Economie: Président Tebboune : «L’Algérie révisera l’accord d’association avec l’UE en fonction de ses intérêts économiques»

0
230

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a affirmé que l’Algérie ne renoncera pas à l’accord d’association avec l’Union européenne (UE), mais procèdera à une révision du calendrier relatif au démantèlement tarifaire en fonction de ses intérêts économiques.

S’exprimant lors d’une entrevue accordée à des responsables de médias nationaux, diffusée dimanche soir, le Président Tebboune a déclaré : «Nous ne pouvons pas renoncer à l’accord d’association avec l’UE (…) l’Union européenne étant un partenaire auquel nous nous attachons.» Le président de la République a insisté, toutefois, sur l’attachement de l’Algérie à ses intérêts économiques et ses efforts pour construire une économie indépendante de la rente. Après s’être interrogé sur le véritable taux de respect des accords avec l’UE, le Président Tebboune a souligné que cet accord ne repose pas uniquement sur le démantèlement tarifaire qui doit se faire progressivement. «Nous allons revoir le calendrier (démantèlement) et ils (UE) sont d’accord concernant cette révision à laquelle s’attelle des économistes», a-t-il assuré.» «Nous sommes en principe des partenaires de l’UE mais pas au détriment de notre économie», a ajouté le président de la République. En 2002, l’Algérie avait signé un accord d’association avec l’UE. Entré en vigueur en 2005, cet accord prévoit l’établissement de la zone de libre échange entre les deux parties en 2017 avant de prolonger de trois ans le délai de l’établissement de cette zone jusqu’à septembre 2020. Cependant, l’Algérie a décidé de revoir à nouveau cet accord pour préserver sa production nationale, à travers notamment la révision du calendrier du démantèlement tarifaire.

Vers la révision de la loi sur la monnaie, le crédit et la prise en charge des risques de change Le président de la République a annoncé, également, la révision prochaine de la loi sur la monnaie et le crédit 90-10 et l’engagement d’une réflexion sur la création de mécanismes pour couvrir les risques de change encourus par les opérateurs économiques en raison de la dépréciation de la monnaie nationale. S’exprimant dans une entrevue avec des responsables de certains médias nationaux, le président Tebboune a déclaré que toutes les lois régissant les secteurs économiques doivent être révisées, citant particulièrement la révision de la loi sur la monnaie et le crédit. «Nous nous dirigeons aujourd’hui vers une économie ouverte sur le monde. Il faut que la loi sur la monnaie et le crédit soit révisée. Il faut aller vers une réforme bancaire et fiscale absolue et à fond», a souligné le chef de l’Etat. Répondant à une question liée à la dévaluation de la monnaie nationale par rapport aux principales devises étrangères et aux pertes de change qui en résultent pour les opérateurs économiques, M. Tebboune a affirmé qu’il est «inconcevable que l’investisseur perde à cause du change. Il faut chercher des mécanismes pour trouver une solution à la dépréciation de la monnaie». Dans ce contexte, il a expliqué que ce «problème technique» nécessitait l’intervention de spécialistes pour déterminer les conditions de prise en charge de l’investisseur dans ce domaine, précisant qu’il demandera à la Banque d’Algérie de revoir les contentieux existants liés aux risques de change. A ce propos, Il a mentionné comme mesures de soutien la création, par exemple, d’une «caisse de compensation», tout en soulignant, dans ce sillage, que «le capital a besoin de la stabilité politique, juridique et financière». Ouverture d’ateliers économiques immédiatement après les élections Par ailleurs, le président de la République a indiqué que des ateliers économiques seront ouverts immédiatement après les élections afin de réaliser un bond économique, et ce, en concertation avec tous les acteurs de la société. Ces ateliers, seront organisés, a poursuivi M. Tebboune, par une commission nationale, dans le cadre d’un consensus. Cette commission comprendra, entre autres, des économistes, des sociologues, des journalistes, des syndicalistes, des imams ainsi que toutes les autres catégories de la société en vue de trouver la «meilleure voie» pour la réussite de ces ateliers. Le chef de l’Etat a mis en avant, dans ce sens, la nécessité de bénéficier et de s’inspirer des expériences menées à l’échelle internationale par d’autres pays dans le domaine des réformes économiques.

