoir que « le chemin vers une nouvelle République est entamé », notant que celle-ci « sera érigée par la volonté du peuple et reflètera ses aspirations ». En revanche, au sein de l’opposition, on estime que Bouteflika vient de « prolonger son mandat » et qu’il s’agit d’une « grossière manœuvre » et que le Président « énonce les mêmes promesses avancées lors de sa candidature ». Pour rappel, le président de la République avait pris la sage décision de renoncer à sa candidature et reporter l’élection présidentielle du 18 avril prochain, répondant ainsi favorablement aux attentes exprimées par des milliers d’Algériens lors des dernières marches pacifiques organisées à travers l’ensemble du territoire national. Il a également annoncé la tenue de l’élection présidentielle dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante ainsi que la formation d’un gouvernement de compétences nationales. Pour le chef de l’Etat, l’Algérie traverse une étape sensible de son Histoire et ce 8 mars, pour le troisième vendredi consécutif, d’importantes marches populaires ont eu lieu à travers le pays. « J’ai suivi ces développements et, comme je vous l’ai déjà annoncé le 3 de ce mois, je comprends les motivations des nombreux compatriotes qui ont choisi ce mode d’expression dont je tiens, une fois de plus, à saluer le caractère pacifique », a souligné le président Bouteflika qui se dit « comprendre tout particulièrement le message porté par les jeunes en termes, à la fois, d’angoisse et d’ambition pour leur avenir propre et pour celui du pays mais aussi le décalage qui a pu être source de préoccupation entre, d’un côté, la tenue de l’élection présidentielle à une date techniquement appropriée en tant que jalon de gouvernance dans la vie institutionnelle et politique et, de l’autre, l’ouverture, sans délai indu, du vaste chantier, politiquement hautement prioritaire, de conception et de conduite de réformes profondes dans les domaines politique, institutionnel, économique et social, avec la participation la plus large possible et la plus représentative de la société algérienne, y compris la juste part devant revenir aux femmes et aux jeunes. Je comprends enfin que le projet rénovateur de notre Etat-nation ». « En toute fidélité au serment que j’ai fait devant le peuple algérien de protéger et de promouvoir en toutes circonstances les intérêts bien compris de notre Patrie, et après les consultations institutionnelles requises par la Constitution, j’invoque la grâce et le soutien de Dieu Tout-Puissant pour me prévaloir des valeurs supérieures de notre peuple dont nos glorieux martyrs et nos valeureux moudjahidine ont consacré l’immortalité ». De ce fait, le président de la République a pris la décision de ne pas se présenter à un cinquième mandat, car, dira-t-il, « mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux » . Cette nouvelle République et ce nouveau système « seront entre les mains des nouvelles générations d’Algériennes et d’Algériens qui seront tout naturellement les principaux acteurs et bénéficiaires de la vie publique et du développement durable dans l’Algérie de demain », a-t-il précisé.  Le chef de l’Etat a décidé également qu’il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain. Il s’agit ainsi de « satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé. Il s’agit aussi de faire prévaloir la noble finalité des dispositifs juridiques qui réside dans une saine régulation de la vie institutionnelle et dans l’harmonie des interactions socio-politiques, sur une observation rigide d’échéances pré-établies ». Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé « vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées afin d’ouvrir la voie à la généralisation de la sérénité, de la quiétude et de la sécurité publique, dans l’objectif d’entreprendre ensemble les actions d’importance historique qui permettront de préparer le plus rapidement possible l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie », a-t-il expliqué.

 « Dans la perspective d’une mobilisation accrue des pouvoirs publics et du rehaussement de l’efficacité de l’action de l’Etat dans tous les domaines, j’ai décidé de procéder tout prochainement à des changements importants au sein du Gouvernement. Ces changements constitueront une réponse adéquate aux attentes dont vous m’avez saisi, ainsi qu’une illustration de ma réceptivité à l’exigence de reddition de comptes et d’évaluation rigoureuse dans l’exercice des responsabilités à tous les niveaux et dans tous les secteurs », a-t-il poursuivi. En outre, la Conférence nationale inclusive et indépendante sera « une enceinte dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système que porte le lancement du processus de transformation de notre Etat-nation, que j’estime être ma mission ultime en parachèvement de l’œuvre dont Dieu Tout-Puissant m’a accordé la capacité et pour laquelle le peuple algérien m’a donné l’opportunité », a relevé le chef de l’Etat.  Cette conférence sera « équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée. La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019 », a-t-il assuré.  Il a, en outre, fait savoir que le projet de Constitution qui émanera da la Conférence « sera soumis à un référendum populaire et la Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat ».  L’élection présidentielle qui aura lieu dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante sera organisée « sous l’autorité exclusive d’une commission électorale nationale indépendante dont le mandat, la composition et le mode de fonctionnement seront codifiés dans un texte législatif spécifique qui s’inspirera des expériences et des pratiques les mieux établies à l’échelle internationale. La création d’une commission électorale nationale indépendante est décidée pour répondre à une revendication largement soutenue par les formations politiques algériennes ainsi qu’à une recommandation constante des missions d’observation électorale des Organisations internationales et régionales invitées et reçues par l’Algérie lors des consultations électorales nationales précédentes », a-t-il soutenu.  Par la même occasion, le chef de l’Etat s’est engagé « solennellement devant Dieu le Tout-Puissant et devant le peuple algérien à ne ménager aucun effort pour que les Institutions, structures, démembrements de l’Etat et collectivités locales se mobilisent pour concourir à la pleine réussite de ce plan de travail et à veiller à ce que toutes les Institutions constitutionnelles de la République poursuivent scrupuleusement l’accomplissement de leurs missions respectives et exercent leurs pouvoirs respectifs au service exclusif du peuple algérien et de la République ».