EN : Le plus grand défi qui attend Belmadi

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 La page de la CAN 2019 ayant été tournée et rangée dans la case de la postérité, à présent il faut voir vers le futur et ses grands challenges qui attendent les Verts, à commencer par les éliminatoire de la prochaine Coupe d’Afrique des nations prévue au Cameroun.

 Toutefois, la qualification au prochain Mondial au Qatar reste l’objectif numéro un de l’équipe nationale. Celle-ci a gagné en prestige grâce à son sacre inattendu en Egypte, mais elle ne doit pas nous faire occulter les secrets de sa réussite, si on peut les appeler ainsi. Djamel Belmadi a bien fait de les rappeler, hier lors de sa conférence de presse animée au niveau du CTN de Sidi Moussa, var l’ivresse du succès peut nous faire tourner la tête, au point de nous faire oublier d’où est-ce qu’on est venu. «  Beaucoup d’éléments ont fait qu’on soit champions d’Afrique. C’était le résultat de l’implication totale des joueurs, il faut mettre ça en priorité. Ils ont fait preuve de patience, d’efforts, d’abnégation, en Egypte », a-t-il rappelé tout en mettant l’accent sur la continuité et le progrès auxquels doit s’astreindre son équipe pour poursuivre sa marche en avant. Il est d’ailleurs conscient que le plus dur est à venir. De nombreux danger guettent les Verts, en premier lieu le sentiment de croire que nous sommes arrivés. La vérité d’un jour n’est jamais celle du lendemain, particulièrement dans le football. Tout peut être remis en cause et plus vite qu’on le pense, notamment si on ne sait pas comment gérer l’après-CAN. Cette victoire nous a donné confiance en nos moyens en nos joueurs et leurs compétences, mais ça n’a jamais été une fin en soi. La compétition est un éternel recommencement et seuls ceux qui se renouvellent constamment parviennent à rester au sommet. Nul n’est parfait. Il ne faut pas croire que l’équipe nationale va désormais terrasser tous ses adversaires ou bien dominer sur la scène continentale. Cela ne sera possible que si on remet de nouveau le bleu de chauffe pour aller de nouveau conquérir ce que l’on croit déjà acquis. Belmadi ne se trompe pas en déclarant : « Il faut se remettre au travail, et s’appuyer sur ce qui a été bien fait, et corriger ce qui n’a pas marché. Mon objectif est de perfectionner cette équipe, faire en sorte que les joueurs ne gardent que l’aspect positif de ce succès. Nous devons retrousser les manches. Faire en sorte d’avoir une équipe de plus en plus performante ». Un discours humble et réaliste auquel tout le monde doit adhérer et en premier lieu les joueurs dont la responsabilité est énorme. Ce sera une pression supplémentaire pour eux, car maintenant qu’ils sont sur le toit de l’Afrique on va leur exiger d’y rester le plus longtemps possible. Seront-ils à la hauteur de ce nouveau défi ? Sur le plan de la qualité de l’effectif, l’EN a la chance de posséder une génération talentueuse, douée et qui a déjà prouvé son attachement inconditionnel aux couleurs nationales. Il y a de quoi de constituer un bon groupe et les choix sont multiples tellement le vivier est dense et intéressant. L’embarras du choix pouvant pallier n’importe quelle défection. C’est le privilège des riches, à condition toutefois de continuer à créer une émulation et une concurrence saine qui ont fait la force des Verts en Egypte. Car le succès des Verts à la CAN était plus mental que technico-tactique. Le mérite revient au sélectionneur qui a su imposer un excellent état d’esprit au sein du groupe que l’on n’avait avec ses prédécesseurs. C’est ce qui a probablement fait la différence. À présent, il faut tout faire pour le garder intact afin que cette belle aventure ne tourne pas court.

Ali Nezlioui