EN: Les Verts comme on les aime !

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Quand le compliment vient de l’adversaire, il est toujours plus réconfortant surtout quand il est teinté de sincérité et de franchise. En tout cas, Il est moins aveuglé par la passion et l’amour parfois démesuré que l’on peut porter à la sélection en tant qu’Algériens.

Tata Martino, le coach argentin du Mexique, a surtout souligné «l’esprit combatif», incontestablement le plus grand atout de la bande de Djamel Belmadi. «J’ai été très impressionné par l’équipe nationale algérienne, par le schéma tactique de son entraîneur, par l’esprit combatif des joueurs algériens. Je ne suis pas surpris de fait que cette équipe soit le champion d’Afrique. Ils sont costauds», a-t-il reconnu à la fin de la rencontre. Les Verts, encore une fois, ont forcé l’admiration, en dépit du nul concédé face au Mexique sur le score de deux buts partout. Leur mérite est surtout d’avoir fait plus que jeu égal avec l’une des formations les plus valeureuses du continent américain, alors qu’ils ont évolué en infériorité numérique la majeure partie de la seconde période. Au-delà de la décision de l’arbitre d’exclure Adlène Guedioura que l’on peut contester ou pas, ses coéquipiers ont réussi admirablement à surmonter ce handicap en s’adaptant à la situation. Un fait de jeu qui peut arriver à n’importe quelle équipe, mais rares sont celles qui peuvent le transformer en onde positive. C’est démuni numériquement que l’équipe nationale a pris l’avantage au score, ne concédant l’égalisation que lors des cinq dernières minutes de la rencontre. Le coach a de quoi être fier de sa bande, mais aussi de son œuvre, car il a su façonner un groupe qui est entrain de prendre une forme éblouissante et une dimension supérieure. Tout le monde en est conscient, Djamel Belmadi le premier. Ce n’est pas par vantardise qu’il a déclaré après la rencontre que son équipe «commence à atteindre un niveau supérieur». «On fait partie des grandes équipes et jouer face à l’Algérie ne sera pas facile», a-t-il clamé sans aucune prétention. C’est plutôt une réalité prouvée sur le terrain par Bennacer et ses camarades. Elle ne surprend plus personne. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si la sélection nationale reste sur 20 matches consécutifs sans défaite. On avait craint un moment que la longue trêve forcée causée par la pandémie du nouveau coronavirus allait provoquer une cassure au sein de l’équipe, surtout qu’elle surfait sur la vague du succès. Il n’en est rien. Le coach a retrouvé son groupe dans les mêmes conditions qu’il l’a quitté il y a presque une année. C’est-à-dire plein de volonté, avec le même état d’esprit et une détermination à toute épreuve. L’équipe nationale n’a rien perdu de ses qualités qui l’ont hissé au sommet de l’Afrique. C’est du moins les enseignements que l’on peut tirer des deux joutes, qui n’avaient rien d’amicales au demeurant, disputées contre le Nigeria et le Mexique. Même les nouveaux capés se sont rapidement fondus dans le moule. Leur facile adaptation témoigne de la l’ambiance saine qui règne dans le groupe. Les fans peuvent désormais se targuer d’avoir une équipe compétitive, mais le plus dur est de le rester. C’est pour cette raison qu’elle a besoin de soutien et de confiance. Car comme on le dit souvent, en football la vérité de la veille n’est jamais celle du lendemain…

Ali Nezlioui