Devant la régression en continu du pouvoir d’achat: Appel au retour à l’importation de la friperie

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L’achat de vêtements pour l’aïd est devenu un dur sacrifice pour les parents. En effet, les citoyens à faibles revenus sont à la recherche désespérément de bonnes affaires pour satisfaire les besoins de leurs enfants.

L’unique destination qui reste pour eux, ce sont les marchés de la friperie. Une activité gelée depuis 2009, dans le but de préserver la production locale, mais qui continue d’exister toujours dans l’informel. Afin d’encadrer ce commerce porteur, et de lutter contre la pauvreté, l’Association de protection de consommateur et de l’environnement (Apoce) a plaidé, hier, pour le retour à l’importation de vêtements d’occasion. Elle a indiqué dans communiqué posté sur sa page officielle «Facebook», qu’après «le rétablissement de l’importation de voitures d’occasion, nous demandons maintenant le retour de la friperie». Cette dernière est devenue une nécessité, même une exigence, notamment pour les familles nécessiteuses afin de satisfaire à leurs besoins en matière de vêtements. Tout en mettant l’accent sur la nécessité du retour à l’importation de la friperie, l’Apoce a indiqué que cette piste reste l’unique issue à la situation actuelle, en attendant la réorganisation de l’industrie nationale.  Toutefois, ajoute la même source, un contrôle sanitaire rigoureux doit être appliqué sur les différentes opérations d’importation de la friperie, «car la santé du consommateur est une ligne rouge». Il est à noter que les importateurs de la friperie, dont la plupart d’entre eux sont basés à Tébessa, n’ont pas cessé de réclamer une reprise immédiate de leur activité. S’exprimant sur le sujet, un des importateurs de la fripe de la wilaya de Tébessa a tenté de mettre en exergue un certain nombre de paradoxes concernant la suspension des activités dans le secteur. Pour lui, la décision de suspendre l’activité qui a pris forme dans une disposition de la loi de finances 2009 n’a nullement contribué à la protection du secteur public du textile. Selon lui, l’État a consacré des milliards pour soutenir un secteur en faillite qui n’a en fin de compte pas pu se relever. Et d’ajouter : «La suspension de cette activité a ouvert la porte aux réseaux de contrebande de friperie, qui déversent quotidiennement plus de pelotes de 100 kg sur le territoire national». Selon lui, un retour réglementé de cette activité générera de l’emploi et mettra fin aux pratiques illicites dans le domaine. L’industrie nationale du textile, rappelle-t-on, a été pratiquement anéantie durant les années 1990 et 2000 par la difficile période (décennie noire) et également à cause de l’ouverture «sauvage» du commerce extérieur. Afin d’y remédier à cette situation, des investissements colossaux ont été consentis ces dernières années par le gouvernement, en engageant de nouveaux plans et programmes organisationnels dès 2015. En dépit de tous ces efforts, l’Algérie continue d’importer plus de 90% de vêtements de l’étranger avec un montant dépassant les 400 millions de dollars.