Egalité hommes-femmes dans l’héritage: Le RCD s’attire les foudres des islamistes

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Comme il fallait s’y attendre, la proposition formulée et assumée courageusement par le rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) d’assurer l’égalité entre l’homme et la femme dans l’héritage a soulevé le courroux des islamistes. L’association des Oulémas et le syndicat national des imams sont montés sur le «Minbar» pour brocarder la position du RCD allant jusqu’à menacer de recourir à la «force de la loi» si d’aventure la proposition du parti de Mohcine Belabas venait à être adoptée.

Dans une déclaration à un confrère arabophone, Abderrazak Guessoum , président de l’Association des Oulémas précise d’abord que la question de l’héritage «n’est pas une faveur accordée à l’homme au détriment de la femme qui a été gratifiée par Dieu dans d’autres domaines». Guessoum souligne que les Oulémas «suivent les préceptes divins et n’interviennent pas pour les changer et les dénaturer pour qu’ils soient, selon la convenance des personnes» dans une allusion évidente du RCD. Tout en déclarant que son association se contentera pour l’heure de «corriger les concepts faux» véhiculés par le RCD», Abderrazak Guessoum menace de recourir à la «force de la loi» si jamais un processus juridique est engagé dans ce sens. De son côté, le chef du syndicat national des imams, Djeloul Hadjimi, met en garde contre ces «demandes qui propagent la Fitna en Algérie», précisant que la Constitution algérienne «est inspirée de la Charia dans le volet relatif à la famille». Autrement dit, la demande du RCD est d’après lui est «impossible à satisfaire». Le chef des imams pense que si l’on cède sur l’héritage, «il y aura d’autres exigences inacceptables qui toucheront la Zakat voire même la prière, d’où d’après lui, la nécessité de «fermer» la débat sur cette question. Par ailleurs, les réseaux sociaux ont explosé de commentaires sur cette proposition formulée par le RCD au terme de sa conférence internationale sur l’égalité entre les femmes et les hommes organisée, ce samedi, à Alger. Celle-ci qui a réuni des militantes féministes venues du Maroc, de Tunisie et de la Mauritanie, s’est fait l’écho de l’évolution enregistrée en Tunisie où une loi instaure désormais l’égalité hommefemme y compris dans l’héritage.