Développement des énergies renouvelables – Un véritable défi pour le gouvernement

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La tenue hier à Alger d’une réunion de haut niveau entre l’Algérie et l’Union européenne (UE) dans le secteur de l’énergie a été l’occasion pour l’Algérie de faire valoir ses capacités dans ce domaine qui constitue une stratégie d’envergure et une priorité nationale.

Cette réunion qui s’inscrit dans le cadre du partenariat stratégique entre l’UE et l’Algérie dans le domaine de l’énergie, a permis aux deux parties de faire le point sur les progrès accomplis dans le domaine de la coopération énergétique depuis le lancement du partenariat stratégique, notamment en ce qui concerne les investissements européens dans la production et le transport du gaz, ainsi que dans le secteur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique en Algérie. Les perspectives de coopération pour renforcer le partenariat et les relations dans l’objectif de les diversifier et de les intensifier davantage ont été également abordées lors des discussions. Le partenariat stratégique établi entre l’Algérie et l’UE dans le domaine de l’énergie est une composante permanente et structurelle des relations algéro-européennes. Dans le cadre de ce partenariat, le premier Forum d’affaires Algérie-UE a eu lieu en mai 2016 et depuis cette date, des progrès substantiels ont été accomplis dans le cadre de ce partenariat qui s’est vu progressivement structuré et organisé autour des réunions thématiques couvrant les domaines du gaz, de l’électricité, des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. L’Algérie, qui a toujours été un fournisseur fiable de l’Europe en matière d’énergie, compte le demeurer pour longtemps et possède tous les atouts pour y parvenir.  En plus de ces atouts, l’Algérie s’est attelée, ces dernières années, sous la conduite du Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à mettre à niveau son cadre légal en y apportant plus de flexibilité afin de le rendre plus attractif aux investissements étrangers en Algérie. L’Algérie compte sur l’appui et le soutien de l’UE pour assurer la mobilisation des entreprises européennes en vue d’une participation effective pour le succès de ce projet. Les deux parties ont également souligné la nécessité de promouvoir l’efficacité énergétique et convenu d’explorer les pistes de coopération, y compris avec l’appui des institutions financières européennes spécialisées dans ce domaine. Le partenariat stratégique entre l’Algérie et l’UE pourra également s’appuyer sur le programme européen d’assistance technique et financière intitulé « Appui au secteur des énergies renouvelables, principalement électriques et de l’efficacité énergétique en Algérie ». Avec une dotation budgétaire de 10 million d’euros, la convention de financement de ce programme a été signée lors du Conseil d’association UE-Algérie tenu le 13 mars dernier à Bruxelles. Sa mise en œuvre opérationnelle sera lancée très prochainement. L’Algérie et l’UE avaient signé en juillet 2013 un mémorandum d’entente sur l’établissement d’un partenariat stratégique dans le domaine de l’énergie dans l’objectif d’explorer la mise en place de ce partenariat, de renforcer et d’approfondir leurs relations énergétiques. La tenue récemment à Alger d’un forum sur les  énergies renouvelables a permis de décortiquer l’ensemble des problématiques liées à cette question, donnant ainsi la possibilité aux experts en la matière de souligner l’importance de ce secteur pour une croissance durable en Algérie, tout insistant sur des textes juridiques et des instances de suivi des investissements hors hydrocarbures.  Ils ont appelé à adopter, à titre provisoire, des taxes et impôts raisonnables socialement pour un équilibre financier, à accélérer l’investissement hors hydrocarbures comme en agriculture et à accorder davantage d’intérêt au développement de la ressource humaine à travers la formation et l’acquisition du savoir. Le programme national de développement des énergies renouvelables prévoit une production d’ici à 2030 de 22.000 MW d’électricité de source renouvelable, notamment solaire et éolienne, destinée au marché intérieur, en plus de 10.000 MW supplémentaires à exporter. Ce qui correspond à 27% de la production globale d’électricité et le double de la capacité actuelle du parc national de production de cette énergie. En conséquence, il en résultera, à l’horizon 2030, un déploiement à plus grande échelle du photovoltaïque et de l’éolien accompagné, à moyen terme, de la production d’énergie à partir du solaire thermique, ainsi que l’intégration de la cogénération, de la biomasse et de la géothermie, selon des projections officielles. Grâce à ce programme, il est prévu de réaliser une économie de prés de 300 milliards de m3 de gaz sur la période allant de 2021 à 2030, qui seront orientés vers l’exportation et rapporteront à l’Etat d’importants revenus supplémentaires. Des investissements de l’ordre de 120 milliards de dollars sont nécessaires pour atteindre cet objectif. En outre, jusqu’à 300.000 postes d’emplois directs et indirects devraient être générés à la faveur de la mise en œuvre de ce programme auxquels il faudra ajouter 14 centrales électriques photovoltaïques totalisant une capacité installée de 268 mégawatts (MW) qui ont été mises en service dans les Hauts Plateaux et le sud du pays pour un coût global de 70 milliards de DA, alors que chacune de ces centrales a permis de créer au moins 250 emplois. Sur ce chapitre, le chef de l’Etat avait ordonné la poursuite des efforts de rationalisation de la consommation nationale d’énergie en général, dont le gaz naturel, y compris à travers la consommation de l’électricité. En effet, les pouvoirs publics se sont fixés l’objectif de réaliser un gain financier de 42 milliards de dollars à l’horizon 2030 avec une réduction de 9% de la consommation d’énergie à la faveur de la mise en œuvre du programme national de développement de l’efficacité énergétique.