Election présidentielle : La machine électorale bien huilée

0
418

Selon les chiffres communiqués par Ali Draâ , le directeur de la communication de l’Autorité électorale, la nombre de candidats dépasse déjà l’étiage de 80 postulants et la liste va certainement évoluer d’ici la fin de l’opération de retraits des formulaires de parrainages.

On sait d’expérience que la plupart de ces candidats passeront à la trappe, faute de pouvoir passer l’épreuve des signatures qui reste insurmontable même si l’Autorité électorale a revu à la baisse  le nombre de parrainages. Aujourd’hui deux partis islamistes réuniront leurs Madjliss echoura pour trancher la question de leur participation, à savoir El Adala de Djaballah et le MSP d’Abderazak Makri. Ces deux partis, au vu  de la  situation politique qui n’offre pas une grande lisibilité pourraient être amenés à faire le choix de la participation, tout en se réservant la possibilité  de se retirer de la compétition. Le RND pour sa part s’est présenté pour le retrait des imprimés de signature. Présentera t-il son propre candidat ? Auquel cas il doit réunir son Conseil national pour le désigner. Ou bien  roulera t-il pour le candidat qu’on lui demandera de soutenir en mettant à sa disposition ses structures organiques. Quasiment la même situation pour le FLN  qui est sans boussole, surtout après la mise en détention préventive de son secrétaire général, Mohamed Djemai. L’ex- parti unique attend-il un signal de haut, comme d’habitude, pour se mettre en branle ? En attendant l’évolution des choses, au cours de cette semaine, c’est surtout l’entrée en lice d’Ali Benflis et Abdelmadjid Tebboune, qui donne un peu de « piment » à cette élection et on voit déjà se profiler un duel fratricide entre les deux hommes.Et c’est l’ancien directeur de cabinet et ancien chef de gouvernement du président Bouteflika, Ali Benflis, qui a ouvert les hostilités  en laissant planer des suspicions sur la candidature de Tebboune, lui aussi ancien ministre et ancien premier ministre de Bouteflika. « Si la candidature de la personne à laquelle vous faites allusion (Tebboune NDLR) se confirme, cela voudra dire que  nous allons vers un cinquième mandat avec un autre visage », répliquera t-il à un journaliste qui lui pose la question. Bon joueur Tebboune,  se contentera de répondre à la pique de Benflis : « Ce n’est pas encore le moment de polémiquer ». Cette première passe d’armes entre ces deux candidats n’est pas anecdotique. Simple jeu de rôle  pour donner du piment à la campagne ou début du commencement d’une guerre entre deux candidats en compétition pour l’onction du pouvoir de fait ? Et pendant ce temps, Ahmed Gaid Salah intensifie ses interventions médiatiques. Pas moins de trois dans la semaine à partir de Béchar. D’abord pour appeler mardi à un vote massif e 12 décembre, puis pour expliquer mercredi  que « toutes les conditions seront prises pour que le citoyen puisse exprimer librement son choix » et jeudi mise en garde contre les tentatives  de blocage de l’opération électorale.   « Tous ceux qui se mettront en travers de cette solution constitutionnelle et de la revendication populaire, ou qui œuvrent à faire obstacle à ce processus national vital, sous quelque forme que ce soit, trouveront une sanction juste et rigoureuse, voire dissuasive, conformément à la loi, car il n’y a pas de place pour les manigances quand il s’agit de l’intérêt suprême du pays », a mis en garde le chef d’état-major. Cette mise en garde n’a pas pour autant dissuadé les citoyens de battre le pavé ce 32ème vendredi, pour rejeter avec force les élections du 12 décembre et dénoncer  aussi l’arrestation des activistes du Hirak. La question qui se pose c’est de savoir quel tour prendra ce bras de fer à distance face à la résolution du pouvoir d’organiser les élections le 12 décembre prochain, d’une part, et la détermination du mouvement populaire de ne pas reculer, d’autre part.