Diabète: L’inertie thérapeutique joue un « rôle majeur » dans l’échec  thérapeutique des patients

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 L’inertie thérapeutique semble jouer un « rôle  majeur » dans l’échec thérapeutique des patients diabétiques, révèle une  enquête nationale sur la prise en charge des personnes diabétiques qui recommande la lutte contre ce phénomène et le développement de l’éducation  thérapeutique des patients.

Selon cette enquête réalisée dans le cadre du projet « Baromètre » entre 2013 et 2017, ces deux aspects « doivent constituer un souci permanent de  tous les professionnels de santé et être envisagés à tout âge et à n’importe quel stade de la maladie ». Les auteurs de cette enquête ont plaidé également pour la disponibilité et  le remboursement des nouvelles molécules hypoglycémiantes reconnues comme traitement majeur dans la prise en charge personnalisée du diabète par les sociétés savantes. « L’inertie thérapeutique s’explique par la négligence observée dans le  contrôle de la maladie que ce soit par les médecins traitants ou par les malades eux-mêmes », a déclaré Pr. Mourad Semrouni, président de la société algérienne de diabétologie, qui a participé à l’enquête. Face au diabète « les patients sont trop souvent  négligents, mais aussi les médecins qui ne doivent plus se contenter de renouveler les prescriptions médicales ». « Les médecins doivent opter pour un traitement personnalisé. Ce traitement doit être revu et adapté à chaque fois ». Les résultats de cette enquête qui concernent 14.609 patients atteints  d’un diabète de type 2 (DT2) et répartis entre 23 centres du Baromètre, montrent une nette prédominance féminine (61%) et un problème du surcharge pondérale chez 41,2% des patients. L’enquête révèle également que 63% des patients ont des antécédents familiaux de diabète, 36,1% ont des antécédents de maladies  cardiovasculaires et 80% de ces malades présentent une hypertension artérielle (HTA) élevée et/ou une HTA connue. Près des 2/3 de la population (64,6%) présentent un déséquilibre glycémique, alors que plus de 90% des patients chez lesquels un bilan lipidique a été pratiqué ont présenté un bilan perturbé, souligne l’enquête  qui précise que 40% des patients n’ont aucun bilan lipidique. Seuls 52,9% des patients ont une activité physique modérée qui se résume à la marche, selon cette enquête qui révèle également un tabagisme actif chez 5,6% des patients. L’enquête montre, par ailleurs, que le traitement est majoritairement à base d’antidiabétiques oraux (ADO). Les ADOs ont été prescrits chez 85,4%  des patients. Les auteurs de cette enquête lancée dans l’objectif d’évaluer et de comparer la qualité de la prise en charge du diabète par un ensemble d’indicateurs de performance standardisés tels que définis par la Fédération internationale du diabète (FID), ont conclu que le suivi diabétologique « ne répond pas aux critères internationaux ». Ils ont regretté, à ce titre, l’absence ou le non remboursement des  nouvelles molécules neutres sur la prise de poids ou permettant une perte de poids, estimant que cette situation « constitue un frein à l’amélioration de l’équilibre glycémique ». Pour les professionnels de la santé, l’accroissement rapide de la prévalence de l’obésité au sein de la population constitue « une urgence de santé publique » qui doit bénéficier de mesures gouvernementales rapides. L’enquête réalisée pour le compte du ministère de la Santé, de la  population et de la réforme hospitalière visait à étudier le lien entre la qualité de la prise en charge du diabète, la fréquence et la progression des complications micro et macrovasculaires, déterminer les facteurs favorisant l’amélioration de la qualité de vie des patients diabétiques, mais aussi pour évaluer l’impact de l’éducation thérapeutique.

Yasmine Derbal