Impérative lutte contre l’argent sale et garantir la transparence dans la gestion Le Président Abdelmadjid Tebboune a mis l’accent sur l’impératif de lutter contre l’argent sale et de garantir la transparence dans la gestion «de la base jusqu’au sommet». Le Président Tebboune a précisé que l’édification de l’Algérie nouvelle exige de garantir la transparence dans la gestion «de la base jusqu’au sommet, y compris pour le Président». «Je ne serai en rien dérangé si l’Inspection générale des finances venait procéder à un audit au niveau de la présidence de la République. C’est une chose tout à fait normale», a-t-il dit. «Nous vivons dans une République et non un royaume. Tout un chacun doit rendre des comptes au sein de cette République dans le respect de la loi», a soutenu le Président Tebboune. Evoquant l’argent sale, le président de la République a indiqué que ce phénomène «s’est propagé tel un cancer dans la société et doit être combattu», relevant que la loi sera intransigeante vis-à-vis de tous ceux qui recourent à l’argent sale. Le Président Tebboune a également évoqué l’activité des associations de la société civile, dont certaines ont été impliquées dans des affaires de corruption, estimant que nombre d’associations «s’acquittent convenablement de leurs missions, à savoir combler les lacunes de gestion enregistrées au niveau des institutions de l’Etat». Le nombre des associations s’élèvera à plus de 30 000 au niveau des quartiers et villages en vue «de porter la voix du peuple de manière organisée et loin de l’anarchie», a précisé le Président, estimant qu’il s’agit là d’un moyen qui nous permettra de consacrer «notre véritable slogan, à savoir une République démocratique et populaire.

La LF2021 déterminera les détails du soutien de l’Etat aux entreprises impactées Abdelmadjid Tebboune a souligné, dimanche soir à Alger, que la loi de finances pour 2021 précisera tous les détails du soutien financier de l’Etat aux entreprises économiques impactées par la pandémie du Covid-19. M. Tebboune a assuré que l’Etat indemnisera les entreprises économiques touchées par la pandémie, soulignant en même temps la nécessité de protéger les banques, à travers la loi, afin de leur permettre de jouer leur rôle dans ce domaine. Le chef de l’Etat a assuré également que «la loi de finances pour 2021 déterminera tous ces aspects», ajoutant que «les questions financières doivent être déterminées et contrôlées au centime près». À ce propos, le président Tebboune a précisé que «les entreprises économiques doivent s’abstenir de faire de fausses déclarations» en ce qui concerne les dommages subis pour bénéficier des mesures prises par les autorités publiques contre la propagation du coronavirus. Dans ce contexte, il a rappelé les mesures prises par l’Etat pour indemniser les entreprises touchées par la pandémie, notamment la réduction des impôts, la révision de leurs délais et la mise en place à leur profit de prêts bancaires sans intérêt.  «L’Algérie se dirige vers l’économie numérique,  je serai intransigeant par rapport aux coupures d’internet» Le Président Abdelmadjid Tebboune a affirmé qu’il serait «intransigeant» par rapport au problème de coupures d’internet qu’a connues récemment le pays, précisant que «l’Algérie se dirige vers l’économie numérique et ne saurait aller de l’avant sans un débit efficient». «Il est des problèmes que nous devons contrer, c’est là notre responsabilité. Je savais que la tâche n’était pas facile, mais les problèmes seront résolus progressivement», a indiqué M. Tebboune qui intervenait lors d’une entrevue avec des responsables de médias nationaux, diffusée dimanche soir. «Nous avons régressé dans plusieurs domaines et le problème de débit d’internet est scandaleux», a-t-il martelé, précisant que «le pays qui se dirige vers l’économie numérique, le e-commerce et le e-paiement ne saurait avancer à pas sûrs sans un débit internet fort et efficient». Le président de la République a promis, dans ce cadre, d’être «intransigeant» vis-à-vis de tels phénomènes, appelant à la nécessité de solutionner le problème de coupures d’internet, notamment au niveau des bureaux de poste et autres structures publiques fréquentées par les citoyens.

Yasmina Derbal / Ag.